Aller au contenu principal

Des associations de boisement replantent des haies dans la Manche

Pour remédier aux effets négatifs du déboisement qui a eu cours après guerre, des agriculteurs de la Manche se sont organisés en associations de boisement pour replanter des haies.

Chaque année, 60 km de haies sont créés. 500 personnes sont sensibilisées, dont 350  impliquées dans des projets de plantations accompagnées.
Chaque année, 60 km de haies sont créés. 500 personnes sont sensibilisées, dont 350 impliquées dans des projets de plantations accompagnées.
© CA

Avec une densité moyenne de haies de 100 mètres/ha, le paysage du département de la Manche est qualifié majoritairement de « bocage » en termes de paysage. En effet, sur le critère « haie »,  c’est la valeur seuil de la densité moyenne de haies égale ou supérieure à 90 mètres/ha qui permet de qualifier les paysages. L’arbre et la haie font partie du « patrimoine » agricole et finalement culturel du département.

Des haies arrachées
Historiquement, le bocage a pris son essor avec le développement de l’élevage laitier de Normandie. Les haies ont un effet protecteur (vent, froid, soleil, érosion) reconnu pour l’élevage bovin. De plus, le bois récolté est valorisable pour l’énergie, la construction, les clôtures et les limites des propriétés. Au début des années 1950, la mécanisation, l’agrandissement des exploitations et l’évolution des assolements ont conduit à l’arrachage de nombreuses haies avec des conséquences parfois néfastes pour l’élevage et le cadre de vie des agriculteurs.
Pour remédier aux effets négatifs, des agriculteurs de la Manche se sont organisés en associations de boisement pour replanter des haies.
Les associations de boisement ont ainsi été créées à l’initiative des groupes de développement agricole à partir de la fin des années 80.

Des agriculteurs concernés
Exceptionnellement en France, et de manière spontanée, les agriculteurs ont voulu initier et porter des projets groupés ou collectifs de plantation et de valorisation des haies. L’animation statutaire et technique de conseil puis de gestion de projet est importante. Or, les bénévoles comme l’équipe technique agroforestière de la Chambre d’agriculture  ne pouvaient l’assurer intégralement. En 2008, une équipe d’agriculteurs motivés autour de Pascal Lecaudey, producteur de lait à Contrières, en concertation avec la Chambre d’agriculture et le Conseil Départemental de la Manche a créé la Fédération des associations de boisement de la Manche (FABM).  La représentation des agriculteurs planteurs de haie est aujourd’hui réalisée par la FABM, affiliée à l’AFAC-Agroforesterie. Elle rassemble et représente cinq associations locales de boisement qui aident  350 agriculteurs par an à planter des haies.


Quatre leviers
Confortées par 30 années d’expérience, les actions des associations et de l’équipe boisement de la Chambre régionale d’agriculture de Normandie s’appuient sur quatre leviers pour dynamiser la plantation des haies et faire vivre le bocage au rythme des exploitations agricoles :
La mise en place de partenariats grâce aux bénévoles des associations locales de boisement. Les partenaires peuvent être des élus, des associations, la fédération des chasseurs, des syndicats, des collectivités locales (département, communautés de communes, syndicats de bassins versants, etc.). Ces partenariats locaux se concrétisent par des actions concertées et portées par les agriculteurs des associations locales avec la Chambre d’agriculture, par exemple, la remise de plants bocagers à prix coûtant ou aidés.
La mobilisation d’aides à la plantation « accessibles ». L’accès aux aides est souvent rendu difficile du fait de complexité des dossiers et des enjeux multiples « économiques, agricoles, sociaux et environnementaux» pris ou non en compte. Un soutien au montage de projet est alors nécessaire pour faire le lien entre les financeurs et les bénéficiaires « agriculteurs ». La FABM permet de mobiliser 150 000€/an d’aides publiques et privées pour l’investissement en travaux de plantation de haie et d’agroforesterie.
La communication, par le biais des médias autour d’appels à projets, par exemple, l’opération « 10 000 arbres pour les haies » ou la commande groupée de plants.
L’animation des groupes et la qualité du conseil spécialisé sont assurées par la Chambre d’agriculture. La réalisation des  plantations est fournie par des partenaires (pépinières,  entreprises agricoles, forestières et paysagistes)  engagés dans la « Charte pour la qualité des plantations du bocage ».

Résultats : Chaque année, 60 km de haies sont créés. 500 personnes sont sensibilisées, dont 350  impliquées dans des projets de plantations accompagnées. Depuis 1988, 1 144 km de haies ont été plantés. 50% des projets réalisés dans le cadre de la Charte sont sur talus, et 41 % sont des haies créés pour la protection ou le confort des animaux. Un des projets actuels de la Fédération est d’initier une véritable filière haie qui participe aux résultats des exploitations agricoles, de la production de plants à la valorisation du bois. Déjà, 120 tonnes de plaquettes de bois bocager sont utilisées par les adhérents de la FABM. Ce n’est pas suffisant pour assurer un entretien durable des  53 000 km de haies du département, mais d’autres valorisations agricoles sont possibles à condition de s’y intéresser et de faire des essais.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Mardi 30 juin, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un champ de Val-au-Perche. Le préjudice sur les cultures est estimé à plusieurs milliers d'euros.
La moissonneuse prend feu et 7 ha partent en fumée : dans l'Orne, c'est l'heure de l'expertise
Mardi 30 juin 2026, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
La canicule de juin a marqué les esprits mais son impact sur le rendement est resté limité.
Colza en Normandie : cinq faits marquants sur la campagne 2025-2026
La campagne 2025-2026 illustre toute la capacité du colza à compenser les aléas lorsqu'il conserve un bon fonctionnement…
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'année décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une enquête est en cours afin de déterminer les causes de l'accident. 
Un agriculteur ornais décède dans un accident de la route
Mardi 21 juillet 2026, un agriculteur d'une trentaine d'années décède dans un accident de la route à Tinchebray-Bocage. Une…
[EXPERT] "Un maïs sans grain a une valeur pour l'alimentation animale"
Juin 2026 a été historiquement chaud. Quelles manifestations de la sécheresse sur le maïs ?
Dans la Manche, les élevages avicoles ont enregistré de lourdes pertes.
Canicule : surmortalité inédite en porc et volailles avec 260 tonnes de cadavres en trois jours
La canicule a entraîné une mortalité exceptionnelle dans les élevages de la Manche : 260 tonnes de volailles porcs en trois…
Publicité