Aller au contenu principal

Production cidricole : un millésime 2016 prometteur

A l’instar de la production viticole, les caractéristiques climatiques ont une influence sur la qualité du millésime des cidres et des poirés.

Au regard des observations réalisées jusqu’à présent, le millésime 2016 s’annonce assez prometteur.

Un millésime exceptionnellement tardif
En dépit d’un été sec et ensoleillé à partir de mi juillet, le retard de floraison résultant d’un printemps très maussade a été conservé jusqu’à la récolte.
Par exemple, la récolte de Plant de Blanc, variété de poires dominante du Domfrontais, a débuté vers la mi octobre, alors qu’elle avait commencé début octobre, voire fin septembre en 2015.

Des températures optimales pour les brassages
L’une des principales conséquences du caractère tardif de la campagne, est que les brassages ont été réalisés à des températures assez fraîches.
Ainsi, la température des jus à la sortie du pressoir est majoritairement restée en dessous de 15° C et est même parfois descendue autour de 10° C, alors qu’elle pouvait atteindre les 20° C en début de saison les années antérieures.
Cette caractéristique est un facteur clé de l’évolution des produits. Les températures élevées sont en effet favorables à la présence de bactéries qui sont responsables de défauts organoleptiques dans les cidres et les poirés.
Les conditions de travail du millésime 2016 sont en conséquence très favorables à une bonne stabilité microbiologique des produits qui doit permettre une préservation des arômes les plus fruités, notamment en limitant les interventions nécessaire à la protection des cuvées.

Une matière première riche
La structure d’un cidre ou d’un poiré est principalement constituée des sucres (à partir desquels les levures produisent l’alcool), des acides et des composés phénoliques qui interviennent dans la couleur, la saveur amère et la sensation d’astringence*.
Bien qu’il ait fallu attendre pratiquement mi juillet pour que l’été s’installe, le bon niveau d’ensoleillement observé par la suite a permis une forte synthèse de tous ces constituants.
La bonne richesse des fruits observée au moment des brassages, résulte également d’une maturité optimale favorisée par une exceptionnelle conservation des fruits au sol.
Ces particularités, notamment les conditions climatiques, se traduisent aussi par une richesse accrue des jus en matières azotées. Si elle peut être considérée comme un avantage sur le plan aromatique, elle appelle toutefois à la vigilance pour ce qui concerne la stabilisation des produits, notamment la maîtrise de la prise de mousse.
Ces caractéristiques doivent conduire à l’obtention de cidres et de poirés structurés et aromatiques.
De façon assez logique, les dégustations réalisées depuis le début de campagne ont mis en évidence une astringence assez marquée.
Outre le fait que cette sensation n’est généralement pas très appréciée des consommateurs, la présence de composés phénoliques astringents peut provoquer l’apparition d’un dépôt plus ou moins important lors de la conservation en bouteille.
Grâce à des observations précoces, certains producteurs ont en prévention allongé la durée de cuvage**. Pascal Brunet, producteur de cidre et poiré à Saint Denis de Villenette (61) témoigne : « Je suis équipé pour réaliser un cuvage dynamique**. Suite aux observations réalisées sur les premières cuvées et à une discussion avec mon œnologue, j’ai décidé d’allonger la durée de cuvage ».
Pour ceux qui n’ont pas anticipé, il sera toujours possible d’éliminer les excès d’astringence par un collage*** réalisé au moment de la mise en bouteille.


* Astringence : sensation d’asséchement que l’on ressent sur toutes les parties de la bouche (gencives, joues, palais). L’âpreté correspond à cette sensation mais avec une connotation négative.
** Cuvage : opération qui consiste à laisser la pulpe obtenue par broyage des fruits, s’oxyder à l’air durant quelques heures. L’objectif est d’augmenter l’intensité colorante et/ou de réduire l’astringence. Le cuvage est dit dynamique lorsque la pulpe est constamment conservée en mouvement de façon à intensifier l’oxygénation.
*** Collage : opération qui consiste à réduire l’astringence en provoquant une réaction composés phénoliques/ protéines. Le résultat de cette réaction forme un floculat qui sédimente au fond de la cuve et est éliminé par soutirage et/ou filtration.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

À quelques jours du match, Florian Lemasson était enthousiaste à l'idée de disputer ce tournoi très attendu. Parmi les 450 adhérents de la Coopérative, ils sont nombreux à l'avoir soutenu.
Florian Lemasson, du champ de lin au stade de foot
Florian Lemasson, responsable cultures et semences à la Coopérative linière du nord de Caen, dans le Calvados, s'est illustré…
Quentin a acheté un tracteur Valtra d'occasion en Eure-et-Loir afin de regagner en indépendance vis-à-vis des tâches à effectuer sur la ferme.
Quand l'entraide et la solidarité relèvent une ferme dans le Calvados
Après cinq ans et demi à travailler en tant qu'animateur radio, Quentin Enée, 28 ans, a mis sa vie entre parenthèses pour…
Florian Lemasson (à droite) est technicien cultures à la Coopérative linière du nord de Caen. Il est intervenu à la réunion hivernale de l'AGPL en décembre 2025.
Un agriculteur dans le stade
Florian Lemasson, technicien cultures dans le Calvados, jouera mardi 13 janvier 2025 contre... L'Olympique de Marseille (OM) lors…
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray se sont réunis à Saint-Georges-des-Groseillers contre l'accord du Mercosur  signé samedi 17 janvier 2026.
[EN IMAGES] Dans l'Orne, les JA unis contre l'accord UE-Mercosur
Les JA des cantons de Flers, Messei, Briouze, Athis et Tinchebray dans l'Orne, se sont mobilisés à Saint-Georges-des-Groseillers…
La foule agricole est nombreuse, mardi 20 janvier, à Strasbourg (Alsace). Près de 1 000 tracteurs et environ 4 000 manifestants sont là.
[EN IMAGES] Manifestation à Strasbourg : "Il n'est pas question de renoncer"
Après Bruxelles, le Pont de Normandie, l'Assemblée nationale et bien d'autres lieux de France, les agriculteurs manifestent à…
À Domjean, l'agriculteur a pu remettre sur route les automobilistes.
[EN IMAGES] Les agriculteurs prêtent main-forte aux laitiers et automobilistes
Le 5 janvier, la neige a semé la pagaille dans la Manche. Elle a rendu les routes parfois impraticables dans la Manche. Les…
Publicité