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Un couvert de légumineuses pour économiser sur l’azote du maïs

Les cultures intermédiaires pièges à nitrates (CIPAN) captent l’azote du sol pendant l’automne et peuvent le restituer à la culture qui suit. Il y a donc des économies d’engrais à prévoir, mais en quelle quantité ?

Pour répondre à cette question, les Chambres d’agriculture de Normandie suivent depuis 3 ans des essais avant maïs, avec différentes espèces de CIPAN, dont des mélanges avec légumineuses.

Un plus avec les légumineuses

Les résultats obtenus sur six parcelles d’expérimentation en Normandie donnent une bonne indication de l’effet azote des cultures intermédiaires sur le maïs qui est implanté au printemps suivant. Cet effet est mesuré en comparant l’azote retrouvé dans le maïs par rapport à une zone sans culture intermédiaire. Cela donne la quantité d’engrais azoté pouvant être économisé sur le maïs par rapport à une culture qui se ferait sans couvert à l’automne. Le graphique 1 montre les effets mesurés selon l’espèce de piège à nitrates ; tous les couverts sont enfouis dans le sol, entre novembre et mars. On constate que l’effet azote de la moutarde est régulier mais peu élevé, entre 15 et 25 u N/ha. L’avoine est très irrégulière et souvent proche de zéro. Les mélanges associant des légumineuses à l’avoine donnent aussi des résultats irréguliers, mais restituent en moyenne davantage : 20 à 25 u N/ha. Le meilleur résultat est obtenu avec le pois fourrager, qui produit des volumes importants : 34 u N/ha en moyenne. Les légumineuses sont associées dans les essais avec de l’avoine, car en Normandie les arrêtés Directive Nitrates de plusieurs départements interdisent les cultures intermédiaires en légumineuses pures. Par ailleurs, le coût des semences de légumineuses étant élevé, les mélanges avec de l’avoine sont plus abordables.

Pour un bon effet “légumineuses”, semer avant le 20 août

Pour bénéficier de l’effet azote des légumineuses, il est important de semer tôt car ces plantes ont besoin de lumière et de jours longs pour croître et capter l’azote. Dans les conditions des étés 2010 à 2012 en Normandie (voir graphique 2), ce sont les semis entre le 10 et le 20 août qui ont donné les plus fortes croissances, jusque 7 t MS/ha dans la situation exceptionnelle de l’automne 2011. Les implantations effectuées ensuite, jusque début septembre, apparaissent moins productives. Elles permettent cependant d’atteindre 2 t MS/ha, soit un effet piège à nitrates suffisant. Malgré tout, un semis précoce n’est pas un gage de réussite : début août comme plus tard, si le sol est trop sec le couvert lève mal, et plafonne autour d’une tonne de matière sèche. Dans le contexte normand la difficulté reste de moissonner le blé assez tôt pour semer le piège à nitrates début août : dans les départements côtiers, la moisson se prolonge certaines années jusque septembre.

Bénéficier des bons développements

Les mélanges associant avoine et légumineuses permettent de restituer au maïs une bonne partie de l’azote absorbé (voir graphique 3). On valorise alors les situations favorables à la pousse de couverts, où les cultures intermédiaires ont capté des quantités d’azote importantes. En moutarde, l’effet azote reste limité car cette plante lignifie rapidement lorsqu’elle se développe. Même si elle pompe beaucoup d’azote (jusque 60 u N/ha dans les essais), la culture suivante ne profite que d’une partie de cet engrais. En avoine seule (avoine diploïde dite brésilienne ou avoine de printemps), l’effet azote mesuré est souvent proche de zéro : c’est le cas dans 4 des 6 essais. Les résultats d’expérimentations compilés par Arvalis (Cultures intermédiaires, impacts et conduite, 2011) confirment ces tendances et indiquent même un effet négatif des crucifères sur le maïs dans 3 essais sur 13 (23 %).Les essais se poursuivent avec une année supplémentaire -couverts implantés durant l’été 2013- afin de compléter les résultats déjà obtenus.

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