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Une démarche globale, « de la graine à l'assiette », pour répondre aux attentes des acheteurs

Jeudi 6 février, la coopérative Agrial tenait à Caen sa première assemblée des productions végétales. Retour sur cet événement avec Sonia Boudet-Guth, agricultrice à Crocy (14) et présidente du conseil de métier Céréales et Semences d'Agrial.

© JP

>> Les adhérents d'Agrial sont régulièrement invités à des réunions techniques ou agronomiques de proximité. Quel était l'objectif de cette assemblée des productions végétales ?
Cette nouvelle assemblée des productions végétales s'inscrit dans une volonté forte du conseil d'administration de la Coopérative de fixer avec nos adhérents un rendez-vous annuel consacré à nos activités céréales et semences, comme c'est déjà le cas pour le lait, les légumes, les pommes, les porcs, les bovins ou les volailles. Cette première assemblée nous a permis de partager le bilan de nos activités, d'aborder nos projets et d'échanger sur les perspectives propres au métier des céréales et des semences. Pierre Duclos, spécialiste de la commercialisation des céréales, nous a éclairé sur les marchés et sur le levier que représente la génétique pour produire différemment, offrir des solutions techniques innovantes à nos adhérents et mieux répondre aux attentes de nos clients.

>> Pouvez-vous faire un point, à date, sur les activités semences et céréales de la Coopérative ?
Le Pôle semences d'Agrial intervient sur un large panel d'espèces et constitue un opérateur majeur au plan national. 2019 aura été une année contrastée pour notre réseau de multiplicateurs. D'une part, les conditions climatiques ont été très favorables pour nos contrats de multiplication en céréales à paille, de l'autre, les fortes chaleurs et les importantes restrictions d'irrigations ont impactées fortement nos multiplications en fourragères, et surtout en colza et maïs. Du côté des céréales, 2019 fut également marquée par des extrêmes météorologiques. Les conditions sèches de l'été ont tout d'abord permis de rentrer des céréales rapidement et avec une très bonne qualité (moins de 13% d'humidité de moyenne, plus de 80 de PS et 11,3% de protéines pour les blés). Cependant, ces mêmes conditions sèches ont pénalisé la récolte d'automne avec une baisse significative de la collecte de maïs, qui plus est rendue difficile du fait des excès d'humidité de l'automne. Malgré ces conditions climatiques, nous projetons pour la campagne 2019-2020 une collecte supérieure à 1,7 million de tonnes.

>> L'exportation représente une part importante de l'activité céréales et semences de la coopérative. Comment Agrial répond-t-elle aux besoins de ces marchés ?
Au sein de la coopérative, notre crédo a toujours été « vendre pour produire » ! Cela s'applique au marché des céréales, où nous nous inscrivons dans une démarche globale, « de la graine à l'assiette », avec l'objectif d'aller chercher de la valeur pour nos adhérents. En matière de meunerie export, il faut avoir à l'esprit que les besoins techniques des meuniers marocains sont différents de ceux des meuniers portugais ou algériens. C'est pourquoi nous organisons régulièrement des rencontres avec nos clients étrangers pour analyser et comprendre leurs besoins et mettre en avant nos outils, notre savoir-faire, notre valeur ajoutée et notre capacité à répondre aux exigences et aux cahiers des charges. 
Dans le domaine des semences, la proximité avec nos partenaires commerciaux est notre mot d'ordre. Face à une attente de plus en plus forte de sécurisation des programmations en terme de volume et de qualité, nous répondons en nous appuyant sur les remontées prévisionnelles en amont et sur l'étendue de notre réseau de multiplicateurs sur l'ensemble de notre territoire, couplé avec nos trois outils industriels spécialisés.

>> Dans quelle mesure la génétique vous aide-t-elle à répondre aux attentes des acheteurs étrangers ?
La génétique est un levier fort de développement pour répondre aux exigences des cahiers des charges des acheteurs à l'export. Quand nous parlons de filière, ou de graine à l'assiette, c'est bien en analysant les caractéristiques demandées des clients pour adapter ensuite les variétés, et les mises en terres, en nous appuyant sur notre réseau de conseillers de terrain et sur l'expertise de notre service agronomique.

>> Dernière question d'actualité : ressentez-vous déjà les effets de l'épidémie de coronavirus ou pas encore ?
Les effets se sont fait sentir sur les marchés avec d'abord une forte baisse du marché des oléagineux et des céréales. Le marché des oléagineux est impacté car la Chine est le premier importateur de soja au niveau mondial. Le coronavirus amène des incertitudes sur la consommation de la Chine et apporte une volatilité importante sur l'ensemble des marchés.

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