Manche
AGRIAL de plain pied dans la transformation laitière
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Après les Maîtres Laitiers du Cotentin, les délégués Lait de la FDSEA de la Manche continuent leur cycle de rencontres avec les entreprises laitières. Ils recevaient la semaine dernière Rémi Pelhate, Président de la filière Lait d'AGRIAL venu exprimer, dans un discours direct, la stratégie mise en place par le groupe.

Rémi Pelhat : “la prise de position dans la filière laitière était stratégiquement prioritaire. Il sera évidemment proposé à tous les coopérateurs producteurs de pommes de le rester à part entière”.
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L'avis rendu dernièrement par la Haute Autorité de la Concurrence a mis un peu plus encore la fusion Elle&Vire/AGRIAL sous le feu des projecteurs. L'investissement dans Délicelait, suivi de la prise de participation à égalité avec le groupe SENOBLE dans SENAGRAL n'ont fait que confirmer la volonté affichée de s'implanter dans la transformation et plus généralement de poursuivre un développement ambitieux.
L'aboutissement du dossier Senoble était une priorité
Sans préambule, les premiers échanges concernaient les évènements liés à la fusion avec Elle&Vire et l'obligation faite par la Haute Autorité de la Concurrence de céder une partie des outils industriels et commerciaux liés au cidre (les ex établissements Dujardin et l'outil Val de Vire). Rappelant le rôle structurant que s'est toujours efforcée de jouer la coop depuis la création d'Agrial dans les années 2000 (3 Provinces, Agralco, Casam), Rémi Pelhate indiquait : "la prise de position dans la filière laitière était stratégiquement prioritaire. Il sera évidemment proposé à tous les coopérateurs producteurs de pommes de le rester à part entière."
Objectif : + 10 à 20 % de volumes à la sortie des quotas
A la question de la stratégie d'Agrial en matière laitière, Rémi Pelhate ne faisait pas mystère d'une stratégie globale visant à préparer la sortie des quotas, basée sur 3 objectifs : trouver des débouchés supplémentaires pour les producteurs Agrial, à un prix proche du prix interprofessionnel et rentable pour l'entreprise. Mais bien que le Directeur Général ait été mandaté pour rencontrer l'ensemble des transformateurs (d'abord coopératives) du Grand Ouest, aucune alliance ne semble avoir été possible. La prise de participation dans DéliceLait qui transforme principalement des laits excédentaires et la récupération de volumes non contractualisés avec la CLE à la sortie des quotas en constituent les premiers leviers. Concernant l'intérêt de s'unir au groupe Senoble, il lui apparaissait évident. D'abord pour effectuer une première entrée significative dans le monde de la transformation. Ensuite en raison du positionnement de Senoble sur le marché plutôt évolutif des MDD, en utilisant des laits concentrés donc plus économiquement transportables. Rémi Pelhate allait même jusqu'à espérer qu'elle constituerait un élément déclencheur à d'autres développements.
Le lait : dernière branche d'Agrial comme les légumes, la volaille ou les boissons ?
Mais comme le faisait remarquer un délégué, développement est souvent synonyme d'investissements nouveaux. Ce que le Président de la filière lait ne réfutait pas. Il allait même plus loin en indiquant que la logique voudrait que le développement des outils soit pour partie financé par les producteurs eux-mêmes, peut être sous la forme d'une recapitalisation (7% du CA annuel pourrait être une hypothèse), en instaurant dans le même temps une mécanique leur permettant de bénéficier en priorité d'un juste retour des dividendes espérés. La filière lait pourrait ainsi devenir la 4ème branche d'Agrial après les légumes, la volaille ou l'activité boisson, fonctionnant comme une organisation de producteurs au sein du groupe. A quel prix ? Le plus proche du prix interprofessionnel, sans pour autant refuser en bloc l'idée qu'un double prix pourrait constituer l'outil de gestion de volumes excédentaires par rapport aux besoins du marché.
S'il en était besoin, les choses sont désormais très claires : AGRIAL est décidé à tracer sa route du lait.
L'aboutissement du dossier Senoble était une priorité
Sans préambule, les premiers échanges concernaient les évènements liés à la fusion avec Elle&Vire et l'obligation faite par la Haute Autorité de la Concurrence de céder une partie des outils industriels et commerciaux liés au cidre (les ex établissements Dujardin et l'outil Val de Vire). Rappelant le rôle structurant que s'est toujours efforcée de jouer la coop depuis la création d'Agrial dans les années 2000 (3 Provinces, Agralco, Casam), Rémi Pelhate indiquait : "la prise de position dans la filière laitière était stratégiquement prioritaire. Il sera évidemment proposé à tous les coopérateurs producteurs de pommes de le rester à part entière."
Objectif : + 10 à 20 % de volumes à la sortie des quotas
A la question de la stratégie d'Agrial en matière laitière, Rémi Pelhate ne faisait pas mystère d'une stratégie globale visant à préparer la sortie des quotas, basée sur 3 objectifs : trouver des débouchés supplémentaires pour les producteurs Agrial, à un prix proche du prix interprofessionnel et rentable pour l'entreprise. Mais bien que le Directeur Général ait été mandaté pour rencontrer l'ensemble des transformateurs (d'abord coopératives) du Grand Ouest, aucune alliance ne semble avoir été possible. La prise de participation dans DéliceLait qui transforme principalement des laits excédentaires et la récupération de volumes non contractualisés avec la CLE à la sortie des quotas en constituent les premiers leviers. Concernant l'intérêt de s'unir au groupe Senoble, il lui apparaissait évident. D'abord pour effectuer une première entrée significative dans le monde de la transformation. Ensuite en raison du positionnement de Senoble sur le marché plutôt évolutif des MDD, en utilisant des laits concentrés donc plus économiquement transportables. Rémi Pelhate allait même jusqu'à espérer qu'elle constituerait un élément déclencheur à d'autres développements.
Le lait : dernière branche d'Agrial comme les légumes, la volaille ou les boissons ?
Mais comme le faisait remarquer un délégué, développement est souvent synonyme d'investissements nouveaux. Ce que le Président de la filière lait ne réfutait pas. Il allait même plus loin en indiquant que la logique voudrait que le développement des outils soit pour partie financé par les producteurs eux-mêmes, peut être sous la forme d'une recapitalisation (7% du CA annuel pourrait être une hypothèse), en instaurant dans le même temps une mécanique leur permettant de bénéficier en priorité d'un juste retour des dividendes espérés. La filière lait pourrait ainsi devenir la 4ème branche d'Agrial après les légumes, la volaille ou l'activité boisson, fonctionnant comme une organisation de producteurs au sein du groupe. A quel prix ? Le plus proche du prix interprofessionnel, sans pour autant refuser en bloc l'idée qu'un double prix pourrait constituer l'outil de gestion de volumes excédentaires par rapport aux besoins du marché.
S'il en était besoin, les choses sont désormais très claires : AGRIAL est décidé à tracer sa route du lait.