Juridique
Aide familiale pendant sa jeunesse : la prescription prive Nicole de salaire différé
Nicole Lelouvier a travaillé, sans revenu, de ses 18 à 25 ans, dans la ferme de ses parents. Elle réclame son salaire différé au décès de son père, comme la loi le prévoit. Si elle en touche une partie, elle n’entame pas de procédure du vivant de sa maman. Or, en 2008, le délai de prescription pour demander ce droit passe de trente à cinq ans. Elle perd 150 € de retraite par mois.
Nicole Lelouvier a travaillé, sans revenu, de ses 18 à 25 ans, dans la ferme de ses parents. Elle réclame son salaire différé au décès de son père, comme la loi le prévoit. Si elle en touche une partie, elle n’entame pas de procédure du vivant de sa maman. Or, en 2008, le délai de prescription pour demander ce droit passe de trente à cinq ans. Elle perd 150 € de retraite par mois.

« Aujourd’hui [mercredi 6 septembre, ndlr], c’est l’anniversaire de ma jeune sœur. Elle a 57 ans. J’en ai 77 », note, amère et triste, Nicole Lelouvier. Elle ne le lui souhaitera pas. Depuis plusieurs années, les relations sont brisées avec elle et tout le reste de la sororité. L’arme de destruction : le salaire différé. Après une hospitalisation cet été, Nicole décide de raconter son histoire. De briser le tabou autour de ce droit, régi par le Code rural, qui déchire des fratries après le décès des parents, à l’ouverture de la succession. Elle veut aussi alerter sur le délai de prescription, révisé en 2008.