Ensilage à l'ancienne à Chaulieu (50)
Après les portées et les traînées, l’automotrice des “seventies”
Pour sa 3ème édition, la fête de “L’ensilage à l’ancienne” de Chaulieu (50) met en scène des automotrices. Un air des “seventies”, le 12 septembre prochain, aux confins de la Manche, de l’Orne et du Calvados.

































Une New-Holland 1770(1) et une 1880(2), une Mengele SF 300(3) et une Rivière Casalis H 500(4). Tel devrait être le quarté gagnant de vieilles ensileuses qui se dégourdira le bec maïs le 12 septembre prochain à Chaulieu (50).
Passionaria
Ils se prénomment Emile, Philippe, Christian ou Jean-Luc. Ils sont agriculteurs, entrepreneurs de travaux agricoles, chauffeurs de CUMA... Signe particulier, ils vouent une même passionaria à la vieille mécanique et notamment aux ensileuses. Passion suscitée (peut-être) et entretenue (c’est certain) par le rendez-vous désormais iconique de la fête de “L’ensilage à l’ancienne”* de Chaulieu. Les quatre Mousquetaires fondateurs de cet évènement (Loïc, Patrick, Philippe et Denis) peuvent afficher la mine réjouie du bel ouvrage. Ils contribuent à la sauvegarde d’une page de notre patrimoine agricole, fut-il composite de vielles tôles, de boulons rouillés ou de courroies laminées. Sauvant des outrages du temps des mécaniques qui faisaient, il y a 30 ans et plus, la fierté de leur propriétaire.
Emile, Philippe, Christian et Jean-Luc, au volant de leurs engins “remasterisés”, seront donc les ensileurs officiels de Chaulieu. Ils s’y préparent avec un professionnalisme digne d’un grand prix de F1. Leur angoisse commune serait de tomber en panne en plein milieu du chantier.
Alors seuls ou épaulés par un génis de la “mécabouine”, ils ont relevé leurs manches pendant de longues semaines pour redonner une seconde jeunesse à leur préférée. Ici un moteur à retrouver, là une goulotte à redresser ou un bec à reconditionner (...), ils ont joué du marteau et de la clé de 18, à moins qu’il ne s’agisse de 22. Ils ont caressé également le mulot pour surfer sur internet à la recherche de rares pièces de rechange. L’occasion de “chater” également avec d’autres passionnés. Les concessionnaires et leur stock oublié ont également été visités. Sans trop de succès.
L’été pluvieux aura permis à chacun d’être prêt dans les temps. La Mengele s’est même payée le luxe d’un coup de peinture de jouvence. Les autres ensileront dans des couleurs passées par le temps mais certainement pas de mode. Standing ovation !
Th. Guillemot
* Entrée : 2 e. Buvette et casse-croûte sur place. Renseignements au 02 33 79 35 61.
De notre envoyé spécial en mars et septembre 1973
Mars 1973. L’envoyé spécial de l’Agriculteur Normand arpente les allées du Salon International de la Machine Agricole. L’ensileuse automotrice, 2 rangs, y fait une entrée en force. Claas, Mengele, Rivière-Casalis, Serta, Someca y exposent des machines oscillant de 90 000 F (13 800 e) à 110 000 F (16 800 e). Mais l’heure de gloire pour l’automotrice n’a pas encore sonné. “Pour être compétitive, elle doit récolter 231 ha de maïs dans la saison”, explique dans nos colonnes D. Sauvallé, conseiller machinisme au CDA du Calvados. “La machine traînée 2 rangs est la plus intéressante”. Mais 1974 va marquer un tournant. En cet automne pluvieux, on s’enlise plus qu’on ensile avec les traînées alors que l’automotrice tire son épingle du jeu. C’est ainsi que le 27 octobre, 900 agriculteurs assistent à la démonstration ( à Campeaux dans la Manche) d’une “Hesston Field Queen” équipée d’une trémie de 19 m3 à déchargement arrière par fond mouvant. Son moteur de 250 cv se tire de tous les pièges “gadouilleux” !