Jean Verhaegh, ancien agriculteur
Au nom du développement durable, accusé levez-vous !
Jean Verhaegh, ancien agriculteur
Suite au reportage “Vue du ciel” diffusé sur France 2
il y a quelques jours, Jean Verhaeghe, ancien agriculteur dans l’Orne, nous a fait parvenir cette lettre ouverte. N'hésitez pas à réagir.

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Comment, en 2007, pouvons-nous encore accepter, aux heures de grandes écoutes, ce flot de démagogie et d’inepties autour d’une profession - notre profession - qu’est l’agriculture ? Ce n’est pas en encourageant à revenir à l’agriculture de nos grands parents que nous répondrons aux attentes de la population.
Fils d’agriculteur, j’ai à 12 ans ramassé les doryphores avec les enfants de mon école afin de préserver la récolte de pommes de terre pour nourrir les habitants.
L’année suivante, des chercheurs ont trouvé un insecticide pour détruire ces petites bêtes et sauvé les récoltes. C’est grâce à ces chercheurs que nous avons combattu le mildiou et toutes les autres maladies. Ce n’était pas par plaisir ou pour intensifier que nous traitions, c’était pour préserver, ce qui est encore vrai aujourd’hui.
De même, nos enfants et petits enfants aujourd’hui sont protégés de la Polio et d’autres maladies. Merci les chercheurs !
Face à cette réalité, pourtant, le célèbre photographe ne semble pas avoir été gêné d’utiliser des techniques et des outils de progrès sophistiqués comme l’hélico, l’avion, ou ses appareils photos pour effectuer ses reportages tendancieux. Des techniques de progrès qui ne sont pas neutres et pourtant il les utilise.
J’ai été agriculteur pendant plus de 40 années. J’ai toujours défendu la qualité de la vie et la qualité de nos produits. Je pense que les élevages bovins et autres étaient moins bien protégés en 1950 qu’aujourd’hui. Combien d’animaux sont morts de bronchite vermineuse et d’autres maladies, dormant dehors tout l’hiver, aujourd’hui cela n’existe plus.
Si vraiment nous ne produisions pas de la qualité, croyez-vous que notre espérance de vie puisse progresser comme elle a progressé et progresse encore ? En cette fin d’année, nos commerces regorgent de belles et nombreuses marchandises. Et pourtant, on se plaît encore à parler de mal bouffe. Je suis indigné par une telle démagogie qui fait abstraction de toutes réalités objectives et ne tient absolument pas compte de notre histoire. Cette histoire où, en un temps pas si lointain, j’ai connu la carte de pain et le manque de nourriture. Souhaitons simplement ne jamais vivre le retour à ce passé”.
Jean Verhaeghe
Ancien agriculteur dans l’Orne