Nicolas vit au pays du nucléaire
"Au quotidien, je n'y pense pas"
Nicolas vit au pays du nucléaire
Là-bas, tout au bout de la Manche, une petite commune coincée entre les déferlantes du cap Jobourg et les landes de la Hague. Omonville la Petite fait penser à ces hameaux du XIXè siècle, racontés par Victor Hugo ou Barbey d’Aurevilly. Rien n’a changé ou presque superficiellement. Toujours ces petits murets de pierres, ces parcelles, dures parfois à cultiver, souvent en pente. Et puis, en remontant la route de Beaumont-Hague, une gigantesque structure faite de béton et de monticules gazonnés. Depuis la fin des années 1960, c’est ici que l’on traite les « déchets » radioactifs. Nicolas Massieu, producteur laitier depuis 1994, dont une partie des terres jouxte le centre de retraitement « Areva », a toujours vécu à l’ombre du nucléaire.

Nicolas Massieu, producteur de lait sur la Hague. De cette parcelle, cette fois caché par la brume, le site de retraitement de déchets radioactifs est à moins d’un kilomètre”.
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Nicolas est pragmatique, « soyons réalistes. Au départ de la construction du centre de retraitement, il y a eu des manifestations contre. Aujourd’hui, beaucoup sont satisfaits d’une implantation du nucléaire dans le nord Cotentin. Sans la manne financière déversée depuis plusieurs décennies, la Hague serait une région abandonnée de tout et de tous. Les agriculteurs, par ricochet, en bénéficient aussi, notamment avec des infrastructures routières refaites régulièrement ; avant elles étaient « pourries ». Mais attention, nous ne sommes pas achetés par Areva. D’ailleurs, nous ne sommes pas à vendre ».
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