Avec l’herbe à éléphant, pas de tromperie énergétique
Aux portes de Caen, Henri Pomikal cultive de l’herbe à éléphant également appelé miscanthus. Dans le cadre de la fête de l’énergie, son projet donne des idées de cohabitation ville, agriculture, énergie et environnement.

Le cadre est propice au dialogue. La mairie de Fleury-sur-Orne décline localement la fête de l’énergie. Le miscanthus local est une potentielle réponse. Encore faut-il lever certaines barrières d’ordre politique. Dans ce contexte, les élus locaux peuvent être des alliés. Henri Pomikal, agriculteur sur la commune, a donc répondu favorablement à l’invitation du maire Marc Lecerf. Dans la vallée de l’Orne, il cultive de l’herbe à éléphant aussi nommée miscanthus. Cette vitrine est implantée à environ 5 kilomètres de l’hippodrome et du centre-ville de Caen. Certaines de ces parcelles sont visibles des promeneurs depuis la voie verte. Henri Pomikal prend lui son bâton de pèlerin et communique sur le sujet. Dans ce secteur inondable, les terres ne pourront être artificialisées. Reste cependant à les exploiter au mieux. Dans ce coin humide, Henri Pomikal élève quelques génisses de viande en conversion agriculture biologique. “Mais, certaines parcelles sont vraiment difficiles à exploiter. Implanter du miscanthus complète très bien une activité d’élevage, notamment pour produire sa propre litière”, estime l’agriculteur.
Une filière énergétique dans la vallée de l’Orne
Cependant, Henri Pomikal voit plus loin qu’une simple autoconsommation. Il vend déjà le miscanthus broyé à la ville de Fleury-sur-Orne. “C’est parfait pour les parterres de fleurs dans le cadre d’un objectif 0 phyto”, se réjouit-il. Mais, le volet énergétique pourrait être la seconde étape. Un hectare de miscanthus permet de chauffer l’équivalent de 4 maisons. Une petite dizaine d’hectares est déjà cultivée à Fleury-sur-Orne. Le potentiel existe. “Avec le secteur de Louvigny, il serait peut-être possible d’en planter 30 à 40 hectares. Il faudrait ensuite imaginer une chaufferie collective”, estime Marc Lecerf. Il faudra néanmoins convaincre le Conseil départemental fervent défenseur de l’herbe et propriétaire de parcelles dans les zones humides.
Une filière complétée par les anas de lin
“Nous avons entamé des discussions pour racheter certaines de leurs terres. Le Conseil départemental veut que ça reste dans le domaine public. Nous négocions. Nous serions favorables au fait que des agriculteurs y produisent du miscanthus. Bien sûr, nous sommes favorables à la diversité et pas uniquement au miscanthus”, souligne le maire.
Henri Pomikal semble avoir de l’énergie à revendre et prône la valorisation d’un autre gisement. En bon président d’une coopérative linière, il songe aux anas de lin. “On assurerait l’approvisionnement d’une chaudière, nous pourrions aussi y intégrer la filière bois et assurer le développement de l’économie local”. Les idées sont lancées. Les protagonistes doivent maintenant entretenir la flamme...