Avec plus de 700 000 bovins, la Manche une terre d'élevage
L’association pour l’identification des animaux de la Manche (AIAM) est désormais présidée par Pascal Ferey. Il succède à Eric Lecler qui a passé près de 20 ans au service de l’élevage. Avec 761 570 bovins, la Manche reste le premier département détenteur de bovins.

Si la Manche perd 1 % de bovins en un an, elle en perd pratiquement 20 000 en dix ans. La tendance à l’échelle nationale est plutôt de l’ordre de 2 %. Ce qui permet à la Manche de rester le premier département détenteur de bovins. Pas moins de 6 773 détenteurs sont recensés. « C’est 5 % de moins en un an et 16 % de moins en deux ans », prévient Philippe Quitté, directeur de l’AIAM. Parallèlement, les effectifs par exploitation évoluent. Ils étaient de 94 bovins par exploitation en 2014 contre 112 en 2018, soit une évolution de 16 % en cinq ans.
80 % des mouvements en ligne
En termes de mouvements, que ce soit pour des naissances, des entrées ou des sorties, les éleveurs respectent le délai de sept jours dans 95 % des cas. Seuls 20 % des éleveurs réalisent ces déclarations en papier quand ils sont 15 % en Normandie. Ce qui conduit Philippe Quitté à dire que « les éleveurs de la Manche ont encore des efforts à faire dans ce domaine. Cela peut s’expliquer du fait des zones blanches d’une couverture de réseau réduit, ou tout simplement par habitude », souligne-t-il.
Pilot’élevage depuis un an
Quand les éleveurs réalisent leur déclaration par voie électronique, ils utilisent le nouvel outil, Pilot’élevage, depuis juin 2018. À l’AIAM, ce changement s’est fait dans la douleur. Effectivement, les éleveurs étaient habitués à Synel depuis 15 ans, un outil arrivé à maturité mais aussi en fin de vie. Malgré ses difficultés techniques, « la chaîne de traçabilité n’a jamais été rompue », souligne Philippe Quitté. Les bordereaux de naissance ont toujours été édités.
Faire le point
Quant au suivi qualité, il est assuré par quatre conseillers sur le terrain. « Ils sont là pour aider les éleveurs. Vu que les exploitations évoluent, la charge de travail ne diminue pas. Il me semble nécessaire de faire le point régulièrement, de faire un inventaire physique. Même si on est rigoureux, on peut trouver des décalages. Et c’est avant un contrôle qu’il faut rectifier les choses. Il faut pouvoir être davantage dans l’anticipation », prévient-il.
Cellule prévention
Pour gérer des situations difficiles, une cellule de prévention a été mise en place dans chaque département à la demande du ministère. Et dans la Manche cette cellule fonctionne bien. Elle regroupe l’administration, mais aussi la Chambre d’agriculture, la MSA, le GDS, l’AIAM qui se retrouvent une fois par trimestre. Entre guillemets à la fois la situation économique, mais aussi la situation humaine sont prises en considération pour gérer la situation. « Nous travaillons tous main dans la main avec les services de l’État. C’est une cellule qui fonctionne bien », souligne Philippe Quitté.
Régionalisation
Aujourd’hui le service de l’identification, mission réglementaire de la Chambre d’agriculture, est confié à l’AIAM. C’est aussi sous statut associatif dans le Calvados, en Seine-Maritime et dans l’Eure. Mais dans l’Orne, elle reste une mission gérée par la Chambre d’agriculture. Alors quand il s’agit de parler de régionalisation, la différence de statut engendre une plus longue réflexion pour trouver le bon schéma. « La question n’est pas tranchée. Il s’agit d’étudier les avantages et les inconvénients de chaque modèle pour ensuite définir la structuration régionale», assure le nouveau président, Pascal Ferey, qui poursuit les échanges avec ses homologues. C’est ce à quoi il s’engage. Quel que soit le modèle retenu, « le poids et le rôle des éleveurs restent essentiels », conclut-il.