Parole de Jeune Agriculteur
Blonde d’Aquitaine : Paris gagné
L'élevage Bossuyt (Mesnil-au-Grain - 14) sera présent au salon de l'agriculture de Paris, pour la troisième année. Après Byron deux fois champion suprême de la race Blonde d'Aquitaine, Fiona concourra dans la section des femelles gestantes de moins de 5 ans.

La semaine prochaine, le monde de l'élevage portera son regard sur la capitale. “Le concours de Paris, c'est un peu nos jeux olympiques”, sourit Aurélie Bossuyt. Fiona, accompagnée par Gérard et Aurélie Bossuyt, séjournera 10 jours porte de Versailles. Outre le concours du jeudi, elle représentera la race Blonde d’Aquitaine auprès du grand public.
Fiona est née sur l'exploitation
Par le passé, Byron a marqué le concours parisien avec une victoire. Il a également remporté le prix européen en Belgique en 2011. “Mais avec Fiona, nous participons avec un animal né sur la ferme. C'est une première pour nous. Cette bête représente 25 ans de sélection génétique de mon père. Il s'agit d'un travail d'équipe : Vincent Lecoq, technicien Bovins Croissance, observe le taux de mortalité et le taux IVV, des éléments essentiels pour les éleveurs allaitants. Il suit l'accouplement de nos animaux depuis de nombreuses années. Son regard extérieur est important : plus notre génétique progresse, moins nous avons envie de nous tromper !”, détaille Aurélie Bossuyt. Fiona est une fille de Audeon sur Buxonne. “Cette vieille souche est très marquée. Elle est régulière et nous a donné de très bons animaux”.
Blonde depuis 25 ans...
La Blonde d'Aquitaine partage la vie de la famille Bossuyt depuis 25 ans. “A l'époque, mon père a voyagé dans le berceau de la race. Il a eu un coup de cœur et a également trouvé un maître-penseur qui l'a bien aidé”.
Comme une suite logique, les animaux sont présentés en concours, depuis une dizaine d’années. Ces manifestations représentent du temps et de l'argent. A titre d'exemple, emmener Byron du concours départemental jusqu'au SIA nécessite plusieurs milliers d'euros.
Les aléas des concours
“Transport, hébergement et nourriture des animaux à Paris représentent des sommes non négligeables. Même si nous espérons toujours des retombés avec la vente de génétique, elles ne sont pas immédiates”. Reste la reconnaissance de ses pairs. Elle est certes difficile à chiffrer, mais demeure une des principales sources de motivation pour migrer vers Paris. “On apprend des choses. Nous aimons aussi nous retrouver entre éleveurs. On sort de la logique boulot-boulot”. A Paris, les éleveurs pourront davantage penser metro-dodo-lotto. “Nous travaillons du vivant, nous ne maîtrisons pas tout. Certains animaux ne s'habituent pas à l'eau traitée de Paris. Ils mettent trois jours avant de boire normalement. D'autres refuseront de marcher le jour du concours. Enfin, les coups de cœurs des juges demeurent imprévisibles”.
Une installation conditionnée à l'économie
Fiona sera présente 11 jours consécutifs au salon de l'agriculture. Mais peu importe les contraintes, “on ne refuse pas Paris”. Aurélie Bossuyt n'a pas choisi la Blonde d'Aquitaine. La passion semble donc génétique... Cependant, cette passion est aussi tributaire du volet économique. Aurélie Bossuyt effectue actuellement son stage 21 heures. La reprise de la ferme familiale n'est pas encore actée. “C’est bien le business plan qui tranchera !” Pour l’heure, le salon de l’agriculture demeure une parenthèse festive, avant de décortiquer les chiffres qui permettraient l’installation...