Coopérative Isigny/Sainte-Mère
Cap sur l'Asie
Le vieux continent ne semble plus porteur en terme de développement. Lors de l’assemblée générale de la coop d’Isigny/Ste Mère, se déroulant vendredi dernier, Daniel Delahaye, directeur de la structure, a mis en exergue « la croissance exceptionnelle des laits en poudre, notamment infantiles. L’Asie nous regarde avec les yeux de Chimène grâce à notre savoir-faire et nos productions de qualité ». Pour exporter, encore faut-il produire plus. Cela tombe bien ! Les quotas sautent en 2015. À Isigny/Sainte-Mère, on se déclare prêt à traiter 20% de lait supplémentaires.

Financièrement, Isigny/Ste Mère a comblé ses lacunes de 2009. Elle affiche des excédents satisfaisants, comme le souligne Jean Schmit, sur 2011 : autofinancement à 7 millions d’euros, excédent net de 1,9 million d’euro. Résultats logiques puisque la hausse du chiffre d’affaires (223 millions d’euro dont 84 à l’export) se monte à 11,5%. Quant au résultat, « sous réserve que les hausses de tarif nécessaires à l’inflation de nos charges soient acceptées par la distribution, il devrait être au moins équivalent à celui de 2011, avec un prix du lait de nos producteurs comparable à celui de 2011 ».Isigny mise donc à fond sur le lait infantile. Sa progression est même spectaculaire sur 2011 avec + 12 % en tonnage (17 600 tonnes. « Notre objectif ? Atteindre 20 000 tonnes cette année ». Les outils des différents sites arrivent à saturation avec 240 millions de litres traités (60 venant de l’extérieur). L’occasion d’investir encore et toujours dans le lait infantile. « Un budget triennal 2012/2014) de 25 000 K/euro a été décidé par le conseil d’administration. Notre challenge, c’est d’avoir des marchés en prix et en volumes. De nouveaux horizons s’ouvrent, des opportunités apparaissent que nous devons saisir ».
Les produits qui ont fait la réputation de la coop représentent toujours de bonnes parts de marchés. Fromages : 25%, beurre : 14%, crème : 10%. Problème, Isigny/Ste-Mère, comme de nombreux industriels coopératifs ou privés, se plaint du « blocage » effectué par la GMS. D’ailleurs, Daniel Delahaye temporise l’embellie, « nous devons rester vigilants sur nos résultats, 2012 risque d’être plus difficile ».Pas de bonne coopérative sans producteurs motivés. Aujourd’hui, 430 fermes sur 506 sont certifiées Agriconfiance. « Elles représentent 90% des volumes ». Côté prix, le lait monte de 8,5% avec de bons résultats en flores, cellules et butyriques. L’occasion, lors de cette AG, de mettre à l’honneur une dizaine d’exploitations, dont celle de M. et Mme Philippe Auguste-Pierre (Castilly, Calvados) qui arrive, une fois de plus, premier du challenge « qualité ».