Cédric Nouvelot : aider les organisations de producteurs à se restructurer
La nouvelle ligne de teillage de la coopérative de Villons-les-Buissons a été inaugurée vendredi dernier en présence de nombreux élus locaux et professionnels du lin.

C’était véritablement la fête du lin ce week-end du côté de Villons-les-Buissons. L’opération «portes ouvertes» de l’usine de teillage de la coopérative Linière du Nord de Caen et de son magasin d’usine, Linfini, a trouvé son public.
Parmi la foule, Cédric Nouvelot. Le conseiller départemental de Courseulles-sur-Mer, et référent «agriculture», estime qu’il faut favoriser les organisations de producteurs. Questions-réponses.
>> Que vous inspire cet investissement à 3,5 M€ ?
C’est courageux de s’être lancé dans un tel projet et je tiens à féliciter le président Pomikal et tous ceux qui ont contribué à sa réussite. Cet investissement va contribuer à la pérennité de la filière lin dans le Calvados. Il est le symbole aussi des champs du possible de notre agriculture à l’export.
>> La Région a contribué au financement de cet investissement mais pas le Département, pourquoi ?
Dans la répartition des compétences, c’est la Région qui accompagne les gros projets au niveau économique. Le Département, pour sa part, accompagne l’agriculture sur le plan de la solidarité, du social (agriculteurs en difficultés) et du sanitaire en collaboration avec le GDS. Nous accompagnons également le service de remplacement et sommes présents sur les petits investissements (moins de 10 000 euros) dès lors qu’il s’agit de sécurité comme les équipements de contention par exemple.
>> De façon plus globale, quel modèle agricole défendez-vous ?
Il faut d’abord soutenir nos productions locales : lait, viande voire céréales. Cela signifie qu’il faut absolument aider les organisations de producteurs à se restructurer pour qu’elles puissent peser dans les négociations avec les transformateurs et la grande distribution.
Par ailleurs, il faut simplifier la vie au quotidien des agriculteurs en baissant les niveaux de normes ou du moins en ne les compliquant pas par rapport aux textes européens.
Enfin, il faut favoriser les productions locales dans nos cantines scolaires, les hôpitaux, les grandes administrations...
>> Un commentaire particulier sur le nouveau Gouvernement ?
On va voir mais je suis un peu réservé sur la nomination du ministre de l’Agriculture. J’aurai aimé avoir quelqu’un qui connaisse un peu mieux ce secteur mais on va lui laisser sa chance et observer comment tout cela fonctionne.
Ce qui est certain, c’est qu’on a besoin de faire entendre la voix du secteur agricole au niveau national et cela fait partie de mes engagements.
Au-delà, et même si l’on se réjouit ce soir parce que c’est la fête, rien ne doit nous faire oublier les difficultés actuelles de ce secteur d’activité primordial pour notre territoire. L’Etat doit intervenir mais doit aussi se faire le relai de cette réalité au niveau de Bruxelles.