Chambre d’agriculture du Calvados : élus et agriculteurs, se connaître mieux pour avancer ensemble
Elus et experts de la Chambre d’agriculture prennent leur bâton de pèlerin pour inviter, in situ, les élus des collectivités territoriales et locales dans les exploitations agricoles. Halte à Le Reculey, chez Nicolas Declomesnil, dans le bocage virois.












n « L’agriculture est à un vrai tournant et nous menons une politique en direction de toutes les agricultures, une politique qui puisse mailler l’ensemble du territoire. Pour la Région, c’est un budget de 270 Me et nous partons de la base pour faire remonter vos préoccupations ». Dans ses propos introductifs, Catherine Gourney-Leconte (conseillère régionale, locale de l’étape et qui vit au quotidien dans une ferme, elle est aussi maire de Campagnolles), a replacé l’agriculture au cœur de son environnement avec « l’enjeu économique » en fer de lance. Evidemment, l’enjeu environnemental n’est jamais très loin mais force est de constater que la Région aborde ce dossier avec un gros zeste de pragmatisme.
En témoignent ces 38 exploitations normandes, dont 8 dans le Calvados, ayant répondu à un appel d’offres pour expérimenter l’arrêt du glyphosate.
Huit expé zéro glyphosate dans le Calvados
« Il s’agit de dessiner des modèles pour demain. Voir ce qui marche et ce qui ne marche pas pour en tirer les conclusions dans deux ans », a insisté l’élue régionale. Jean-Baptiste Langelier (Roullours) est entré dans cette transition glyphosate. Adhérent d’un groupe culture proposé par la Chambre, il pilote son suivi parcellaire via l’outil « mesparcelles » mais d’insister d’emblée : « je suis contre l’arrêt du glyphosate et pour la réduction des doses utilisées en trouvant des alternatives ». Pendant deux ans et dans ce sens, il va mettre en place, en partenariat avec les experts de la Chambre, des essais parcelles avec suivis agronomique et économique. L’occasion pour Geffroy de Lesquen (élu Chambre) d’inviter le Conseil régional à inclure l’agriculture de conservation dans un second round expérimental.
Le département finance les niches à veaux
Autre élu de collectivité présent à ce rendez-vous, Hubert Courseaux. Il s’est félicité du plan d’éradication du BVD dans le département et a souligné l’importance de la coordination des politiques financées par le département avec les OPA dont la Chambre mais aussi, par exemple, le GDS sur le volet sanitaire. « Notre volonté est de mettre presque 4 Me sur la table pour accompagner la Ferme Calvados » et de citer en illustration concrète le financement de niches à veaux pour lutter contre la surmortalité.
Par ailleurs, Hubert Courseaux a déploré le désengagement de l’Agence de l’Eau sur le dossier « ragondin qui n’a pas de prédateur et qui constitue un enjeu majeur en terme de qualité de l’eau ».
D’eau, il en a été également question quant à l’impérieuse nécessité de présever les zones humides, « des éponges qui redonnent ce qu’elles ont accumulé en période sèche et où l’élevage a toute sa place », selon les experts. Et oui, à condition de ne pas laisser les bovins s’abreuver directement dans les rivières, l’élevage est facteur de reconquête de la qualité de l’eau.
Un élevage qui veut conquérir les assiettes de proximité. Les PAT (Plans Alimentaires Territoriaux) vont dans le bon sens avec un objectif de 50 % de produits locaux dans les cantines des collectivités.
Sur ce sujet, le Département (en lien avec la Chambre) vante les mérites de son annuaire des producteurs locaux et compte bien par ailleurs s’appuyer sur le réseau « Bienvenue à la ferme » pour lui donner un coup d’accélérateur. Emploi, foncier, installation (...) ont complété le menu de ce moment d’échanges axé sur « le bien vivre ensemble sur un même territoire ». Et le mot de la fin pour Nicolas Declomesnil : « je crois en la résilience des exploitations agricoles. En leur multiperformance : économique, sociétale, environnementale... Tout cela peut convenir à tout le monde ». Presque le mot de la sagesse à quelques semaines des élections municipales. n