INITIATIVE
Circulation : élus et agriculteurs sur la voie du dialogue
La preuve par l’image. Les agriculteurs du canton de Tillysur-Seulles (14) sont partis de ce constat. Pour concrétiser les difficultés de circulation quotidiennes des engins agricoles, FDSEA et JA ont proposé une promenade en tracteur aux élus. Le bilan est édifiant.



















Les agriculteurs du canton du Mesnil-Patry ont leur définition du SCOT. Par l’intermédiaire de Sébastien Debieu, le secrétaire général et président FDSEA du canton, ils prônent un “Schéma de Circulation organisé pour les Tracteurs”. Au-delà de cette boutade, la tension est palpable. Les chicanes, les interdictions de circuler et autres jardinières fleurissent dans les bourgs. Entre les élus, souvent des néo-ruraux, et le monde agricole, le dialogue est parfois rompu. Un peu comme leurs voies de circulation… Pourtant, les exploitations agricoles participent au dynamisme économique de ces territoires. Et, leurs engins agricoles respectent les normes routières.
Le secteur “rurbain” du Mesnil-Patry cristallise les tensions. En cause : une route interdite aux véhicules de plus de 10 tonnes. Christian Duchemin, installé à Tourville-sur-Odon, ne s’en cache pas. Il brave l’interdit. Ses tracteurs parcourent 50 000 kilomètres par an sur les routes du département. L’agriculteur et entrepreneur rencontre donc régulièrement des problèmes de circulation. “L’itinéraire de substitution est réellement plus dangereux. De plus, le détour imposé par les élus représente une semaine de route supplémentaire sur l’année. Nous sommes aussi autorisé à emprunter la RN13, une 4 voies. Mais est-ce bien raisonnable ? Deux véhicules ont déjà percuté l’arrière de nos bennes. Même si elle est interdite, la route du Mesnil-Patry me semble la plus sécurisante”.
Besoin d’agriculteurs consultants
A l’initiative de Sébastien Debieu, les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA du canton ont ainsi invité les élus à tester eux mêmes l’itinéraire bis. Le message : “la réalisation d’aménagements nécessite un temps de réflexion. Nous devons aboutir à un système d’agriculteurs consultants, avant que les projets ne soient trop avancés”, interpelle Sébastien Debieu. Après quelques kilomètres sur une linière à travers les routes du canton, les élus partagent cet avis. “Certains aménagements sont difficilement défendables”, concèdent-ils. Tous compatissent. L’absence de représentants de la commune directement concernée est cependant à noter.
Les bordures ne résistent pas
En tracteur, un simple trajet se mue en périple. L’exercice grandeur nature le prouve aux plus sceptiques. La voie communale 4 est interdite aux plus de 10 tonnes au Mesnil-Patry. L’itinéraire via le Hamel, Cristot ou Saint-Manvieux-Norrey ne s’est guère révélé convaincant. Les espaces n’y résistent pas et les facteurs accidentogènes s’accumulent. Pas simple de négocier un virage à angle droit avec un combiné de semis. Sur le parcours, les véhicules légers ont également intérêt à se garer. Avec une benne, une chicane oblige à rouler à gauche. Dernière preuve par l’absurde, l’itinéraire de substitution mène à un carrefour en cours d’aménagement, à l’entrée du Mesnil-Patry. Les bordures sont posées. Les trottoirs n’attendent plus que leur enrobé. Même avec la meilleure volonté du chauffeur, l’aménagement est piétiné par la linière. Sans doute une preuve, par l’absurde, d’une nécessaire consultation avant le début d’importants chantiers.