Rassemblement d’animaux
Concourir sans courir de risques
Une majorité d’éleveurs réclame un peu plus de rigueur dans les règlements sanitaires inhérents à tout rassemblement de bovins. Histoire notamment de ne pas ramener IBR ou BVD sous la stabulation.


Aussi étonnant que cela puisse paraître à une époque où le principe de précaution impose un peu partout son diktat, les règlements sanitaires qui régissent tout rassemblement d’animaux sont à géométrie variable. Le minimum syndical n’impose aucun statut particulier par rapport à l’IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine). “C’est un règlement complètement obsolète”, lâche sans complaisance Anne Legoupil, technicienne au GDS (Groupement de Défense Sanitaire). Un peu mieux disant : l’option 2 qui exige un cheptel indemne d’IBR. Reste l’option 3 : indemne d’IBR avec analyse BVD (Bovine Viral Diarrhea ou maladie des muqueuses) sur chaque animal présent. Un règlement un peu plus drastique qui s’applique à la plupart des concours départementaux, régionaux et nationaux comme au SIA ou au SPACE.
Du SIA au SPACE en passant par les départementaux
Reste que le choix du règlement sanitaire appartient à l’organisateur du concours ou du rassemblement et que, dans bon nombre de cas, c’est l’option 2 qui est retenue. “Stop”, plaide-t-on du côté du GDS et des syndicats de race qui revendiquent harmonisation et convergence autour de l’option 3. Thierry Chanu (Prim’Holstein), Stéphane Labarrière (Charolais), Denis Lerévérend (Normande), Olivier Auvray (Limousine) et Benoît Peschard (Blonde d’Aquitaine), tous présents au “bœuf en fête” à Maltot, sont unanimes. “Sur un plan sanitaire, il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures”. Mais majorité ne fait pas encore loi. Alors qu’il y a quelques mois, lors d’une réunion à Vassy, une décision de principe semblait se profiler, quelques organisateurs ont depuis fait marche-arrière. Peut-être sont-il animés par la volonté de ne pas rajouter une couche au mille feuilles des contraintes mais les responsables des syndicats de race tirent la sonnette d’alarme. Face au risque de contamination, c’est l’avenir même des concours qui pourrait être remis en cause. “La Manche a pris un décret dans le bon sens. La Bretagne a 10 ans d’avance sur nous. Nous sommes dans le Calvados en retard d’une rangée de pommiers”, regrette Thierry Chanu. Au delà des concours ou rassemblement, “la recherche BVD permettrait de réaliser un état sanitaire du troupeau départemental,” défend Stéphane Labarrière. Alors pour ou contre ? La DSV pourrait arbitrer les débats
Le GDS favorable à la recherche BVD
Le GDS affiche clairement sa position sur le sujet. Il vient d’ailleurs d’adresser un courrier aux éleveurs participant aux concours et aux présidents de syndicats de race.
“Le GDS du Calvados encourage les organisateurs de rassemblements temporaires de bovins à demander une garantie sanitaire vis-à-vis du BVD. En effet, le risque de transmission du virus du BVD lors du regroupement de bovins est important. Les bovins porteurs du BVD, appelés bovins IPI, peuvent paraître en parfaite santé, sans retard de croissance et ainsi être présentés sur un concours. C’est pourquoi, nous vous conseillons de faire réaliser sur vos bovins pressentis pour participer à un concours, une recherche de virus BVD. Nous vous rappelons que l’analyse BVD est une analyse valable toute la vie du bovin et que celui-ci sera inscrit dans le fichier des bovins non-IPI. Enfin, et sans excès de précaution, nous vous recommandons de vacciner vos animaux de concours contre le virus BVD. Nous vous rappelons également que les délais de réponse du laboratoire d’analyses peuvent être assez longs. C’est pourquoi, nous vous recommandons de faire dépister vos bovins dès que possible, à l’occasion du passage de votre vétérinaire dans votre exploitation. Par décision du Conseil d’administration, le GDS rembourse intégralement à ses adhérents toutes les analyses nécessaires et effectuées dans le cadre des participations à tout rassemblement temporaire de bovins. Les frais vétérinaires (prises de sang) restent à la charge des éleveurs. Le remboursement s’effectuera sur présentation des factures et des résultats d’analyses, soit à l’éleveur, soit au syndicat qui en fera la demande”.