Cours d’eau, aides d’urgences, relations amont/aval : point d’étape entre la FDSEA 14 et la DDTM
Une délégation de la FDSEA (composée de Patrice Lepainteur,Philippe Marie et Xavier Hay) a rencontré lundi soir Christian Duplessis (directeur de la DDTM du Calvados). Au menu des discussions : cours d’eau, aides d’urgences et relations commerciales. Interview du président de la FDSEA juste avant la rencontre.



>> Patrice Lepainteur, vous arrivez à la DDTM avec une pile de dossiers. De quoi s’agit-il ?
D’un travail mené depuis plusieurs semaines par notre réseau de proximité. Nous avons demandé à nos adhérents de vérifier si les cours d’eau, notifiés dans les cartes officielles, devaient bien être considérés comme tels. A savoir : continuité toute l’année, débit suffisant (...). Dans le cas contraire, il ne s’agit pas d’un cours d’eau donc pas de contraintes culturales spécifiques.
>> Pour quel résultat ?
Sur la centaine de communes que nous avons répertoriée, nous avons rencontré beaucoup d’anomalies. Ce qui démontre le bien-fondé de notre initiative.
Au-delà, notre département comptabilise plus de 600 communes. Il reste donc du travail. J’avais personnellement interpellé le président du COPA (Comité des Organisations Professionnelles Agricoles) lors de la dernière réunion sur cette nécessité. En tout cas, la FDSEA a fait son boulot.
>> Sur le terrain, on entend souvent dire que les aides d’urgence se font attendre. Un sujet que vous allez aborder avec les autorités de tutelle ?
Bien sûr, c’est un sujet prioritaire : où en sommes-nous du versement des aides ? L’administration va sans doute nous répondre que l’ensemble des dossiers a été traité mais nous attendons un chiffrage précis.
>> Ce plan d’urgence est décrié par certains. Quelle est votre analyse ?
Concernant le Fonds d’Allégement des Charges (FAC), si le montant des intérêts d’emprunts est supérieur à 4 000 €, ce qui est le cas pour beaucoup d’entre nous, le niveau d’indemnisation sera à hauteur de ces 4 000 €. Ensuite, s’y ajoutent les indemnisations MSA, l’exonération de la TFNB (Taxe sur le Foncier Non Bâti), l’exonération de la taxe d’habitation si on en fait la demande... Le montant total de l’aide peut ainsi atteindre 6 500 €. Montant que je qualifierai de largement insuffisant par rapport au préjudice subit tout au long de l’année 2015 mais quand même, 6 500 €, c’est mieux que rien. Non ?
>> Vous évoquez 2015 mais nous sommes en 2016 ?
C’est aussi le sens de notre démarche : préparer l’administration à une prolongation du dispositif d’aides, voire à l’améliorer. 2016 sera du même tonneau que 2015.
>> A quand le bout du tunnel ?
Nous n’avons pas la main sur les marchés mondiaux et même en cas d’amélioration en notre faveur, elle n’y suffirait pas.
Par contre, c’est sur le marché intérieur que l’on peut peser. C’est là que doivent porter notre travail et nos efforts.
>> En faisant quoi concrètement ?
En faisant en sorte que nos relations, avec la transformation et la grande distribution, s’améliorent. Il faut agir, par exemple, sur les produits consommés en France. Ça marche. On l’a constaté avec les produits laitiers de marque distributeur. Après négociations, on a enregistré une non-dégradation des cours. C’est une question de volonté
>> De volonté politique ?
Oui aussi. Le préfet s’est engagé, lors de nos rencontres cet hiver, à accompagner la concertation. La FDSEA a rencontré la grande distribution et partiellement la transformation. Dans un second temps, ces rencontres doivent être collectives et placées sous l’égide de l’Etat. Si nous étions les seuls à le faire, on pourrait croire que c’est utopique. Mais nous savons qu’ailleurs en France, ici où là et à l’initiative du réseau FNSEA, producteurs, transformateurs et grande distribution se parlent. Notre objectif doit être commun : les relations doivent s’améliorer dans les boxes des négociations commerciales.