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Environnement
Couvrir les sols entre deux maïs

D'ici 2012-2013, en zone vulnérable, toutes les parcelles devront être couvertes en hiver. L'objectif est de limiter les pertes en nitrates et de réduire les risques d'érosion des sols. Lorsque les cultures intermédiaires sont enfouies, elles apportent aussi des éléments fertilisants à la culture suivante.

Après céréales, le choix des espèces est vaste. Ce n'est pas le cas après une récolte tardive comme pour le maïs. Les graminées sont alors conseillées mais le semis sous couvert est néanmoins à privilégier.

Après récolte du maïs, choisissez des graminées
Les graminées sont les espèces qui vont le mieux se développer après récolte du maïs. Dans le tableau 1, sont indiquées les dates optimales de semis pour les couverts les plus fréquents.

En cas de récolte tardive ou pour le maïs grain : optez pour le semis sous couvert
Lorsque le maïs est récolté tard dans la saison (courant octobre), la mise en place d’un couvert végétal après sa récolte est souvent peu efficace. En effet, les températures ne sont plus suffisantes pour permettre une bonne croissance du couvert. Le principe est donc de semer le couvert dans l’inter-rang du maïs.
Les ray-grass (RGI, RGH ou RGA) sont les espèces les plus intéressantes car elles résistent assez bien aux agressions des matériels de récolte du maïs ensilage. La dose / ha de semences de ray-grass est de 20 Kg / ha environ. Les crucifères, par exemple le Colza, sont trop sensibles à l'écrasement.
Le semis est à effectuer au stade 7 à 10 feuilles du maïs afin qu'il laisse passer encore assez de lumière pour que le ray-grass puisse s’installer. Une fois implanté, le développement du ray-grass va être très rapidement freiné par le manque de lumière lié au développement du maïs. Compte tenu du temps que met le ray-grass à lever, le maïs a alors atteint le stade 12-13 feuilles. A ce stade, il ne peut plus être concurrencé par la présence du ray-grass. Ce n’est qu’après la récolte que le couvert reprendra son développement.
Même si la technique peut paraître assez contraignante à cause du temps de travail ou du besoin en matériel spécifique, elle présente un certain nombre d’avantages : meilleure portance du sol, efficacité piège à nitrates, effet bénéfique du binage sur le maïs, valorisation possible du couvert.

Un meilleur piégeage avec le semis sous couvert
L’azote piégé pendant l’hiver peut représenter plus d’une quarantaine d’unités d’azote par hectare. Cependant, cette absorption d’azote pourra varier en fonction de la date de récolte du maïs, de la quantité d’azote disponible dans le sol, et surtout des températures de l’automne. La quantité d’azote piégée sera toujours plus importante dans le cas d’un ray-grass implanté sous couvert par rapport à un ray-grass implanté après récolte.

Quelques économies de fertilisants
Si les cultures intermédiaires sont dénommées “piège à nitrates” ou encore “engrais verts”, c’est qu’elles ont la faculté de restituer des éléments fertilisants à la culture qui suit. Elles permettent ainsi une économie d’engrais.

Dans le cas de l’azote, la quantité fournie à la culture suivante dépend principalement de l’espèce de culture intermédiaire, de son développement, de sa date de destruction et de la période de développement de la culture principale (semis de printemps précoce type betterave, céréale de printemps ou semis de printemps tardif type maïs, pomme de terre…). La synthèse de 17 essais réalisée par Arvalis-Institut du végétal indique que les restitutions azotées des couverts végétaux sont intéressantes uniquement dans le cas de légumineuses ou de mélange de légumineuses avec d’autres espèces (voir graphique). Avec des moutardes, ray-grass, phacélies… l’effet piège à nitrates est certes efficace, mais la quantité d’azote fournie à la culture qui suit est trop réduite pour engendrer de réelles économies de fertilisation.
La restitution de fertilisants suppose que la culture intermédiaire soit enfouie, et non récoltée. Un essai réalisé par la Chambre d’Agriculture de Seine-Maritime en 2003-2004 montre des effets forts différents entre un ray-grass géré en piège à nitrates (détruit début février) et un ray-grass géré en dérobée (récolté avant semis du maïs). L’effet du ray-grass enfoui est positif : le maïs qui suit bénéficie d’une restitution évaluée à 30 unités d’azote/ha. A l’inverse, le ray-grass en dérobée a un effet négatif : perte de 10 unités N/ha pour le maïs.

Il faut aussi envisager la restitution en engrais PK. Les couverts détruits et enfouis dans le sol vont, en se décomposant, libérer ces éléments fertilisants. Les cultures intermédiaires ont la capacité, par leurs racines, d’aller rechercher des fertilisants situés en profondeur du sol et de les rendre plus accessibles, en surface. Un engrais vert avec un développement moyen (2 tonnes de matière sèche/ha) peut restituer environ 20 unités de phosphore et surtout 60 à 80 unités de potasse à l’hectare. La quantité de phosphore paraît peu élevée, mais ce phosphore présente l’intérêt d’être plus disponible que tous les engrais phosphatés existants. En effet, il se présente sous une forme très facilement assimilable par les cultures.
Avec le soutien du Feader Basse-Normandie

Azote relargué par les cultures intermédiaires, pour une destruction en janvier et au-delà et une culture suivante de printemps à semis tardif (maïs, pomme de terre) d’après Arvalis-Institut du végétal.
Perspectives Agricoles juin 2009.

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