Dépôt de plainte et 500 000 e de dégâts
500 000 e de dégâts a minima, un préfet qui porte plainte au nom de l'Etat, un président et un secrétaire général de la FDSEA 14 qui démisionnent... L'opération "lisier" menée le 14 août devant la DDTM provoque des dommages collatéreaux.

"C'est révoltant et incompréhensible. Il y a dans cet acte quelque chose d'illogique et d'irresponsable". Venu lundi dernier faire un état des lieux du bâtiment de la DDTM et prendre le pouls de ses agents, le Préfet de Région, Jean Charbonniaud, a tenu des propos très durs et surtout sans aucune concession. "C'est de l'argent public perdu mais aussi du temps alors qu'il y a urgence à venir en aide aux agriculteurs". Les dégâts sont estimés à hauteur de 500 000 - 600 000 e et le représentant de l'Etat a indiqué qu'il avait, dans la journée, porté plainte.
Un personnel marqué
En ce début de semaine, une entreprise spécialisée était encore à pied d'oeuvre pour nettoyer, désinfecter et assécher cloisons sèches et faux plafonds mais il faudra encore du temps pour effacer les stigmates de ce coup de colère. Il a également souligné l'appui des services techniques de la ville de Caen qui ont dégrossi l'évacuation de la douzaine de m3 de lisier projetée. Devant le personnel visiblement encore marqué par cet épisode, Jean Charbonniaud s'est projeté dans l'avenir. "Il faut passer ce cap pour passer à autre chose, se remotiver pour accomplir votre mission avec coeur mais sans rancoeur. L'agriculture à besoin de vous, elle a besoin de nous". Quant à l'épisode du drapeau souillé, le Préfet de Région a juste commenté : "ce n'est pas qualifiable mais on ne va pas s'éterniser là-dessus".
Dommages collatéraux à la FDSEA
Retour de flamme puissant également pour le syndicalisme agricole. Après la démission de son secrétaire général , c'est au tour de Jean-Yves Heurtin, son président, de démissionner .
L'un et l'autre restent cependant membres de la FDSEA et attachés à la FNSEA. Illustration du fait que le différent porte plus sur la forme et que sur le fond. Mais le pétard allumé en juin va-t-il finir pas faire pshiiiit à l'automne ? En attendant, la FDSEA appelle à la mobilisation les 3 et 7 septembre à Paris puis à Bruxelles.
Au-delà, il lui faudra trouver l'énergie nécessaire pour reconstituer une nouvelle équipe, trouver un souffle fédérateur autour de valeurs partagées, s'accorder sur une ligne de conduite.
Savoir rebondir
Sort-elle pour autant affaiblie de cet été 2015 ? Oui pour l'instant, c'est une certitude, mais à moyen terme ?
On a vu dans cette mobilisation énormément de têtes nouvelles, d'éleveurs non syndiqués, venir gonfler les rangs de la FDSEA et de JA. Chacun s'est senti concerné. Le président et son secrétaire général sont partis, assumant ainsi leur part de responsabilité dans cette fin de manifestation. A chacun d'assumer, demain et durablement, la sienne en apportant par exemple sa pierre à l'édifice pour construire un avenir meilleur.