Prix du lait
Des discours de bonnes intentions à l’acte de contribution
Pour aider les transformateurs à faire passer une impérieuse revalorisation du prix du lait payé au producteur, une cinquantaine d’éleveurs FDSEA/JA ont rendu visite, samedi matin , à diverses enseignes de Vire et Bayeux. Une explication de texte dans le calme, pour l’instant...




































Alors qu’à l’occasion du SIA (Salon International de l’Agriculture), la grande distribution s’affiche complaisamment dans les médias grand public comme le partenaire des agriculteurs, sous le verni parisien, la réalité est beaucoup plus terne. “Un peu d’honnêteté par rapport à la réalité des choses”, ont revendiqué Patrice Lepainteur, Philippe Marie et Benoist Esnault aux noms de la FDSEA et de JA. “Il faut passer des discours d’intentions aux actes”. Samedi dernier, à Vire et Bayeux, le syndicalisme jeune et aîné a mobilisé une cinquantaine de producteurs pour sensibiliser distributeurs et consommateurs sur les revers de “la course aux prix bas”.
“Pas les banquiers ”
“Dans une majorité de pays européens, les producteurs sont correctement payés mais pas en France. Partout en Europe, les distributeurs acceptent les augmentations de prix liées au marché mais pas en France, martèlent FDSEA et JA. Nous réclamons des négociations équilibrées entre distributeurs et industriels”. Aux moins 20 e sur février et mars décidés chez Agrial et aux moins 15 e sur janvier et février chez Lactalis (conséquence de la fermeté des distributeurs), les producteurs de lait répondent : “nous ne sommes pas les banquiers de la transformation”. Ce mouvement de colère, démarré ce samedi dans le Calvados, a essaimé depuis un peu partout en France (lire ci-contre). Il y avait urgence. La fin des négociations commerciales entre fabricants et distributeurs est prévue pour demain.
Leclerc assure payer le lait plus cher
Dans son blog mis en ligne le 24 février, Michel-Edouard Leclerc, patron du groupe de distribution, assure que « E.Leclerc achète à la hausse par rapport à 2013, tant pour le lait de vache que pour le lait de chèvre () quand je parle d‘achat à la hausse, c’est y compris par rapport aux prix issus de la médiation l’an dernier. » Michel-Edouard Leclerc affirme que si les négociations sur le prix du lait « ne sont pas simples », elles sont « même dures avec les gros industriels privés car les hausses qu’ils exigent sont totalement déconnectées de la réalité économique. » En revanche, dit-il, « cela se passe mieux avec les coopératives qui ont des exigences tarifaires élevées mais plus proches de la réalité. » Et le patron des centres Leclerc de déclarer: « toutes les hausses acceptées par E.Leclerc ne retombent visiblement pas dans la poche des éleveurs ».