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Consommation d’énergie
Des économies en vue !

84 éleveurs ont fait un diagnostic “Energie” avec la Chambre d’agriculture de la Manche.

Le logiciel Agri’Energie des Chambres d'agriculture de Bretagne a été utilisé dans les groupes. Agri’Energie permet de comptabiliser les consommations d’énergies directes (fioul, électricité, gaz) et indirectes (aliments concentrés, engrais azotés minéraux). Agri’Energie affiche également les gains potentiels réalisables au sein de l’exploitation. 78 dossiers complets ont fait l’objet d’un traitement de groupe.

L’exploitation moyenne
La taille des exploitations enquêtées varie de 21 à 220 ha. La surface moyenne est de 100 ha, avec l’assolement suivant : 52 ha d’herbe, 25 ha de maïs, 19 ha de céréales et 4 ha de cultures diverses. Toutes les exploitations produisent du lait : 457 000 l avec 63 vaches laitières à 8 000 kg. L’élevage des génisses et la présence d’une trentaine d’UGB “viande”, porte la taille du troupeau à un total de 122 UBG.
13 exploitations ont un atelier hors sol (porcs, volailles). Ces ateliers ne sont pas présentés dans les résultats.

Fioul : la chasse au gaspi est ouverte
L’exploitation moyenne consomme 11 000 l/ an, dont 2 100 l pour l’élevage et 8 900 l pour les cultures. Le gain potentiel annuel atteint 2 350 l, soit plus de 20 % de la facture annuelle.
Des économies sont envisageables dans pratiquement toutes les exploitations. Les exploitations les plus économes utilisent moins leurs tracteurs : 15 h au lieu de 23 h/ha. Elles passent beaucoup moins de temps aux travaux d’élevage (4 h au lieu de 15 h/VL). La présence de racleurs électriques, la distribution rapide de l’alimentation et le souci d’une bonne organisation des tâches expliquent en partie les différences. Pour les travaux des champs, la part des cultures est plus faible chez les plus économes. On constate également des pratiques différentes entre les exploitations : celles qui simplifient les implantations, en particulier pour les céréales, les dérobées et les couverts, peuvent réaliser des économies d’environ 20/25 l/ha.
La consommation moyenne des tracteurs au champ est faible (7,1 l/h), ce qui démontre que les tracteurs sont rarement utilisés à pleine puissance. Sur la base d’une consommation spécifique de 0,22 l de fioul par cheval et par heure, les tracteurs sont utilisés avec un taux de charge moyen de 30 %. Quelques exploitations ont des consommations moyennes élevées : il serait intéressant de passer les tracteurs au banc d’essai ou de regarder les pratiques de l’exploitant (conduite, adéquation tracteur/outil, déplacements sur routes…).

Electricité : 70 % des exploitations peuvent mieux faire
Après déduction de la consommation de l’habitation, 32 000 kWh sont consommés dans l’exploitation moyenne. Agri’Energie chiffre le gain d’électricité à 7 360 kWh, soit 615 €/an pour un prix moyen du kWh de 8,37 cts d’€ (hors TVA, mais autre taxes comprises).
52 % des exploitations ont une consommation raisonnable, alors que 17 % peuvent envisager de très importantes économies (20 000 kWh/an). Parmi les exploitations ayant une consommation raisonnable, on note cependant que le prix du kWh est parfois élevé du fait de la présence de 2 compteurs, soit 2 abonnements, et du fait d’une puissance souscrite importante.
Pour envisager des économies, on peut citer les pistes suivantes :
- faire un diagnostic de son installation électrique: inventaire des différents équipements, puissance et périodes de fonctionnement, cohérence avec la puissance souscrite… Équilibrage des phases (380 V), décalage des mises en route… ;
- surveiller, entretenir et améliorer le fonctionnement des “gros consommateurs” : tank à lait, chauffe-eau ;
- investir dans des équipements permettant d’économiser l’énergie : pré refroidisseur, chauffe eau solaire, pompe à vide avec variateur ou récupérateur d’énergie, éclairage “basse consommation”, pompe à chaleur…
Des aides existent : PPE (Plan Performance Énergie), Conseil général, Conseil régional, EDF…


Aliments concentrés : le plus fort potentiel d’économie pour le groupe enquêté
Les “133 tonnes” d’aliments concentrés consommés chaque année (dont 23 t produites sur l’exploitation), représentent la part d’énergie la plus importante. Pour les vaches laitières, la consommation moyenne de concentrés, atteint 201 g/l de lait. C’est beaucoup plus que la référence du Contrôle laitier de Bretagne, qui annonce 140 g, voir 100 g pour ses meilleurs producteurs. Les chiffres de Manche Conseil Elevage sont également inférieurs : 153 et 120g/l.
La majorité des exploitations enquêtées distribue de l’ensilage de maïs toute l’année et ne valorise peut-être pas suffisamment l’herbe au pâturage. C’est sur ce poste d’énergie indirecte que les éleveurs ont la plus forte marge d’économie.

Engrais minéraux azotés : pas d’abus
Avec 64 unités/ha, les engrais azotés ne sont pas utilisés de façon excessive dans les exploitations enquêtées.
Les résultats sont conformes aux données des fermes de réseaux suivies par l’Institut de l’Elevage et les Chambres d’agriculture. Depuis plusieurs années, le raisonnement de la fumure fait partie de la conduite des cultures et des prairies.

Part des différentes énergies en “EQF”
Afin de comparer et de comptabiliser les différentes énergies sur une même base, il convient de raisonner en “énergie totale” consommée, en additionnant “l’énergie finale” et “l’énergie primaire”. Cette énergie totale est comptabilisée en “Équivalent fioul” ou EQF.
L’energie finale correspond à l’énergie directement consommée (litres de fioul, kWh, kilos de concentrés, unités d’azote).
L’énergie primaire correspond à l’énergie nécessaire à produire l’énergie finale. Pour le fioul, il faut ajouter l’énergie nécessaire à l’extraction, au raffinage et au transport, soit 0.14 l par litre de fioul. En clair, un litre de fioul équivaut à 1,14 EQF.
Ce sont finalement les aliments concentrés qui représentent la plus forte part d’énergie consommée (34 %). Le fioul arrive en seconde position (27 %), suivi des engrais azotés (20 %) et de l’électricité (18 %).
Selon les références du logiciel Planète, le fioul, l’électricité, les aliments concentrés et les engrais minéraux azotés cumulent 80 % de l’énergie totale consommée sur une exploitation agricole. Ces 4 postes représentent environ 100 EQF pour 1 000 l de lait, ce qui est tout à fait conforme à la moyenne nationale annoncée par l’Institut de l’Elevage.
En intégrant les bâtiments, le matériel, les phytosanitaires… notre exploitation moyenne consommerait environ 57 200 EQF/an, soit 570 EQF/ha. Ce résultat est légèrement supérieur à celui obtenu dans les exploitations normandes du Réseau Lait  (543 EQF/ha). Mais, il peut s’expliquer par la présence de quelques UGB Viande et de quelques hectares de cultures, qui finalement pénalisent un peu le groupe des 78 exploitations diagnostiquées.
Cette synthèse de 78 diagnostics cache de fortes disparités. Environ 35 % des exploitations sont économes, voire très économes sur 1 ou 2 types d’énergie, mais rarement sur l’ensemble. De même, un tiers des exploitations a de réelles marges de progrès sur la plupart des postes analysés. Pour cibler les pistes d’économie les plus pertinentes, il convient maintenant d’approfondir le travail sur les postes d’énergie mal maîtrisés, car le diagnostic Energie n’apporte pas les solutions “clé en main” à l’éleveur.
Christian SAVARY

Communication bénéficiant du FEADER (Fond Européen Agricole du Développement Rural)

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