Groupama Orne
En attendant l’assurance prairie
La pertinence de l’assurance sur les risques climatiques a fait ses preuves. Du côté de Groupama, on se dit prêt à l’étendre aux prairies.

Phénomène neigeux, grêle, sècheresse : 12 Me d’indemnités. Assurance climatique : 16,6 Me. La météo fait décidément la pluie et le beau temps sur les comptes de Groupama Centre Manche qui tenait, pour son échelon ornais, son assemblée générale vendredi dernier à Bagnoles-del’Orne. A titre de comparaison, l’assureur mutualiste n’aura déboursé “que” 6,5 Me dans le cadre de la tempête Xynthia ou bien encore 5 Me suite au tremblement de terre au Japon (dommages dans des transports de marchandises). Pour Jean-Marie Bayeul, son président, et Jean-Paul Hue, son directeur général, ces éléments chiffrés prouvent “la pertinence de l’assurance climatique”. 35,2 Me d’indemnités en cumulés.
Mais pour certains esprits chagrins, le dispositif a surtout profité aux céréaliers. “Vous avez oublié les éleveurs qui n’ont plus d’herbe pour nourrir leur troupeau”, faisait remarquer un élu exmois. “Faux”, rétorque-t-on du côté de Groupama. Ce sont essentiellement des surfaces en maïs, donc dans notre région des éleveurs, qui ont été compensées. Une erreur d’interprétation qui prouve cependant que quelques éleveurs attendent une assurance prairie, d’autant plus au regard des conditions météo 2011. L’occasion pour Joël Lafontaine, président de la Fédération Orne, d’évoquer un “faux procès. Nous avons les moyens techniques de la proposer mais il nous faut trouver une réassurance.” Sur ce dossier donc, la balle est dans le camp des services publics.
Plus 10 000 véhicules
Leader incontesté de l’assurance récolte avec le contrat “climat”, Groupama avance également ses pions sur route. Au cours du dernier exercice, ce sont 10 000 véhicules supplémentaires en parc assurance. Ils contribuent à l’augmentation du chiffre d’affaires de 2,6 %, un score supérieur à celui du marché global de l’assurance. Un développement qu’il faut cependant maîtriser. “Nous devons avoir des règles de sélection strictes en faisant partager aux nouveaux entrants nos actions de prévention”. GCM s’appuie dans cette campagne de sensibilisation “sur le rôle de moralisation des caisses locales”. La proximité a ainsi encore du sens et de l’avenir. Accueil de nouveaux sociétaires tout en fidélisant les anciens, tel est le challenge à relever. Cela passe par “la tarification de nos produits au juste prix”, a insisté Jean-Paul Hue. De nouvelles règles du jeu vont également être instituées en 2011.
Le stage Centaure (conduite en conditions d’urgence) devrait devenir obligatoire pour les nouveaux assurés.
La cote du local
Dernier acte de ces travaux annuels, l’intervention de Jacques Mathe, économiste et auteur de “Une agriculture qui goûte autrement” à paraître prochainement aux éditions Campagne et compagnie. Observateur émérite de nos habitudes alimentaires et partant du principe que ce qui se passe aux USA arrive en Europe 10 ou 15 ans plus tard, ce directeur adjoint du CER des Deux-Sèvres a mis l’accent sur les nouveaux appétits du consommateur. “Les productions locales ont la cote. Les politiques publiques bougent. On glisse d’une politique agricole vers une politique alimentaire dans laquelle les collectivités territoriales joueront un rôle prépondérant”, pronostique-t-il. C’est parti aux USA avec 140 000 fermes en vente directe et 5 700 marchés de producteurs pour un chiffre d’affaires de 7 Mrd$. Autre illustration avec le programme “land preserve” qui consiste à préserver le foncier dans des zones péri urbaines pour le consacrer aux productions locales. 14 millions d’hectares sont concernés.
Au pays du big mac et après avoir constaté que l’armée américaine n’atteignait pas ses objectifs de recrutements pour cause d’obésité des candidats, les lignes bougent. Mais attention, “la production locale est réservée aux meilleurs. Elle s’apparente aux travaux d’Hercule. C’est aussi le royaume des astucieux car il n’y a pas de modèle”, a prévenu Jacques Mathe. Avis aux amateurs !