Ludovic Blin, président des JA
“Faire la chasse au gaspi”
Ludovic Blin, président des JA
Ludovic Blin, président des Jeunes Agriculteurs roule pour une meilleure installation dans le département, sans oublier les problèmes d'actualité comme l'augmentation du fuel ou des aliments. Explications.

Ludovic Blin, “nous risquons d’avoir à gérer un paradoxe, celui d’un pays sans cultures OGM mais important des aliments OGM, comme le soja”.
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EC
Les forums “installation” ont débuté mardi, à Isigny le Buat, qu’en attendez-vous ?
Tout simplement un maximum d’échanges entre futurs repreneurs et cédants mais surtout sensibiliser ces derniers à la transmission. Nous voulons à travers ces réunions un bon taux de reprise de structure. Il faut, afin que le prix à payer ne soit pas trop lourd pour les jeunes, que les “anciens” transmettent, dans la mesure de leurs possibilités, des outils performants et fonctionnels. En clair, qu’il ne laisse pas tomber au début de la cinquantaine, mais au contraire qu’ils investissent un minimum
Justement, le Conseil Régional, après quelques années sans subventions pour ces forums, a décidé de mettre la main à poche, au niveau régional, sur l’installation ?
Sous la présidence de René Garrec, nous avions une subvention supprimée avec l’arrivée de Jean-Karl Deschamps à la présidence de la commission agricole au Conseil Régional. Aujourd’hui, et nous en sommes heureux, la région est prête à donner 23 000 euros pour aider au renouvellement des générations sur la Manche, l’Orne et le Calvados. Problème, cette somme ne finance pas un “plein temps”, à nous de trouver la somme restante, pas évident par les temps qui courent.
En ce début d’année 2008, la conjoncture laitière doit désormais vous satisfaire ?
Personne ne peut le nier, elle est bonne avec des prix à la hausse et plus de lait à produire. Aucun producteur ne peut aussi ignorer que le prix des intrants a flambé ainsi que celui de l’aliment, ce qui augmente nos charges et pénalise notre EBE. Quant au fioul, 2008 s’annonce mal avec un baril à 100 dollars qui augmentent nos charges de mécanisation; les ateliers hors-sols sont encore plus pénalisés. Nous devons compenser cette hausse des coûts énergétiques par une augmentation du prix de vente de nos produits et par une chasse au “gaspi”. Un exemple : Un diagnostic “énergie” doit être réalisé sur chaque exploitation. Par ailleurs, dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, une préconisation a été faite : les agriculteurs doivent être autonomes à hauteur de 30% sur leur exploitation. Dans notre rapport d’orientation d’ assemblée générale, qui se tiendra début mars, nous avons étudié l’ensemble des énergies capables d’être développées en agriculture. Un bémol, tout de même, l’investissement doit être raisonné sous peine de se pénaliser une fois de plus. Nous avons l’exemple de petites unités de production à 2/3000 euros qui fonctionnent sans problème tant en éolien qu’en solaire ou en biomasse. Autre piste, toujours sur l’autonomie des exploitations, produire plus de protéines, autre que de l’herbe, pour nourrir les troupeaux.
Les OGM sont en plein cœur de l’actualité, votre position ?
Je ne suis pas un scientifique mais j’aurais du mal à comprendre une éventuelle interdiction de cultures, alors que l’on fait manger beaucoup d’aliments contenant des OGM à nos enfants. Autre distorsion à résoudre, si la culture est interdite en France, il faut mettre tous les pays européens au même régime. Enfin, nous aurons à gérer un paradoxe, celui d’un pays sans cultures OGM mais important des aliments OGM, comme le soja.