FCO : la France touchée en plein cœur
Questions à Etienne Gavart, directeur du GDS du Calvados Avec l'annulation du concours de la race charolaise à la foire de Caen, la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) revient dans l'actualité du Calvados. Décryptage avec le Groupement de Défense Sanitaire (GDS).

Les responsables du syndicat de la race charolaise ont annulé leur concours à la foire de Caen. Que doivent craindre les éleveurs du département ? La FCO est-elle de retour ?
Le syndicat charolais a choisi la prudence. Des éleveurs ont participé à un concours national au Mans. Leurs animaux y ont été en contact avec des bêtes positives. Cette précaution me semble justifiée. Mais, ce choix ne signifie pas que le Calvados soit infecté.
Comment des animaux infectés ont-ils pu être acceptés dans un concours national ?
La zone du centre de la France n'était pas encore déclarée interdite car elle n'était pas encore connue comme infectée. En découvrant la FCO, les animaux déjà présents au Mans ont été vérifiés. Certains se sont déjà révélés positifs.
Quid des animaux du Calvados présents au Mans ?
Les analyses sont également en cours. Nous aurons la réponse très rapidement.
Actuellement, le département est-il toujours considéré indemne de FCO ?
Oui. Aujourd'hui, il existe seulement dans le centre de la France une zone réglementée comprenant une zone de protection et une zone de surveillance, ainsi qu'un périmètre d'interdiction . Dans ce dernier cas, les ventes d'animaux vers l'extérieur sont interdites. Cette résurgence de la FCO de type 8 amène la France à s'interroger sur le développement du virus. Un dépistage est organisé sur toute la France.
Comment se déroulera le dépistage dans le département ?
17 élevages ont été sélectionnés. Des analyses sur le sang des animaux sont réalisées. On aura la réponse dans moins de 15 jours.
Le virus est véhiculé par des petits moustiques, appelés culicoïdes. Sont-ils fortement présents en Normandie ?
Les culicoïdes sont présents partout dans le monde et survivent aux hivers rudes. Leur recensement est difficile.
Ils sont actuellement en pleine activité. Ils se nourrissent en piquant la peau des bovins et des ovins. Les culicoïdes nichent dans des bouses sèches ou humides et dans les vieilles souches d'arbres morts. Leur activité se poursuivra au moins jusqu'en novembre en Basse-Normandie. Si FCO il y a, elle peut être véhiculée.
Quel comportement doit adopter le monde de l'élevage: attendre, désinsectiser, vacciner ?
Je crois qu'il faut attendre. Il y a quelques années, la désinsectisation n'a pas enrayé la progression du virus. Il est inutile de se jeter sur les insecticides qui peuvent parfois poser des problèmes environnementaux. D'autre part, nous ne sommes pas certains d'être touchés. Attendons les résultats du dépistage national. C'est le plus sage. Il ne faut pas aggraver le mal. Les éleveurs doivent respecter l'interdiction d'importer des animaux depuis la zone réglementée française.