Calvados
FDSEA : remettre la grande distribution autour de la table
Calvados
Mardi 11 septembre, Daniel Prieur et Patrice Lepainteur ont échangé autour des difficultés rencontrées par les agriculteurs du Calvados.

Mardi 11 septembre à Roucamps sur la ferme de Jacques Delamare, Patrice Lepainteur, président de la FDSEA du Calvados, a interpellé Daniel Prieur, le secrétaire général adjoint de la FNSEA, atour des sujets qui préoccupent les agriculteurs du département.
Patrice Lepainteur :
“Dans le Calvados, de vives inquiétudes apparaissent avec la flambée du coût des aliments. Les élevages laitiers en système maïs subissent de plein fouet la hausse des prix des correcteurs azotés. Les élevages d'animaux granivores sont encore plus impactés puisqu'ils doivent aussi s'approvisionner sur le marché pour les aliments énergétiques. Quels sont les travaux de la FNSEA sur le sujet au niveau national ?”
Daniel Prieur :
“Il faut faire vivre l'accord du 3 mai, qui invite producteurs et distributeurs à revenir à la table des négociations quand les coûts de productions viennent à franchir à la hausse ou à la baisse un tunnel de prix. Nous savons très bien que les éleveurs peuvent être payés au juste prix sans que le coût au consommateur ne flambe. En France, nous consommons des produits élaborés et transformés, pour lesquels le coût de la matière première ne représente pas la majeure partie du prix. Les producteurs pourraient être sortis d'affaire avec une hausse du panier de la ménagère d'au maximum 1%. C'est bien sur la grande distribution qu'il faut faire pression. Vouloir répercuter les prix aux abattoirs ou aux laiteries n'est efficace que si la hausse est transmise en bout de course. Les transformateurs sont également des intermédiaires. Certains abattoirs et certaines laiteries n'ont pas l'envergure pour imposer leurs conditions à la grande distribution. Les politiques doivent nous soutenir, car si nous ne pouvons pas répercuter la hausse de nos coûts de production, demain le consommateur ne devra pas payer 1 % de plus, mais peut être 10 % de plus, vu les outils de production qui auront disparu”.
Patrice Lepainteur :
“De notre côté, nous sommes décidés à aller voir les fabricants d'aliments du bétail. Nous voulons aussi comprendre pourquoi, alors que des céréaliers ont vendu leurs récoltes avant la flambée à des prix de 160 – 180 €/t, les éleveurs doivent subir la pleine flambée des matières premières. Il faut comprendre, si on veut ensuite pouvoir orienter les choses et susciter des systèmes pour atténuer les variations.
Un autre sujet d'actualité nous interpelle. Les réglementations se superposent et nous mettent en position de fragilité. Au 10 septembre, les sols doivent être semés avec des CIPAN. C'est en dépit du bon sens, les sols sont bien trop sec. Nous demandons à l'administration qu'elle fasse confiance aux agriculteurs. Si nous respectons à la lettre les consignes, nous allons faire des bêtises, c'est certain. Nous risquons de devoir épandre quand il pleut, ou de semer des couverts végétaux qui ne lèveront jamais. J'ai visité plusieurs autres pays d'Europe. Je peux vous le dire, nous sommes dans le pays où l'administration est la plus prégnante”.
Daniel Prieur :
“Redonner de la liberté aux agriculteurs est une idée forte que nous défendons au niveau national. Le savoir-faire est chez les paysans. A l'heure où l'on parle de redressement productif, il faut arrêter de nous demander de faire des choses qui ne servent à rien. Les agriculteurs sont tout sauf des idiots quand ils travaillent la terre qu'ils ont héritée ou payée le prix fort. Nous demandons toujours une pause environnementale. On verra si sur ce sujet, le président Hollande n'est que la copie carbone de Nicolas Sarkozy. Avec cette flambée des matières premières agricoles, les éleveurs devraient aussi avoir des latitudes pour retourner des prairies en vue de semer des luzernes notamment. C'est un bon levier pour que les éleveurs puissent regagner un peu d'autonomie. Les politiques ont tout intérêt à ce que les agriculteurs aillent bien et qu'ils investissent dans leurs outils. Un investissement agricole est au moins trois fois rentable. Il fait fonctionner l'économie locale, il améliore les conditions de travail de l'agriculteur et il rend transmissible et pérenne l'exploitation”.
Ne jamais laisser les autres décider de notre avenir !
Le conseil d’administration de la FDSEA s’est tenu en présence de Daniel Prieur. L’occasion pour le secrétaire général de rappeler que la force de la FNSEA, c’est la présence sur tout le territoire de ses hommes et de ses femmes, ce qui permet de répondre aux sollicitations et aux besoins de tous les agriculteurs. Pour lui, le message est clair : “ne laissons pas les autres décider de notre avenir. Les dossiers doivent avancer en collaboration étroite avec le syndicalisme, seule manière de corriger les erreurs ou les dérives de l’administration ou de politiques. Et au regard de certains textes, de certaines décisions ou règles qui sont parfois émis, le danger est réel”.
“De danger, il en est justement question avec les conséquences de la décision de la Chambre d’Agriculture de voter, en juin dernier, contre le renouvellement du droit de préemption de la SAFER, a rebondi Patrice Lepainteur. Une décision lourde de conséquences puisque des agriculteurs, et je pense plus particulièrement aux jeunes, risquent de se voir écartés de terres agricoles au profit des collectivités”. A quand les premiers cas de non préemption et donc les premiers agriculteurs lésés ? Du côté de la SAFER, on n’écarte aucune hypothèse.
Patrice Lepainteur :
“Dans le Calvados, de vives inquiétudes apparaissent avec la flambée du coût des aliments. Les élevages laitiers en système maïs subissent de plein fouet la hausse des prix des correcteurs azotés. Les élevages d'animaux granivores sont encore plus impactés puisqu'ils doivent aussi s'approvisionner sur le marché pour les aliments énergétiques. Quels sont les travaux de la FNSEA sur le sujet au niveau national ?”
Daniel Prieur :
“Il faut faire vivre l'accord du 3 mai, qui invite producteurs et distributeurs à revenir à la table des négociations quand les coûts de productions viennent à franchir à la hausse ou à la baisse un tunnel de prix. Nous savons très bien que les éleveurs peuvent être payés au juste prix sans que le coût au consommateur ne flambe. En France, nous consommons des produits élaborés et transformés, pour lesquels le coût de la matière première ne représente pas la majeure partie du prix. Les producteurs pourraient être sortis d'affaire avec une hausse du panier de la ménagère d'au maximum 1%. C'est bien sur la grande distribution qu'il faut faire pression. Vouloir répercuter les prix aux abattoirs ou aux laiteries n'est efficace que si la hausse est transmise en bout de course. Les transformateurs sont également des intermédiaires. Certains abattoirs et certaines laiteries n'ont pas l'envergure pour imposer leurs conditions à la grande distribution. Les politiques doivent nous soutenir, car si nous ne pouvons pas répercuter la hausse de nos coûts de production, demain le consommateur ne devra pas payer 1 % de plus, mais peut être 10 % de plus, vu les outils de production qui auront disparu”.
Patrice Lepainteur :
“De notre côté, nous sommes décidés à aller voir les fabricants d'aliments du bétail. Nous voulons aussi comprendre pourquoi, alors que des céréaliers ont vendu leurs récoltes avant la flambée à des prix de 160 – 180 €/t, les éleveurs doivent subir la pleine flambée des matières premières. Il faut comprendre, si on veut ensuite pouvoir orienter les choses et susciter des systèmes pour atténuer les variations.
Un autre sujet d'actualité nous interpelle. Les réglementations se superposent et nous mettent en position de fragilité. Au 10 septembre, les sols doivent être semés avec des CIPAN. C'est en dépit du bon sens, les sols sont bien trop sec. Nous demandons à l'administration qu'elle fasse confiance aux agriculteurs. Si nous respectons à la lettre les consignes, nous allons faire des bêtises, c'est certain. Nous risquons de devoir épandre quand il pleut, ou de semer des couverts végétaux qui ne lèveront jamais. J'ai visité plusieurs autres pays d'Europe. Je peux vous le dire, nous sommes dans le pays où l'administration est la plus prégnante”.
Daniel Prieur :
“Redonner de la liberté aux agriculteurs est une idée forte que nous défendons au niveau national. Le savoir-faire est chez les paysans. A l'heure où l'on parle de redressement productif, il faut arrêter de nous demander de faire des choses qui ne servent à rien. Les agriculteurs sont tout sauf des idiots quand ils travaillent la terre qu'ils ont héritée ou payée le prix fort. Nous demandons toujours une pause environnementale. On verra si sur ce sujet, le président Hollande n'est que la copie carbone de Nicolas Sarkozy. Avec cette flambée des matières premières agricoles, les éleveurs devraient aussi avoir des latitudes pour retourner des prairies en vue de semer des luzernes notamment. C'est un bon levier pour que les éleveurs puissent regagner un peu d'autonomie. Les politiques ont tout intérêt à ce que les agriculteurs aillent bien et qu'ils investissent dans leurs outils. Un investissement agricole est au moins trois fois rentable. Il fait fonctionner l'économie locale, il améliore les conditions de travail de l'agriculteur et il rend transmissible et pérenne l'exploitation”.
Ne jamais laisser les autres décider de notre avenir !
Le conseil d’administration de la FDSEA s’est tenu en présence de Daniel Prieur. L’occasion pour le secrétaire général de rappeler que la force de la FNSEA, c’est la présence sur tout le territoire de ses hommes et de ses femmes, ce qui permet de répondre aux sollicitations et aux besoins de tous les agriculteurs. Pour lui, le message est clair : “ne laissons pas les autres décider de notre avenir. Les dossiers doivent avancer en collaboration étroite avec le syndicalisme, seule manière de corriger les erreurs ou les dérives de l’administration ou de politiques. Et au regard de certains textes, de certaines décisions ou règles qui sont parfois émis, le danger est réel”.
“De danger, il en est justement question avec les conséquences de la décision de la Chambre d’Agriculture de voter, en juin dernier, contre le renouvellement du droit de préemption de la SAFER, a rebondi Patrice Lepainteur. Une décision lourde de conséquences puisque des agriculteurs, et je pense plus particulièrement aux jeunes, risquent de se voir écartés de terres agricoles au profit des collectivités”. A quand les premiers cas de non préemption et donc les premiers agriculteurs lésés ? Du côté de la SAFER, on n’écarte aucune hypothèse.