Gestion
Fin de carrière : le découplage change la donne
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Le découplage, en modifiant les conditions d’attribution des aides PAC, transforme les stratégies de fin de carrière.

Jeune bovin et jachère sont plus flexibles qu'un atelier laitier ou des cultures pérennes.
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La fin de carrière est caractérisée par l'âge de l'exploitant, qui fait que l'activité doit être bientôt cédée à un tiers, transmise à un proche ou arrêtée, un endettement faible, des bâtiments amortis et payés, et, souvent, une aspiration à travailler moins.
Une troisième voie avec le découplage
Avant la réforme, les exploitants en fin de carrière pouvaient choisir de céder leur activité ou de la poursuivre jusqu'à la reprise. Le découplage permet, dans une certaine mesure, de “lever le pied” tout en bénéficiant de la totalité des DPU.
Mise en sommeil de tout ou partie de l'exploitation ?
L'Excèdent Brut Découplé (EBD) permet d'évaluer rapidement les marges de manœuvre d'un exploitant qui envisage la mise en sommeil de son activité. Plus l'EBD est élevé, plus il y a de souplesse dans la gestion de fin de carrière.
Un choix décisif pour l'exploitation
La mise en sommeil peut être raisonnée selon son caractère réversible et sur la perte de valeur que ce choix peut entraîner. Les marges de manœuvres sont très différentes selon les ateliers. Par exemple, l'arrêt d'un atelier peut avoir une incidence sur le fonds agricole à travers le cheptel reproducteur, la perte d'un marché (système d'écoulement des produits et/ou part de marché), la dégradation de l'outil par manque d'activité, la perte des droits à produire (quotas laitiers) ou de droit à prime (PMTVA)…
Des marges de manœuvre différentes par atelier
On peut raisonner la mise en sommeil d'un atelier sur plusieurs plans :
• le niveau de marge hors aides découplées rapporté à la charge de travail et à l'objectif de revenu ;
• le niveau de découplage des soutiens directs qui réduit la plus value de production par rapport à l'arrêt de l'atelier ;
• le caractère réversible de l'activité.
L'engraissement de bovin très sensible car très flexible
Avec la jachère volontaire, ce sont les deux seuls ateliers pour lesquels la réflexion change profondément depuis la mise en place du découplage.
La réversibilité peut être considérée comme totale (en fonction des cours des broutards, de la disponibilité en fourrage, du temps potentiel à consacrer à l'atelier). Les bâtiments peuvent facilement être reconvertis (stockage de matériel…). L'expérience montre toutefois que les agriculteurs qui ont choisi d'arrêter une activité d'engraissement reprennent rarement.
La trésorerie immobilisée pour l'engraissement (achat de broutards) explique en grande partie ce constat. On peut imaginer qu'une conjoncture défavorable dans ce secteur se traduise par des arrêts nombreux d'ateliers surtout pour des bâtiments amortis et payés et des exploitants qui aspirent à travailler moins.
Stopper le lait, une décision très implicante
Le découplage donne de bonnes marges de manœuvre à un exploitant laitier en fin de carrière. Il peut s'arrêter de traire en conservant l'aide découplée, mais perdra son quota, ce qui peut réduire la valeur de l'exploitation…
La création d'une société civile laitière peut, dans ce cas, être une bonne alternative transitoire…
La certitude de l'absence de reprise du lait peut inciter un exploitant en fin de carrière à transformer sa production laitière en production de viande : la présence de races mixtes dans le troupeau peut être un plus. Ramenée à la vache, l'aide laitière découplée correspond à la PMTVA en valeur.
La perception de l'ACAL (aide à la cessation de l’activité laitière) peut alors s'avérer décisive.
Percevoir des DPU entraîne un certain nombre de charges incompressibles : foncier, entretien des terres dans le respect de la conditionnalité, assurances, etc. Le versement des aides découplées peut générer un revenu indépendamment de l’activité productive. Ce solde, appelé Excédent Brut
Découplé, correspond à l’excédent brut que dégage l’exploitation en dehors de toute production.
Une troisième voie avec le découplage
Avant la réforme, les exploitants en fin de carrière pouvaient choisir de céder leur activité ou de la poursuivre jusqu'à la reprise. Le découplage permet, dans une certaine mesure, de “lever le pied” tout en bénéficiant de la totalité des DPU.
Mise en sommeil de tout ou partie de l'exploitation ?
L'Excèdent Brut Découplé (EBD) permet d'évaluer rapidement les marges de manœuvre d'un exploitant qui envisage la mise en sommeil de son activité. Plus l'EBD est élevé, plus il y a de souplesse dans la gestion de fin de carrière.
Un choix décisif pour l'exploitation
La mise en sommeil peut être raisonnée selon son caractère réversible et sur la perte de valeur que ce choix peut entraîner. Les marges de manœuvres sont très différentes selon les ateliers. Par exemple, l'arrêt d'un atelier peut avoir une incidence sur le fonds agricole à travers le cheptel reproducteur, la perte d'un marché (système d'écoulement des produits et/ou part de marché), la dégradation de l'outil par manque d'activité, la perte des droits à produire (quotas laitiers) ou de droit à prime (PMTVA)…
Des marges de manœuvre différentes par atelier
On peut raisonner la mise en sommeil d'un atelier sur plusieurs plans :
• le niveau de marge hors aides découplées rapporté à la charge de travail et à l'objectif de revenu ;
• le niveau de découplage des soutiens directs qui réduit la plus value de production par rapport à l'arrêt de l'atelier ;
• le caractère réversible de l'activité.
L'engraissement de bovin très sensible car très flexible
Avec la jachère volontaire, ce sont les deux seuls ateliers pour lesquels la réflexion change profondément depuis la mise en place du découplage.
La réversibilité peut être considérée comme totale (en fonction des cours des broutards, de la disponibilité en fourrage, du temps potentiel à consacrer à l'atelier). Les bâtiments peuvent facilement être reconvertis (stockage de matériel…). L'expérience montre toutefois que les agriculteurs qui ont choisi d'arrêter une activité d'engraissement reprennent rarement.
La trésorerie immobilisée pour l'engraissement (achat de broutards) explique en grande partie ce constat. On peut imaginer qu'une conjoncture défavorable dans ce secteur se traduise par des arrêts nombreux d'ateliers surtout pour des bâtiments amortis et payés et des exploitants qui aspirent à travailler moins.
Stopper le lait, une décision très implicante
Le découplage donne de bonnes marges de manœuvre à un exploitant laitier en fin de carrière. Il peut s'arrêter de traire en conservant l'aide découplée, mais perdra son quota, ce qui peut réduire la valeur de l'exploitation…
La création d'une société civile laitière peut, dans ce cas, être une bonne alternative transitoire…
La certitude de l'absence de reprise du lait peut inciter un exploitant en fin de carrière à transformer sa production laitière en production de viande : la présence de races mixtes dans le troupeau peut être un plus. Ramenée à la vache, l'aide laitière découplée correspond à la PMTVA en valeur.
La perception de l'ACAL (aide à la cessation de l’activité laitière) peut alors s'avérer décisive.
Excédent Brut Découplé (EBD)
• Un nouveau critère de gestion suite au découplage des aidesPercevoir des DPU entraîne un certain nombre de charges incompressibles : foncier, entretien des terres dans le respect de la conditionnalité, assurances, etc. Le versement des aides découplées peut générer un revenu indépendamment de l’activité productive. Ce solde, appelé Excédent Brut
Découplé, correspond à l’excédent brut que dégage l’exploitation en dehors de toute production.