Jean-Michel Lemétayer reçu à Matignon
FNSEA et JA plaident pour le revenu
A la veille de la Conférence nationale sur le revenu des agriculteurs, le président de la FNSEA a rappelé au Premier ministre ce qu’attend la profession, notamment pour les secteurs les plus fragilisé. En Basse-Normandie, FRSEA, FDSEA et JA ont pointé du doigt la grande distribution et pique-niqué devant les Préfectures pour mettre les pouvoirs publics devant leurs responsabilités.






















































































« Le Premier ministre a conscience qu’il faut agir pour les situations les plus fragiles. » C’est sur un ton résolument optimiste que Jean-Michel Lemétayer a commenté son entrevue du 4 novembre avec François Fillon, sur le perron de l’Hôtel Matignon, le 4 novembre. Le président de la FNSEA voulait expliquer au Premier ministre les raisons de la journée nationale d’action du 7 novembre lancée par la FNSEA et JA, et surtout qu’il fallait « impérieusement des mesures pour les secteurs agricoles les plus fragiles » comme les élevages à viande bovins et ovins, mais aussi pour le porc et la volaille. Des mesures que la FNSEA attend pour la Conférence nationale sur le revenu des agriculteurs du 12 novembre, qui se tient au ministère de l’Agriculture. François Fillon ne s’est engagé sur aucune enveloppe précise, les arbitrages étant encore en cours entre Matignon et le ministère. Jean-Michel Lemétayer a juste indiqué qu’« il y aura des mesures annoncées sur des allègements de charges, des prises en charge d’intérêts d’emprunts ou des reports de cotisations sociales, etc. ».
Hausse des charges
L’élevage souffre de la hausse des charges d’exploitation depuis plus d’un an et demi, et notamment de celle, forte, du prix de l’aliment du bétail en 2007 et 2008, en raison de la flambée des matières premières agricoles comme le blé ou le maïs jusqu’à l’été 2008. Le prix des engrais a aussi bondi. Enfin, le leader syndical critique certains acteurs de l’énergie, « plus prompts à passer les hausses de tarifs notamment pour le gaz, et je pense aux conséquences pour les serristes, que les baisses quand le prix du baril de pétrole se met à baisser comme aujourd’hui ». Et le prix du gaz est indexé à celui du brut.
Plus généralement, le président de la FNSEA a rappelé que la conférence du 12 novembre portera sur l’augmentation des charges dans toutes les filières et les situations différentes de revenu dans la Ferme France. Sur le fait qu’un mécanisme de solidarité agricole entre grandes cultures et élevage n’a toujours pas vu le jour, Jean-Michel Lemétayer a affirmé sans détours : « J’aurais vraiment souhaité que les grandes cultures fassent un geste afin de compenser la hausse de l’aliment du bétail pour les éleveurs. J’avais eu leur accord de principe. Même s’il y a un retournement du marché aujourd’hui, il ne faut pas que les grandes cultures oublient la bonne année 2007 et le bon début d’année 2008. »
Epineuses relations commerciales
De plus, dans ce contexte de retournement des marchés qui voient par exemple le cours des produits laitiers industriels ou du maïs refluer sensiblement, la FNSEA dénonce « une situation intenable dont se sert la distribution pour peser sur les offres de tarifs des fournisseurs qui sont nos clients, et la discussion laitière en est un bon exemple ». Un accord n’a pu d’ailleurs être trouvé le 4 novembre entre producteurs laitiers et industriels sur un prix du lait pour fin 2008 et début 2009.
Enfin, concernant l’épizootie de fièvre catarrhale ovine (FCO) qui sévit en France, le président de la FNSEA attend du gouvernement l’annonce d’une enveloppe supplémentaire pour indemniser les éleveurs touchés par les limitations des mouvements d’animaux dans les zones réglementées, alors que leurs bêtes sont indemnes.