JA 14 : les endives pour toucher le grand public
Les JA poursuivent leur série de portes ouvertes destinées aux calvadosiens. Samedi 5 octobre, c’est l’endiverie Decaen à Cambes-en-Plaine (14) qui s’y est attelée. Au menu de la visite, des endives mais aussi des remarques bien placées sur l’agribashing.



Une visite réalisée par Sylvain Decaen, c’est l’assurance d’une explication claire, nette et précise. Pour commencer, une vidéo retrace le travail de l’endive que la famille Decaen exploite depuis 1947 à Cambes-en-Plaine. Semis, arrachage, chambre noire, commercialisation, toutes les étapes sont détaillées. « C’est la période de semis qui est délicate, explique Sylvain Decaen, là on commence à mal dormir. » Dans les bâtiments vidés des 15 salariées habituels, Sylvain Decaen reconstitue le travail de l’atelier, la mise en bacs des racines pour le développement en chambre noire, le stockage en palox, la mise en sachet.
L’agriculteur en profite pour glisser quelques remarques sur son métier. La fermeture de Cagny d’abord, puis la fin de la féverole à la suite de l’interdiction de la deltaméthrine. « Nous avons perdu deux têtes d’assolement, résume-t-il. Je souligne l’inquiétude des agriculteurs ». Une injustice pour lui, au regard des attaques contre sa profession et de l’accusation « d’être des pollueurs. On est très malheureux d’être stigmatisé de cette façon-là ». Sylvain Decaen tente de défaire quelques idées reçues et répond au débat sur les ZNT en rappelant l’histoire de l’endiverie. En 1979, son père bâtit un corps de ferme dans ce qui était encore une zone reculée. Il fait installer l’eau et l’électricité. « C’est ce qui a facilité plus tard l’arrivée de nouveaux habitants, souligne-t-il, ceux qui se plaignent aujourd’hui de notre travail... »
Le public, une centaine de personnes dans la journée, est conquis par cette découverte. « C’est extraordinaire », s’exclame Christiane. Amoureuse du chicon, elle s’est mise à la culture d’endives, mais à petite échelle. Avec son mari, retraité de la fonction publique, ils cultivent leur propre potager, « sans pesticides ». Le sujet est présent. Dominique pose la question à Sylvain Decaen au cours de la visite : « quels pesticides utilisez-vous ? Etes-vous contrôlés ? » Les réponses de l’agriculteur convainquent. « Ce que je retiens, c’est que l’agriculture raisonnée, c’est mieux que le bio », déclare la visiteuse, venue de Courseulles par curiosité.
Bienvenue chez les agri’s
« Les personnes présentes sont essentiellement des voisins, des gens de la profession et des agriculteurs à la retraite », indique Antoine Bossuyt, secrétaire général de JA Calvados. La visite de l’endiverie entre dans la démarche « Bienvenue chez les agri’s » initiée par le syndicat depuis deux ans. « On veut montrer aux gens ce qui se passe derrière ce qu’ils mangent. On est transparent sur tous les thèmes : phytosanitaires, salariés. Pour les voisins, ça permet aussi de se rendre compte de ce qu’il y a dans le bâtiment ». Une opération devrait avoir lieu à Noël pour clôturer l’année. « On reprendra l’an prochain avec une visite sur les parcelles pour voir l’endive pousser. On espère enfin ouvrir une ferme laitière au grand public ». Les JA négocient avec la municipalité de Caen pour recréer une ferme éphémère dans le centre-ville.