JEUNES AGRICULTEURS
“Je me suis engagé comme pompier”
A 24 ans, l’éleveur laitier Cyril Morin est volontaire au centre de secours
de Céaucé. Les pompiers seront présents à la Fête de la Terre le 26 août prochain.


dans l'Orne. Ici à Alençon lors d'une cession de formation
de volontaires.

Il lui reste le "baptême du feu" à effectuer, le dernier cycle de la formation qui lui permettra d'intervenir en cas d'incendie. Mais Cyril Morin jeune agriculteur à Torchamp, dans le bocage domfrontais, est déjà opérationnel pour porter secours en cas de malaises, accidents du travail ou de la route, sur le secteur du centre de secours de Céaucé dans l'Orne. S'il est déjà intervenu quelquefois, il le sait, il n'en est qu'au tout début de son engagement et de son expérience de volontaire. “A moins d'être fasciné par la profession, on ne devient pas pompier volontaire spontanément, explique Bernard Letissier, chef du centre de secours de Céaucé. C'est souvent par des copains ou l'entourage qu'on est sollicité puis qu'on se laisse tenter. Il faut un petit déclic”. Le déclic pour Cyril, ce fut l'émulation avec trois autres amis d'enfance du même âge, qui se sont motivés ensemble à franchir le pas. “Il y a trois cycles de formation de dix jours. C'était plus motivant d'y aller avec des amis”, observe Cyril Morin. “Quand on ne connaît pas, cela peut faire un peu peur de devenir pompier, admet Bernard Letissier. Les gens se font parfois une idée fausse de la réalité, même si c'est vrai qu'il y a des interventions qui peuvent marquer”.
Un planning souple.
Témoin permanent de son engagement, le “bip” que Cyril a toujours sur lui, est une sorte d'hybride entre le talkie-walkie et le téléphone portable. Le jeune agriculteur est ainsi joignable en permanence au même titre que les 26 autres membres du centre de Céaucé, tous bénévoles. Mais l'agriculteur sait que lors de la traite par exemple, il ne sera appelé qu'en dernier recours.”Tous les mois, on fait le planning et j'indique les plages horaires pour lesquelles je ne serai pas disponible. Mais cela reste assez souple. Je peux changer mes périodes de disponibilité à chaque instant, en laissant un message sur la boîte vocale dédiée”. “Devenir pompier, cela ne veut pas dire qu'il faut s'arrêter de travailler, d'avoir des loisirs ou de partir en vacances”, rassure le capitaine Alain Bac, chargé de promouvoir le volontariat dans le département.
Bonne ambiance.
Les appels au secours sont centralisés au centre d'Alençon qui évalue les besoins avant d'envoyer les volontaires les mieux à même de remplir la mission. Les pompiers doivent pouvoir se rendre sur les lieux en 20 minutes. Le centre de Céaucé réalise en moyenne 120 interventions par an. “Un peu plus de deux par semaine en moyenne, mais le rythme est très variable. Il peut nous arriver d'intervenir trois fois dans la même journée”, note Bernard Letissier. Pour Cyril, la bonne entente au sein de l'équipe compte énormément dans son investissement. “On est tous volontaires. Cela serait vraiment dommage que cela se passe mal entre les gens. C'est important qu'il y ait une bonne ambiance”.