Jean Bizet s'invite au débat sur les OGM
"J.L. Borloo ? Des propos ambigus et contradictoires
Jean Bizet s'invite au débat sur les OGM
Les propos de Jean-Louis Borloo font des vagues. Jean Bizet (Manche), spécialiste des OGM au sénat lui répond.

Jean Bizet, “le dossier des OGM est un enjeu stratégique pour l’agriculture française”.
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E.C.
L’intervention du ministre de l’écologie, sur les OGM, celle de Michel Barnier, ministre de l’agriculture, ont ajouté à la confusion du débat. Dans la Manche, Jean Bizet, Sénateur UMP, rapporteur du budget de l’Ecologie et du Développement durable, lui, s’inquiète donc des propos de J. L Borloo. “Ils sont ambigus et contradictoires sur ce dossier des organismes génétiquement modifiés (O.G.M.). Pour moi, au-delà des avis du Grenelle de l’Environnement, la France devra adopter une attitude cohérente avec ses engagements européens et ses partenaires”.
Il s’agit tout de même d’un débat passionné, de part et d’autre ?
“Le sujet, qui engage la compétitivité de certaines filières agricoles et agroalimentaires dans le respect de la protection de notre environnement et de la santé de nos concitoyens, a reçu des avis positifs extrêmement clairs de l’OMS, de l’AFSSA, de l’Académie des Sciences, de l’Académie de Médecine et de l’INRA. Par ailleurs, je rappelle que depuis de nombreuses années le Sénat a rationalisé et dépassionné ce débat. En transposant en mars 2006 la directive 2001/18 sur la coexistence des cultures, il a jeté les bases d’une loi fondatrice sur les biotechnologies que l’Assemblée Nationale devrait à son tour examiner”.
Concrètement, que demandez-vous à J.L. Boorlo, qui apparemment n’est pas très “pro-OGM” ?
“Je demande tout simplement au Ministre d’Etat, Ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables comment il souhaite assurer le développement des productions céréalières françaises, comme s’y est engagé le Président de la République le 11 septembre dernier au Space à Rennes. En effet, si les agriculteurs français restent à l’écart des évolutions de la sélection variétale, ils ne seront plus propriétaires de leurs propres semences dans l’avenir”.
Qui devra prendre les vraies décisions sur les OGM ?
“On vit dans l’hypocrisie la plus totale. 57% du soja dans le monde est transgénique. Or comme en Europe, on est évidemment déficitaire sur cette culture, nous en importons depuis des années. J’ai toujours demandé la plus grande transparence sur l’étiquetage, que nous avons obtenu au niveau européen avec la plus grande difficulté. Enfin, n’oublions pas que le dossier des OGM est un sujet qui relève de l’intelligence économique (enjeu géostratégique) pour l’indépendance et le développement de l’agriculture et de l’agro-alimentaire de l’Europe. Quelque soit les avis du Grenelle de l’Environnement, il appartiendra à la représentation nationale et à elle seule, en cohérence avec le conseil et le parlement européens, de prendre les décisions adéquates.”