Chambre régionale d'Agriculture
La "bio" met le turbo
Chambre régionale d'Agriculture
Principal sujet de la session de vendredi dernier, à Caen, l’agriculture biologique et ses enjeux.

Elisabeth Mercier (au centre), “ Nous risquons de manquer d’approvisionnement en céréales “bio”, nous obligeant à en importe. Idem pour les légumes”.
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E.C.
Alors que le Grenelle de l’Environnement devrait déboucher sur la mise en place d’une Haute Autorité et d’une loi sur les OGM avant février prochain, l’agriculture biologique se rapelle au bon souvenir de la Normandie. Réunis vendredi dernier à Caen, les élus de la Chambre Régionale (regroupant la Haute et la Basse-Normandie) ont planché sur le sujet pendant toute une après-midi. Pas de doute, le bio fait partie des cinq chantiers prioritaires que les élus veulent faire avancer d’ici 2013.
Innovation, partenariat
Fer de lance de la nouvelle donne régionale, la mise en oeuvre d’un dispositif recherche-innovation “agriculture Normande”. Sous cette appellation, on trouve toute une panoplie de sujets : méthodes respectueuses de l’environnement, production et valorisation des références au niveau d’un groupe “chambres” ou encore partenariats avec les acteurs de la recherche comme l’Inra, les universités ou les pôles de compétitivité. Comme le souligne le président de la Chambre Régionale, Daniel Génissel, “nous devons développer la prospective, faire une “Task Force”, bref construire une véritable interface amont/aval”. Autre chantier notable, le renforcement d’une politique “élevage durable” sur la région en développant les référentiels production “herbe” tout en consolidant les filières lait et viande. La production cidricole n’est pas oubliée, loin de là avec un constat, “la région est référente en la matière. Lançons un plan de reconquête avec une production adaptée aux marchés, tout en demandant aux quinze organisations cidricoles de se fédérer”. L’occasion pour Jean-Luc Duval (Orne), de lancer, “des marchés émergent, nous devons inciter à replanter sans sombrer dans les querelles haute/basse tiges”.
Concrètement, ces cinq chantiers devront aussi renforcer la mutualisation des moyens des différentes chambres normandes avec, et c’est une sacrée avancée, “la mise en oeuvre d’un marketing commun des services et une stratégie commune de communication”, sans oublier une formation des agents pour une “culture commune et un sentiment d’appartenance au même réseau”.
Côté budget, ce n’est pas la panacée pour la Chambre régionale; le déficit devrait continuer en 2008 avant un la présentation d’un budget équilibré en 2009.
Bio ? Développement !
Impossible de parler d’agriculture biologique sans évoquer le Grenelle de l’environnement. Pascal Férey et Rémi Bailhache (Manche), qui y ont participé, chacun dans des groupes différents, ont livré leur conclusion. “Le véritable travail sur le terrain va commencer, à commencer par les chambres d’agriculture”. Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio, elle, en véritable “passionnaria” de cette filière a développé pendant plus d’une heure la dynamique du secteur en France et les évolutions générales en Europe et dans le Monde. “Sur le plan national, la lenteur de ses dernières années a permis de consolider les bases. Aujourd’hui, nous pouvons envisager avec beaucoup de confiance un bon développement”. E. Mercier fait d’ailleurs les yeux doux à la restauration collective, car elle sait que ce créneau sera le véritable déclencheur, notamment au niveau des jeunes génétations, d’un changement d’habitude alimentaire. Surprise, l’Europe, globalement semble pourtant manquer d’approvisionnement en “bio” sur certains produits comme les céréales ou les légumes. “La France doit avoir une stratégie en la matière, sinon elle subira les importations”.