Jean Geelen, producteur de lait Belge
“La coopérative ne nous appartient pas, on la loue à nos enfants”
Jean Geelen est producteur Belge de lait au centre d’un triangle Maastricht/Liège/Aix-la-Chapelle. Il est par ailleurs vice-président de la coopérative Milcobel qui fabrique notamment des crèmes glacées YSCO dont une des usines est située à Argentan (61). Il était le grand témoin lors de l’assemblée générale de la filière lait d’AGRIAL. Morceaux choisis.

L’exploitation. Jean Geelen et sa femme se sont installés en 1983 sur 64 ha dont 40 en propriété pour un quota de 400 000 l. Victimes de la brucellose en 1987 et 1990, ils ont fait face. “Quand tu redémarres, tu mets un peu plus les gaz”. En 1991, ils reprennent l’exploitation des beaux-parents, mais comme en Belgique à l’époque, “on voulait garder trop de fermiers”, ils ont mis le quota sous deux noms en obtenant le droit de ne traire que sur un seul site. En 1996, construction d’une nouvelle stabulation 120 logettes, salle de traites (arrière) 2 X10 pour un quota de 915 000 l et un total de 210 têtes.
Le foncier. “En France, vous avez de la chance. Vous avez des hectares”. Jean Geelen doit épandre tous les ans 600 millions de litres de lisier chez des tiers. “Céréales ou pomme de terre. Nous payons tout et ça coûte très cher. A l’avenir, ça nous coincera toujours”. Face à cette recherche d’hectares à lisier, le prix de terres flambe. 4 fois plus cher en moyenne qu’en France.
L’équipement. “Il ne faut pas avoir peur de demander les services de l’entrepreneur”. Une bonne salle de traite, c’est l’essentiel. Pour le reste, il délègue. “Certains considèrent que ça coûte trop cher mais ça l’est toujours moins que d’investir dans du matériel. Quand le prix du lait était au plus haut, les poches des fermiers étaient bien remplies. Certains ont acheté un nouveau tracteur alors que c’était un nouveau siège pour le tracteur qu’il fallait acheter”.
Dans 10 ans. La Belgique aujourd’hui, c’est une collecte de 3,3 milliards de litres avec 9 500 producteurs et 500 000 vaches. “D’ici 10 ans, nous ne serons plus que 5 000 producteurs”, pronostique Jean Geelen. Mais produire plus, ce ne sera pas pour tout le monde car nous sommes bridés par les surfaces et la directive nitrate”. Après les quotas, la production Belge ne devrait donc pas exploser. Un plus 10 % mais pas chez tout le monde.
Prix. Chez Milcobel, le prix du lait est fixé au mois. “Le prix vient du marché. On livre d’abord, on paye après”, assume le vice-président de la coopérative. Les amplitudes sont plus importantes qu’en France, descendant plus bas et montant plus haut avec le risque “de voir la rose trop rose. Si le prix du lait est trop élevé, tout le monde voudra en faire”.
Milcobel. Milcobel, c’est 1,1 milliard de litres de collecte auprès de 3 300 membres. Fruit de fusion de fusion, la coopérative a pour feuille de route la garantie du débouché avec l’ambition d’un prix équitable. “On prend tout le lait mais à un seul prix”. Ses débouchés sont très diversifiés et segmentés. Ça marche mais c’est lourd en investissement de toutes sortes : 40 Me/an.
2015. Jean Geelen estime que sa coopérative doit rester fermée jusqu’en 2015. Au-delà et si ouverture il doit y avoir, elle doit se faire sur la base d’une affiliation sérieuse avec un apport au capital significatif (5 e/100 l). “Il faudra alors 10 ans à tout nouveau membre pour rentabiliser sa mise de fonds. Et si après 10 ans, il s’en va, ce sera de notre faute. Cela voudra dire que l’on aura pas travaillé comme il faut”.
Milcobel : 8 sites de production en Belgique et en France
Milcobel est organisée en holding qui, outre l’achat et la vente de lait, est l’unique actionnaire des quatre filiales qui ont chacune une activité spécifique :
- beurre, poudre de lait et fromage (Belgomilk),
- lait de consommation et dérivés (INZA),
- crème glacée (Ysco),
- vente, emballage et découpe de fromage (Kaasimport Jan Dupont et Camal).