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Machinisme
La distribution mécanisée de l’alimentation

En élevages allaitants, à chacun sa solution.

© CA 27

L’alimentation représente plus de la moitié du temps de travail d’astreinte en élevage allaitant, quel que soit le système d’élevage et les aliments utilisés. Au-delà du caractère répétitif de ce travail, du temps a y consacrer, la pénibilité de certaines tâches : seaux à porter, balles à dérouler… peuvent vite devenir une contrainte.La mécanisation de l’alimentation est une solution pour faciliter la distribution des fourrages et des concentrés, mais l’investissement doit être bien raisonné par rapport aux besoins, à la taille du troupeau.


Les principaux points à prendre en compte

Le choix du matériel de distribution doit tenir compte de :- de la capacité d’investissement de l’exploitation ;- de la main d’œuvre disponible et du temps à consacrer à cette tâche ;- de la taille du cheptel et de la durée d’hivernage ;- du type et du nombre d’aliments disponibles sur l’exploitation ;- de l’organisation des bâtiments (largeur couloir, hauteur bâtiments, accès, distribution droite ; gauche ;- du parc traction disponible : nombre de tracteurs, puissances, présence télescopique… ;- la distance entre les stabulations-les silos et le stockage des fourrages.


Conclusion

L’acquisition d’un matériel de distribution adapté à l’exploitation, au volume et aux types de fourrages à distribuer est un bon moyen de réduire la pénibilité de l’astreinte de l’alimentation et parfois aussi du paillage.Dans les exploitations qui disposent de plusieurs aliments à distribuer, l’option mélange peut permettre d’améliorer l’efficacité de la ration.A l’occasion de cette acquisition, il peut être judicieux de penser à l’option pesée qui permettra de contrôler les quantités réellement distribuées.Cependant, il n’est pas inutile de rappeler que la mécanisation (amortissement, entretien, carburant), constitue le premier poste de charges de structures, qui connaît la plus forte évolution ces dernières années.Il est donc impératif d’adapter l’investissement à la taille du troupeau, et de réfléchir à l’évolution du système fourrager pour maximiser les temps de pâturage et simplifier le rationnement hivernal.

Témoignage n° 1 - Une mélangeuse pour améliorer nutrition et conditions de travail

A quelle occasion avez-vous engagé la réflexion sur les moyens pour les tâches d’alimentation ?“

Je cherchais à optimiser mes conditions de travail sans détériorer les performances techniques de mon cheptel en ayant une ration la plus économique possible. Pour cela je voulais passer à 2 paillages par semaine et à une distribution de l’alimentation 5 fois par semaine en faisant l’impasse le mercredi et le dimanche”.


Que vous a apporté l’adoption de la mélangeuse ?

“Au-delà de la réduction de la pénibilité dans le travail, l’utilisation de la mélangeuse  permet de défibrer et d’incorporer de la paille et de l’enrubannage dans le rationnement. La fraise laisse un front d’attaque net, source d’une meilleure conservation. Le système de pesée permet d’être précis par rapport aux quantités à apporter et au mélange à réaliser. Le bon équilibre de la ration se traduit aussi par un IVV moyen de 374 jours, indicateur d’une bonne fécondité. Les animaux sont calmes, en bon état corporel et avec de bonnes croissances”.


Témoignage n° 2 - Un godet désileur pour mélanger et ne plus porter de seaux…

Etes vous satisfait du choix de votre godet désileur ?

“Après 10 ans de service de mon ancien godet, je me suis posé la question d’acheter un bol mélangeur. Mais après mûre réflexion, l’organisation des bâtiments, le coût de l’investissement et la mobilisation d’un tracteur supplémentaire sur le bol m’ont dissuadé de ce type de matériel. J’ai donc opté pour l’achat d’un godet désileur qui m’apporte polyvalence, simplicité et efficacité dans mon travail”.

En quoi ce matériel a-t-il simplifié votre travail ?

“Avant, mon épouse m’aidait en assurant matin et soir la distribution des concentrés. Mais avec 3 kg de céréales par jeune bovin, la pénibilité devenait trop importante. Maintenant plus de seaux à porter et le mélange m’a permis de passer à une seule distribution par jour. Aujourd’hui je me fais livrer mes concentrés par 25 T pour avoir des prix plus avantageux et j’achète mes minéraux en big-bag. Je remplis mon godet d’aliments grossiers et j’y ajoute les concentrés et les CMV à la pelle. Ensuite j’actionne le mélange qui reste assez sommaire et pour parfaire ce mélange je remplis les auges en faisant un aller retour. Le peson est indispensable pour assurer des mélanges précis. Je peux également jouer les opportunistes en fonction du coût des coproduits disponibles et ainsi diminuer le coût de mes rations”.

Témoignage n° 3 - La dérouleuse : un outil adéquat pour les systèmes herbagers

Pourquoi avoir fait le choix de la dérouleuse ?

“Lorsque je me suis installée en 1993, j’ai fait le choix de l’enrubannage comme fourrage principal. En effet, étant éleveur herbager dans une zone de cultures avec peu d’éleveurs à proximité, les chantiers d’ensilage sont difficiles à envisager. De plus, n’ayant pas suffisamment de bâtiments de stockage pour les fourrages, l’enrubannage me permet aussi de mettre ma paille à l’abri, surtout que celle-ci est en grande partie achetée. Au départ, je déroulais manuellement, la pente du bâtiment m’aidant dans cette tâche. En 2000, j’ai eu un lumbago sciatique, ce fut le facteur déclanchant de l’achat de la première dérouleuse”.


Quelles recommandations donneriez-vous à un éleveur qui ferait le choix d’une dérouleuse ?

“D’abord, l’option de paillage se réfléchit en fonction de la longueur de l’aire paillée si l’on veut pailler depuis le couloir. Il faut également raisonner l’investissement en fonction de la capacité du télescopique ou du tracteur : débit d’huile, déport par rapport aux roues du chargeur, choix du côté d’alimentation… La maniabilité est plus délicate avec une machine lourde. Il faut veiller à la qualité du pressage pour faciliter le déroulage : poids de la boule, qualité du noyau de pressage, roundballer pas trop “ovalisé” pour éviter les saccades de la machine et le choix du liage en préférant les ficelles au filet”.


Témoignage n° 4 - Une désileuse pailleuse portée qui rime avec simplicité, capacité adaptée, maniabilité et efficacité

En quoi la désileuse pailleuse est-elle adaptée à votre élevage ?

“Quand je me suis installé, il y avait déjà une petite désileuse sur l’exploitation. Le paillage était manuel mais un jour je me suis fait chargé par un bovin et j’ai donc opté pour une désileuse pailleuse. Je continue de donner l’enrubannage à la main car la machine ne me permet pas de distribuer ce fourrage. Je suis satisfait de la désileuse pailleuse. Cet équipement est adapté à la largeur et à la localisation de mes bâtiments par rapport aux silos. De même, la capacité correspond bien à la taille et à la gestion de mes 4 lots d’animaux (VA gestantes, VA vêlées, génisses et taurillons)”.


Quels sont les avantages et les inconvénients de ce matériel ?

“L’hiver, je n’ai besoin de mettre en route qu’un seul tracteur pour faire tout le travail. Néanmoins, la désileuse pesant une tonne à vide, il faut un ensemble tracteur + fourche pas trop léger pour bien équilibrer les charges. Un 80 cv avec une hydrofourche fait l’affaire sans problème. La goulotte en position haute permet d’alimenter aussi bien au sol que dans les bacs. Il faut également adapter la taille des boules à la machine. Pour mon modèle, je sais qu’il ne faut pas dépasser 1,35 mètre de diamètre. La désileuse portée est très maniable et permet de diminuer la pénibilité. Je peux pailler tous les jours sans perdre beaucoup de temps et mes bêtes sont beaucoup plus propres. Par contre, l’espace derrière le tracteur, l’électricité, la manette de paillage, le cardan, le relevage, le 3e point et les 2 prises hydrauliques rendent l’outil peu pratique à décrocher”. 

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