CUMA du Calvados
La FD CUMA souhaite “pépinièriser” l’emploi pour lever les freins à l’embauche
Le réseau CUMA n’est pas à court d’idées. James Louvet (président de la FD CUMA du Calvados) a annoncé le lancement d’un programme sur 3 ans visant à faciliter l’emploi au sein des CUMA. Autre fer au feu : devenir acteur dans le cadre du contrôle obligatoire des pulvérisateurs.

Créer un groupement d’employeurs porté par les FD CUMA. Tel est le nouveau service que le réseau bas-normand propose d’inscrire à son menu. Point de départ de cette réflexion : des structures qui grandissent, donc un surcroît de travail dans les exploitations alors que, parallèlement, on assiste à une baisse de la main-d’œuvre disponible. Autre postulat : l’obligation économique de maîtriser ses charges de mécanisation qui, selon une étude du CER, varient de 200 à 600 E/ha.
Réponse : la CUMA “mais qui conduira les machines demain ?”, s’interroge James Louvet, président de la FD CUMA Calvados qui tenait, la semaine dernière à Cambremer, son assemblée générale.
Freins et atouts à l’embauche en CUMA
Ce plan emploi, proposé par les FD CUMA et démarré récemment, est programmé sur 3 ans. Etat des lieux, accompagnement des groupes, faisabilité d’une pépinière, promotion des métiers (...) en constituent les différentes étapes.
Les porteurs de ce projet ont déjà pu lister les principaux freins à l’embauche en CUMA : hésitation des adhérents à s’engager, peur de laisser découvrir sa stratégie d’entreprise et de développement, crainte des lourdeurs administratives, estimation d’un coût trop élevé... De quoi peut-être refréner les ardeurs de quelques uns mais d’autres atouts constituent autant d’éléments de recevabilité. Amélioration de l’entretien et optimisation du matériel, gains de productivité, service clés en mains, tranquillité et sécurité pour les adhérents notamment au chapitre des plus.
Face à cette inéquation, les FD CUMA proposent de jouer un rôle de back office pour créer une dynamique de l’emploi. De l’analyse des besoins quantitatifs et qualitatifs à la finalisation de l’embauche en passant par la détermination du profil du candidat, c’est une véritable mise en pépinière de l’emploi qu’elle imagine par un accompagnement temporaire. Concrètement, elles se substituent dans un premier temps à (aux) la CUMA employeur en proposant par exemple un CDD (Contrat à Durée Déterminée). Au terme de cette “période d’essai”, un bilan est dressé pour confirmer ou infirmer les options retenues. Dans le premier cas, la (les) CUMA devient l’employeur officiel. Dans le second, le retour à la case départ reste possible. “Cette pépinière, c’est un nouvel outil d’aide à la décision à l’embauche en CUMA”, résume Joël Lafontaine, président de la FD CUMA de l’Orne.
Au service du contrôle obligatoire des pulvérisateurs
Autre offre de service du réseau CUMA : le contrôle des pulvérisateurs devenu obligatoire depuis cette année. Adieu Pulvé Mieux. La procédure et les normes de contrôle se sont durcies. Mais à qui s’adresser pour se mettre aux normes ? En l’état, dans le Calvados, nul n’est homologué à pratiquer cette opération. Fortes de leur expérience avec le banc d’essai tracteur, les FD CUMA bas-normandes devraient s’équiper d’un banc de contrôle mobile et recruter un agent spécialisé. “Une prestation réalisée en partenariat avec les concessionnaires de machines agricoles, les artisans ruraux et les coopératives, insistent-elles, et qui s’adresse à tous les agriculteurs, cumistes et non cumistes”.
Pour le Calvados, cette nouvelle règlementation concerne 400 pulvérisateurs par an. Le coût du contrôle devrait se situer aux alentours de 200 e. Objectif annoncé par Etienne Fels (directeur de la FD CUMA) : “être opérationnel à l’automne”.
Projet
Désileuses automotrices dans le Bocage ?
On dénombre une cinquantaine de désileuses automotrices en CUMA dans le Grand Ouest dont une dans le Calvados (Castillon-en-Auge). Selon une étude récente, les groupes constitués (4 à 16 adhérents avec dans 90 % des cas un salarié) affichent un volume de production variant de 1,5 à 6 millions de litres correspondant à des quotas de 150 000 à 800 000 litres par exploitation. Ces désileuses parcourent 15 à 50 km/jour pour des tournées de 45 mn à 6 h. Pour un investissement de 90 000 à 140 000 e, la facture s’élève à environ 20 e/jour pour faire distribuer sa ration. Toujours est-il que l’initiative menée dans le Pays d’Auge pourrait faire des petits dans le Bocage. Des réunions d’information devraient se dérouler courant avril du côté de Vire.
Investissement
En augmentation de 700 000 e
En 2007, les investissements CUMA dans le Calvados s’élevaient à 2,3 Me. En 2008, ils sont en augmentation pour atteindre 3 Me. La FD CUMA a réalisé 11 dossiers de prêts (dont 8 pour des prêts bonifiés).
Le parc matériel CUMA dans le Calvados
• 94 semoirs à maïs. 59 épandeurs à fumier. 51 round-ballers. 50 tonnes à lisier. 49 pulvérisateurs. 44 débroussailleuses. 32 tracteurs. 30 semoirs à grain. 29 faucheuses-conditionneuses. 24 moissonneuses-batteuses. 23 ensileuses. 15 charrues. 5 bineuses à maïs. 4 herses étrille. 4 chargeurs automoteurs. 3 hangars. 1 désileuse automotrice.
Les matériels aidés en 2008
• 4 andaineurs. 2 faneuses. 2 broyeurs d’accotement. 2 régénérateur de prairie. 1 herse de prairie. 1 enrubanneuse. 1 balayeuse.