Jean Turmel (Président de la section lait de la FRSEA de Basse-Normandie)
La grande nébuleuse des relations commerciales entre industriels et grande distribution
Jean Turmel (Président de la section lait de la FRSEA de Basse-Normandie)

Mieux réguler la production est effectivement une nécessité mais il existe probablement d’autres paramètres que la simple réécriture de la grille pour déclencher l’acte de production au moment adéquat. Les hausses du prix du lait ont montré que la carotte fonctionne mieux que le bâton en matière de production laitière. C’est une leçon que les entreprises ne devraient pas oublier.
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L’annonce de la recommandation du CNIEL a déclenché une tempête médiatique. Finalement, la situation est-elle bonne ou mauvaise sur le front du lait ?
Certaines maladresses dans l’interprétation des chiffres par les médias ont fait croire que les hausses trimestrielles se succédaient et s’additionnaient. Dans ces conditions, les chiffres annoncés, totalement erronés, pouvaient faire peur à un consommateur dont le pouvoir d’achat a déjà été largement ébranlé par les hausses générales, et peut-être pas toujours justifiées, du carburant par exemple.
La situation actuelle est bonne à plusieurs égards : tout d’abord les producteurs de lait ont montré qu’ils étaient capables de produire le lait dont les français avaient besoin. Le rôle premier des agriculteurs, à savoir nourrir les gens, redevient une évidence pour tout le monde. Ensuite, la recommandation du CNIEL est le résultat (non remis en cause) de modalités d’appréciation de la situation des marchés, qui permet d’acter une hausse de +90,8 €/1 000 l.
Qu’est ce qui vous a marqué dans les négociations pour ce second trimestre ?
Une succession de paradoxes. D’abord les entreprises ont souhaité à ce que l’on soit en adéquation avec le marché et pourtant en 2006, ce sont elles qui ont acté un lissage sur 12 mois glissants sur la parité beurre/ poudre.
Ce lissage fait qu’aujourd’hui elles doivent payer une hausse au moment où le marché s’inverse. Je rappelle cependant qu’il y a quelques mois à peine, elles profitaient d’un marché dynamique avec des prix d’achat du lait plutôt bas.
Ensuite, le beurre et la poudre ne représentent que 28 % de la valorisation du lait et l’essentiel des discussions a chaque fois été ramené sur ces produits. Et pourtant la vraie problématique n’est-elle pas dans la grande nébuleuse des relations commerciales entre industriels et grande distribution ?
Enfin, un des arguments des entreprises pour ne pas appliquer immédiatement l’entièreté de la hausse est le coût de la gestion des surplus de lait. Dans quelle situation aurions nous été si nous avions acté la demande des représentants de la transformation de supprimer purement et simplement la pénalité pour dépassement ?
Est-ce finalement un bon accord que de reporter environ 27 €/1 000 l ?
Ce n’est, à mon sens, pas un bon accord. Mais, comme cela a aussi été acté dans d’autres régions, c’est peut-être l’accord qui permet de préserver un équilibre global dans la filière sans mettre à mal des PME déjà ébranlées par d’autres sujets. Cependant, il est bien évident que l’intégralité de ces 27 €/1 000 l sur les volumes du second trimestre est due aux producteurs de lait.
Qu’en est-il d’une éventuelle réécriture de la grille de paiement ?
Mieux réguler la production est effectivement une nécessité mais il existe probablement d’autres paramètres que la simple réécriture de la grille pour déclencher l’acte de production au moment adéquat. Les hausses du prix du lait ont montré que la carotte fonctionne mieux que le bâton en matière de production laitière. C’est une leçon que les entreprises ne devraient pas oublier.
Avez vous évoqué les mesures de gestion de campagne ?
Oui bien sûr, c’est le rôle du CIRLAIT que de préparer la campagne. Les mesures de gestion à très court terme vécues en 2007 ne sont pas satisfaisantes et nous espérons en tirer les leçons qui s’imposent. Nous avons également évoqué la redistribution des 2 ,5% de références supplémentaires en plaidant pour la recherche de la meilleure fluidité possible afin de permettre aux producteurs de pouvoir compter rapidement sur une attribution complémentaire. Les responsables laitiers des FDSEA sont et seront entendus sur ce sujet.
Propos recueillis par N. Marie
Certaines maladresses dans l’interprétation des chiffres par les médias ont fait croire que les hausses trimestrielles se succédaient et s’additionnaient. Dans ces conditions, les chiffres annoncés, totalement erronés, pouvaient faire peur à un consommateur dont le pouvoir d’achat a déjà été largement ébranlé par les hausses générales, et peut-être pas toujours justifiées, du carburant par exemple.
La situation actuelle est bonne à plusieurs égards : tout d’abord les producteurs de lait ont montré qu’ils étaient capables de produire le lait dont les français avaient besoin. Le rôle premier des agriculteurs, à savoir nourrir les gens, redevient une évidence pour tout le monde. Ensuite, la recommandation du CNIEL est le résultat (non remis en cause) de modalités d’appréciation de la situation des marchés, qui permet d’acter une hausse de +90,8 €/1 000 l.
Qu’est ce qui vous a marqué dans les négociations pour ce second trimestre ?
Une succession de paradoxes. D’abord les entreprises ont souhaité à ce que l’on soit en adéquation avec le marché et pourtant en 2006, ce sont elles qui ont acté un lissage sur 12 mois glissants sur la parité beurre/ poudre.
Ce lissage fait qu’aujourd’hui elles doivent payer une hausse au moment où le marché s’inverse. Je rappelle cependant qu’il y a quelques mois à peine, elles profitaient d’un marché dynamique avec des prix d’achat du lait plutôt bas.
Ensuite, le beurre et la poudre ne représentent que 28 % de la valorisation du lait et l’essentiel des discussions a chaque fois été ramené sur ces produits. Et pourtant la vraie problématique n’est-elle pas dans la grande nébuleuse des relations commerciales entre industriels et grande distribution ?
Enfin, un des arguments des entreprises pour ne pas appliquer immédiatement l’entièreté de la hausse est le coût de la gestion des surplus de lait. Dans quelle situation aurions nous été si nous avions acté la demande des représentants de la transformation de supprimer purement et simplement la pénalité pour dépassement ?
Est-ce finalement un bon accord que de reporter environ 27 €/1 000 l ?
Ce n’est, à mon sens, pas un bon accord. Mais, comme cela a aussi été acté dans d’autres régions, c’est peut-être l’accord qui permet de préserver un équilibre global dans la filière sans mettre à mal des PME déjà ébranlées par d’autres sujets. Cependant, il est bien évident que l’intégralité de ces 27 €/1 000 l sur les volumes du second trimestre est due aux producteurs de lait.
Qu’en est-il d’une éventuelle réécriture de la grille de paiement ?
Mieux réguler la production est effectivement une nécessité mais il existe probablement d’autres paramètres que la simple réécriture de la grille pour déclencher l’acte de production au moment adéquat. Les hausses du prix du lait ont montré que la carotte fonctionne mieux que le bâton en matière de production laitière. C’est une leçon que les entreprises ne devraient pas oublier.
Avez vous évoqué les mesures de gestion de campagne ?
Oui bien sûr, c’est le rôle du CIRLAIT que de préparer la campagne. Les mesures de gestion à très court terme vécues en 2007 ne sont pas satisfaisantes et nous espérons en tirer les leçons qui s’imposent. Nous avons également évoqué la redistribution des 2 ,5% de références supplémentaires en plaidant pour la recherche de la meilleure fluidité possible afin de permettre aux producteurs de pouvoir compter rapidement sur une attribution complémentaire. Les responsables laitiers des FDSEA sont et seront entendus sur ce sujet.
Propos recueillis par N. Marie