Groupama Centre Manche
La météo grêle les comptes
Tempête Xynthia, chutes de neige hivernales, sécheresse estivale (...), la météo impacte significativement les comptes de GCM (Groupama Centre Manche).

En étendant son territoire et sa cible, plus facile sans doute de mutualiser les risques. Mais s’exposer un peu plus, c’est aussi les multiplier. GCM (Groupama Centre Manche), forte désormais d’un territoire couvrant 8 départements(1), a dû faire face en 2010 aux intempéries de toutes natures.
11 Me de plus qu’en 2009
Ces intempéries, ce sont la tempête Xynthia à l’ouest (une facture de 6,5 Me pour GCM), le poids de la neige (plus particulièrement dans la Manche et dans l’Eure pour 12 Me) et la sécheresse dans les zones intermédiaires (16,6 Me). “Un coût global de 35 Me soit 11 Me de plus qu’en 2009”, ont reconnu Jean-Marie Bayeul et Jean-Paul Hue, respectivement président et directeur général de GCM qui tenait, la semaine dernière à Deauville (14) devant plus de 1 000 invités, son assemblée générale. Guère étonnant donc, qu’au niveau national et devant le manque d’eau qui a déjà provoqué des dégâts avérés, Groupama ait décidé de suspendre de nouveaux contrats multirisques climatiques. “Le code des assurances nous interdit de garantir un risque sûr et certain”, justifiait dans nos colonnes la semaine dernière un responsable parisien.
Mais localement, il faut gérer le mécontentement. Ni le président, ni le directeur général ne se sont défilés. “Ceux qui avaient souscrit sont couverts !” Et ceux qui veulent souscrire aujourd’hui ? “De l’opportunisme . Notre objectif est que la multirisque climatique coûte le moins cher possible aux agriculteurs avec le souci d’équilibrer les comptes”, a insisté Jean-Paul Hue. Au delà des aléas 2009/2010, voire 2011, une question de fond s’impose. L’assurance récolte peut-elle perdurer en l’état ? “Il faudra lisser les risques en concertation avec nos réassureurs”, juge Jean-Marie Bayeul. Les discours anxiogènes sur le réchauffement climatique appellent d’autant plus à la prudence.
Moraliser le portefeuille auto aussi
Si le rapport sinistres/cotisations sur la multirisques climatiques s’est exceptionnellement dégradé passant de 80,7 % en 2009 à 208,9 % en 2010, d’autres ratios font l’objet d’attentions particulières. C’est le cas de l’assurance automobile avec un rapport sinistres/cotisations passant de 80 % à 82,3 %. Mais là encore, l’équation n’est pas simple à résoudre. Comment fidéliser sa clientèle et attirer de nouveaux clients tout en améliorant les ratios? “Certainement pas en sortant du marché au niveau des tarifs”, considèrent les dirigeants de GCM qui évoquent cependant une sélection à l’entrée. Cette moralisation du portefeuille ne passe pas par les procédures froides de l’informatique mais par la proximité. GMC totalise 800 élus de terrains. “C’est par les caisses locales et le dialogue que nous pouvons faire bouger les comportements”, assure l’assureur.
Ouvrir le sociétariat
Si le résultat 2010 est à l’équilibre grâce aux produits financiers, GCM n’entend pas pour autant marquer un coup d’arrêt à son développement. Revendiquant ses origines agricoles avec une position de leader, c’est le terrain urbain qu’elle souhaite labourer demain. Ce qui suppose, à terme, une plus grande ouverture du conseil d’administration vers toutes les CSP (Catégorie Socio-Professionnelle).
Un conseil, au niveau national, qui va également devoir se féminiser. C’est inscrit dans la loi. “40 % d’ici 2017, nous sommes à 13 %”, a indiqué Annie Bocquet, seule femme présidant une caisse régionale (Nord-Est). Un dossier quasi urgent car assumer un mandat national exige expérience et formation, donc un peu de temps. GCM s’y prépare. A l’occasion de son assemblée générale, 4 nouveaux administrateurs dont 2 femmes ont été élue. Elles rejoignent leurs 7 collègues (sur un total de 50) déjà capées.
(1): Seine-Maritime, Sarthe, Mayenne, Orne, Calvados,
Manche, Eure et Eure-et-Loir.
Activité banque : 35 000 clients
L’activité banque de GCM en 2010 a été soutenue et régulière avec 2 160 nouveaux comptes bruts. Au total, cela représente 20 850 comptes ouverts, 35 000 clients, 50 Me d’encours de crédit dont 12,3 Me de crédits immobiliers.