energie renouvelable
La méthanisation : l’atelier de production qui a permis d’installer Jérôme Roelens
La famille Roelens, à Campigny, est très sensible aux questions relatives à la préservation de l’environnement. Mais à condition de l’intégrer dans une démarche économiquement viable.


A Campigny, le village n’est pas (encore) connu pour la méthanisation mais plutôt pour la mise en place d’un parc éolien qui soulève bien des passions. Entre le vent de la colère et le vent de l’innovation, les avis sont souvent tranchés. C’est à quelques encablures de ce projet en cours de réalisation que le Gaec de la Licorne constitué de Béatrice, Jean-Marc, Alexandre, Jérôme et (bientôt) Maxime Roelens évolue... “Cette proximité avec l’implantation de ce parc éolien ne peut nous laisser insensibles...” reconnait Jean-Marc Roelens. Ecartant tout à priori sur le sujet, l’agriculteur de Campigny se veut pragmatique. “Nous nous sommes toujours intéressés aux énergies renouvelables. Par exemple, en 2002, nous avons installé un chauffage en géothermie dans un gîte de groupe que nous avons. Pour autant, nous ne pouvons imaginer une approche environnementale sans sa dimension économique. Et l’unité de méthanisation que Jérôme, mon fils, a conduit à l’heure de son installation, doit justement répondre à cette exigence.”
Un projet d’installation à la clé
Constitué autour d’une exploitation de polyculture-élevage (avec un atelier lait de 600 000 l de quota et de 220 ha dont 70 ha en herbe...), le Gaec de la Licorne compte aujourd’hui quatre actionnaires dont le dernier arrivé, Jérôme. “En fait, je cherchais une exploitation pour m’installer mais en vain...” explique l’intéressé. Pendant cette période - en 2007 - un article de la presse professionnelle agricole attire son attention : il s’agit de la mise en place d’une petite installation de méthanisation (30 Kw) dans une exploitation des Ardennes. Le sujet lui plaît et il se déplace pour discuter avec les agriculteurs concernés. L’idée fait son chemin. Il prend contact avec la société allemande qui a réalisé l’implantation, AgriKomp. Une étude de faisabilité est engagée et le projet finalisé. Cette unité de méthanisation repose sur une capacité de 110 kW et produira, en cogénération, électricité et chaleur.
La vente de l’électricité s’appuie sur un contrat de 15 ans et l’agriculteur a la maîtrise totale de la filière, de la production et de la commercialisation. Concernant le coût du projet, l’enveloppe financière nécessaire est de 827 000 €. Il est financé, au total, à hauteur de 40 % : MAAP 200 000 €), Feder (101 078 €), Conseil général de l’Eure (30 000 €).
(suite de cet article et d'autres photos
dans l'édition papier
de l'Eure Agricole
en date du 20/01/11
page 4)