Développement durable
L’agriculture frappe aux portes de Caen
Caen métropole veut développer une agriculture périurbaine. Objectif : faciliter l’installation d’exploitation maraîchères sur le territoire. Sollicitée par la collectivité, l’Adear porte le projet.

Caen Métropole compte 143 communes pour 330 000 habitants. Selon Christine Gamaury, présidente de l’Adear*, la demande autour des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) explose. Faute de terres disponibles proches de l’agglomération caennaise, elle s’est installée à Villers-Bocage. “La demande est à Caen, mais il n’était pas possible de s’installer à proximité de la zone de consommation. Nous avons donc choisi Villers-Bocage. Un collègue a opté pour Mézidon-Canon” résume Christine Gamaury. Principal rôle de l’Adear : sensibiliser les élus. Vendredi dernier, elle a donc présenté aux élus des exemples d’exploitations maraîchères. Histoire de comprendre les besoins en termes de surfaces de ce type d’installation.
Inflation du foncier
La problématique apparaît essentiellement foncière. “Si on veut une agriculture périurbaine, les élus locaux doivent intervenir”, insiste la présidente de l’association. L’Adear a donc pris son bâton de pèlerin. Elle a rencontré Caen Métropole et éprouvé son projet à Giberville.
Avec les plans locaux d’urbanisme, les maires peuvent influer sur la création d’installations en maraîchage. Dans leurs démarches, ils peuvent être accompagnés par le Grab (Groupement régional de l’agriculture biologique), l’Adasea ou la Chambre d’agriculture. À Giberville, le PLU est en cours de finalisation.
Déclaration d’intention politique
Cinq hectares sont déjà réservés. Selon, Gérard Leneveu, maire de Giberville, l’activité maraîchage va “ancrer le poumon vert de la ville. Les espaces verts représentent déjà un tiers de la surface de notre commune. Ce PLU est aussi une déclaration d’intention politique. Nous étions déjà très sensibles aux aspects environnementaux. Notre restaurant scolaire tente de privilégier les produits locaux. Nous développons également un marché de proximité autour d’une halle. Les débouchés ne manqueront pas”. Même si l’emplacement n’est pas encore défini, cinq hectares sont donc réservés pour un futur maraîcher. Reste à connaître les modalités d’installation. Location des terres ou cession à prix modéré rien n’est pour l’instant défini.
*Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Calvados.