Session
L’amertume et la colère face au bilan de santé de la Pac
Lors des travaux de la chambre d’Agriculture, ce vendredi, les élus ont manifesté leur inquiétude (et disons-le) leur amertume face aux conséquences de la réforme Barnier.

L’ordre du jour de cette session de la chambre d’Agriculture de l’Eure a offert, une nouvelle fois, matière à discussions et à débats. Si la première partie des travaux était consacrée aux rapports des commissions (avec une présentation nouvelle et indiscutablement plus attractive), les questions d’environnement autour du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux aura fait l’objet d’une présentation détaillée par Michel Dupuis (ce sujet ô combien important fera l’objet, dans une prochaine édition, d’un dossier complet).
Seulement, l’actualité aidant, la présentation des comptes 2008 de “la Ferme Eure” et, surtout, les impacts du bilan de santé de la Pac ont naturellement occulté les autres dossiers. Maryline Michaux (du service statistique de la Chambre) a détaillé les points forts de cette analyse, encore prévisionnelle, mais très riche d’enseignements. Concernant le revenu 2008, on retiendra en euro constant son recul de 22 % par rapport à 2007 et son augmentation de 19 % par rapport aux cinq dernières années d’exercice.
Du côté de l’analyse faite autour des conséquences de la réforme à mi- parcours de la Pac, force est de constater que les chiffres avancés (voir tableaux ci-contre) se passent de commentaires. Mais, les élus ont été nombreux à réagir même si cette présentation ne faisait que confirmer les craintes des professionnels de ce département. Au point d’engager une motion votée par l’ensemble de ses acteurs. Que dit cette motion ?
D’abord, qu’elle reconnait le bien fondé du développement de nouveaux leviers financiers pour consolider les secteurs en crise ou promouvoir de nouvelles filières. Mais les élus font aussi le constat “que les mécanismes de prélèvements et de réaffectation, opérant à enveloppe financière constante, impactent négativement l’économie agricole de l’Eure”. Et d’en détailler le mécanisme : un prélèvement de plus de 30 millions d’euros pour la “Ferme Eure”, pour un retour hypothétique estimé aujourd’hui à 7 millions d’euros, “soit l’équivalent d’une perte annuelle moyenne d’environ 6 000 € par exploitation professionnelle à l’horizon 2012, soit l’équivalent de 50 € par hectare de SAU (avec un impact de plus de 80 € dans les systèmes COP)...”
Cette motion formule, en conclusion, trois demandes très précises... “D’abord, la réaffectation des 11/25e de la partie découplée, conformément aux DPU historiques. Ensuite, une progressivité de l’application de ces dispositifs avec des mesures d’accompagnement et notamment l’élargissement de la DPA (dotation pour aléas) aux risques économiques. Enfin, une pause dans les nouvelles réglementations et contraintes qui pénalisent les revenus par des sur-investissements sans valeur ajoutée...”
Retrouvez d'autres photos
et d'autres données chiffrées
dans l'édition papier de l'Eure agricole
du 2 avril 2009
page 4