Innovations
L’autonomie fourragère : à expérimenter
Le 22 mai au lycée agricole de Vire, la Chambre d’agriculture organise une nouvelle édition de Cultivons autrement. Au programme : les nouvelles technologies en élevage. L’utilisation d’un drone et la conduite en autonomie fourragère de l’élevage du lycée y seront présentées.

Depuis 6 ans, la Chambre d’agriculture organise l’opération “Cultivons autrement”. Cette année, elle se déroule le 22 mai au lycée agricole de Vire. “Nous avons avancé la date pour drainer les jeunes des établissements de formation. C’est un rendez-vous annuel pour communiquer sur les nouveaux modes de travail, les techniques originales et innovantes”, explique Antoine Herman, responsable de l’antenne de Vire de la Chambre d’agriculture du Calvados.
Observation sur l’autonomie fourragère en deux lots
Au chapitre de l’innovation, le choix du lycée agricole de Vire ne semble pas anodin. L’établissement a répondu à un appel d’offres du ministère de l’Agriculture pour mener une expérimentation sur l’autonomie fourragère. La démarche devrait débuter prochainement et sera présentée le 22 mai. En une dizaine d’années, la ferme de l’établissement avait déjà presque réduit de moitié son indice de fréquence des traitements. “La part de maïs dans la ration a également baissé. Nous avons développé le méteil et la pâture. Cette expérimentation sur l’autonomie fourragère est donc une suite logique”, détaille Jean-Paul Rousière, responsable de l’exploitation. L’expérimentation est menée conjointement avec le lycée agricole du Robillard. À Vire, le cheptel sera divisé en deux lots. Le premier sera conduit traditionnellement. Il s’agira du groupe témoin. Pour le second, l’autonomie alimentaire primera. LA ration sera composée d’ensilage d’herbe, de maïs et de trèfle violet. Le lupin fera office de concentré. Enfin, la correction azotée sera réalisée avec des céréales produites sur l’exploitation. Seul le minéral sera acheté à l’extérieur.
Un gros travail d’enregistrement
La comparaison des deux systèmes sera supervisée par Carole Bès, ingénieure agronome de l’Institut National de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture. “Nous allons comparer les deux systèmes. On pèsera les animaux tous les 15 jours. Nous noterons également l’état des vaches. Ce travail demande une importante rigueur d’enregistrement”. Les taux et la production laitière seront aussi archivés. 35 000 € ont ainsi été investis dans le matériel pour permettre cette expérimentation.