FDSEA/JA
L’avenir des biocarburants passe aussi par les urnes
FDSEA/JA
L’avenir des biocarburants dans le Calvados dépend-il du résultat du vote aux élections Chambre d’Agriculture ? "Oui, répond Patrice Lepainteur, tête de la liste soutenue par la FDSEA et les JA au scrutin de janvier.

Xavier Beulin (entouré de Bertin George et Eric Dechaufour): "sur le plan biocarburant, il ne servirait à rien d’apporter une réponse aux céréaliers sans rien apporter aux éleveurs".
©
DR
L’explication est simple : "la Coordination Rurale, représentée dans notre département par l’URDAC, fustige le plan biocarburant. FDSEA et JA le soutiennent. Il faut donc donner au Calvados les moyens politiques de relever ce défi". Telle est la conclusion de la réunion organisée mardi dernier par la section "Céréales" de la FDSEA à laquelle participaient également Xavier Beulin (vice-président de la FNSEA) et Eric Dechaufour (président des betteraviers) et colistier de Patrice Lepainteur aux élections Chambre d’Agriculture.
Vers une pénurie d’omega 3 ?
Il est vrai qu’à l’approche des élections professionnelles, les anti-biocarburants font feu de tous bois. Au congrès de la Coordination Rurale, on est allé jusqu’à sortir du chapeau les omega 3 qu’on allait mettre dans nos moteurs pendant qu’on assaisonnerait nos salades d’huile de palme importée. Fût-ce la bouteille d’huile, c’est quand même pousser le bouchon un peu loin ! Autre peur nourrie par la Coordination Rurale pour contrer les biocarburants : l’opposition alimentaire/non alimentaire. Des arguments balayés d’un revers de main par Xavier Beulin pointant du doigt les surfaces consacrées aux jachères. Par ailleurs, produire des biocarburants, c’est produire aussi des drêches, de la pulpe et des tourteaux (aliments facilement traçables qui favoriseront notre balance commerciale) transformés ensuite en viande blanche ou en viande rouge. "Ce qui est de nature aussi à redonner de la compétitivité aux filières animales". Enfin, après le diester et l’éthanol, viendront les biocarburants de IIe et IIIe génération élaborés à partir de biomasse. Il importe donc que la filière soit partie prenante au niveau de la R&D (Recherche et Développement). Cela afin "d’éviter que ce ne soit les pétroliers qui soient les donneurs d’ordre voire les producteurs de biocarburants demain", prévient Xavier Beulin.
Structurer la filière pour capter la VA
La France a donc besoin de structurer sa filière biocarburants. Elle compte à ce jour environ 600 organismes collecteurs. Face à eux : tout au plus 5 acheteurs. "Il faut donc investir collectivement et gérer le dossier de façon efficiente pour que ce soit le producteur, donc l’agriculteur, le premier bénéficiaire de la valeur ajoutée" conclut le vice-président de la FNSEA.