RTE
Le début de la THT en ligne de mire
Le chantier de la ligne Très Haute Tension débutera en septembre prochain. Les accords écrits se finalisent entre les propriétaires et Réseau de Transport d’Electricité (RTE). Le syndicalisme agricole a joué son rôle.

Les 46 réunions communales se sont très, très bien passées. Nous avons présenté les futurs intervenants des chantiers aux riverains », tel est le jugement de Jean-Marc Perrin, lors du bilan réalisé par RTE la semaine dernière, à Caen. Le directeur de projet de la ligne Contentin-Maine se félicite des négociations réalisées. “Nous sommes entrés dans une phase concrète. Nous allons sur le terrain pour visualiser le futur tracé”. Le but : affiner le positionnement des pylônes. “Nous privilégions les limites parcellaires. Nous rencontrons également les exploitants pour connaître le plan d’assolement ou leurs projets. Dans certains cas, décaler un pylône de 10 mètres est possible, et peut-être important”.
4000 interlocuteurs
La ligne de 400 000 volts, longue de 163 kilomètres, comptera environ 350 pylônes, de 45 à 65 mètres de haut. Soit un pylône tous les 500 mètres en moyenne.
La tâche n’est pas mince. RTE a recensé environ 4 000 interlocuteurs sur le tracé. Entre les derniers irréductibles et les propriétaires inconnus, le transporteur d’électricité espère signer 80 % d’accords amiables. Six recours contre la déclaration d’utilité publique ont été transmis au Conseil d’Etat. RTE s’attarde davantage sur l’importance de la convention signée avec les représentants de la profession agricole. “Je pense qu’on peut dire que le monde agricole n’est pas perdant avec cet accord. Les indemnisations ne sont pas négligeables”, glisse Jean-Marc Perrin.
Le projet Cotentin-Maine coûtera 340 millions d’€
En 2010, RTE a investi 59 millions d’euros en Basse-Normandie. Ils atteindront 140 millions en 2011, puis 180 millions en 2012. Ces prévisions intègrent la construction de la ligne Très Haute Tension, dont la facture avoisine, à elle seule, les 340 millions d’euros. Mais, le moratoire sur l’EPR envisagé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire ne freinera pas les travaux. “EDF nous a donné 2014 comme échéance. Sans EPR à Flamanville, la ligne THT n’aurait sans doute pas vu le jour. Cependant, elle ne sera plus remise en cause. Notre métier est de transporter des électrons, qu’ils soient issus de l’éolien ou de l’hydraulique. La ligne Cotentin-Maine s’intègre dans notre maillage. Notre réseau est une mutualisation. La THT permettra de le faire respirer”, souligne Philippe Dumarquez, directeur RTE Normandie-Paris. Et les records de consommation électrique enregistrés l’an passé n’invitent pas à la réduction des lignes. Le pic historique date du 15 décembre dernier, avec 96 710 MW. Pour 2015 et 2020, RTE imagine même des pointes à 104 000 et 108 000 MW.
RTE et ERDF
RTE transporte l’électricité à haute et très haute tension, en reliant les producteurs (tels qu’EDF) avec les zones de consommation et en gérant les interconnexions avec les autres pays reliés à la France. RTE alimente directement environ 500 clients industriels ainsi que le réseau de la SNCF.
Pour alimenter les autres clients (particuliers, industriels, tertiaires…), cette électricité est transformée en une tension plus basse. Elle emprunte alors le réseau de distribution géré par ErDF ou par des entreprises locales de distribution.