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Le SDAGE n’est pas un long fleuve tranquille
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La politique de l’eau était au menu de la session de la Chambre régionale d’Agriculture qui s’est tenue le 25 juin dernier. Débats parfois tendus avec les représentants de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie.

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TG
Session au fil de l’eau pour Daniel Genissel et les élus agricoles normands qui ont débattu du SDAGE (Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux de bassin) avec la direction de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie.
Pas d’accord en vue
Guy Fradin, directeur de l’Agence de l’Eau, y avait pourtant mis les formes précisant qu’il n’était pas "un fondamentaliste écologique", que "nous ne pouvons rien faire sans vous", que "le monde agricole devait s’approprier le SDAGE", que "la mécanique coercitive et la politique d’incitation ont fait évoluer les choses" avant d’oser : "je n’ai pas le sentiment que nous soyons aussi éloignés". Une petite phrase en forme de petite goutte qui fait déborder le vase ou d’étincelle qui a bien failli mettre le feu aux poudres. "Nous sommes loin d’être d’accord. On va se faire jeter notamment par les jeunes. Economiquement, c’est infaisable", a tout d’abord martelé François Fihue, président de la CA 76. Rémi Bailhache (CA 50) lui a emboîté le pas : "nous sommes tous d’accord sur les grands enjeux mais il faut adapter localement certaines mesures". Une politique d’objectifs sans saupoudrage avec une gouvernance locale, voilà ce que demande la profession. Et c’est Emmanuel Join-Lambert (CA 27) qui a rué le plus énergiquement dans les brancards s’abstenant sur la motion lui reprochant une sémantique insuffisamment revendicative.
Achoppement sur les projections financières
Le dossier achoppe en fait sur les simulations financières. Selon la Chambre régionale, les conséquences de la mise en application des différentes mesures de protection dans les bassins versants se traduiraient systématiquement pas des baisses de revenu (- 12 %, - 50 %...) voire plus de revenu du tout quand il s’agit par exemple de créer un atelier d’élevage en réponse à la remise en herbe de surfaces SCOP. Une expertise économique que conteste Guy Fradin.
Au delà de ce débat, ces mesures impacteraient 27 300 ha (2 %) de la SAU en Basse-Normandie : 16 380 ha de reconversion en bio, 5 460 ha d’acquisition foncière et 5 460 ha de conversion de terres arables en prairies.
En Haute-Normandie, ce ne sont pas moins de 58 500 ha qui seraient impactés soit 7,2 % de la SAU ou bien encore l’équivalent d’un millier d’exploitations.
Approbation en 2009
Deux prochains comités de bassin sont programmés les 10 juillet et 29 novembre. La consultation du public, des chambres consulaires et des assemblées territoriales sont prévues en 2008. Enfin, 2009 sera l’année de l’approbation du SDAGE. "Il reste à trouver le bon compromis entre la rédaction et la mise en œuvre", a conclu le manchois Serge Deslandes. Il faut pour cela garder une dynamique régionale mais ne pas trop privatiser les actions par bassins versants tout en tenant compte des spécificités locales. Un bon exercice d’équilibre en quelque sorte !
Th. Guillemot