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L’élevage normand en danger potentiel
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La lecture des comptes de la ferme Normande demande une analyse pointue. Décodage !

Brut de décoffrage, le produit agricole progresse de façon significative. Mais passé au banc des professionnels, il fait plus pâle figure. Une autre menace pointe le bout de ses cornes : l’élevage normand est en danger si l’on n’y prend garde.
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La CRAN (Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie), réunie en session ce lundi, s’est penchée sur les comptes de la ferme normande. Brut de décoffrage, le produit agricole progresse de façon significative. Mais passé au banc des professionnels, il fait plus pâle figure. Une autre menace pointe le bout de ses cornes : l’élevage normand est en danger si l’on n’y prend garde. Décodage !
+ 7,7 % brut de décoffrage
Le revenu net d’entreprise de la ferme normande atteint (en 2007) 807,2 Me en progression de 7,7 % par rapport à 2006. Une moyenne qui cache de grandes disparités puisqu’à l’échelon départemental si l’Eure fait un grand bond en avant (+61,5 %) et dans une moindre mesure l’Orne (+13,8 %) et le Calvados (+5,4 %), la Manche (-1,1 %) et surtout la Seine-Maritime (-12,2 %) reculent.
Et même si cette hausse globale du revenu régional agricole est bonne à prendre, pour Régis Chevallier (61), “il était temps et il va falloir que ça augmente encore”. Pour François Fihue (76) : “c’est parce que l’on restructure plus vite que le revenu augmente mais cette course à la restructuration constitue un appauvrissement à terme”. Pascal Férey est sur les mêmes ondes : “on est encore loin du compte et il reste du chemin à faire pour atteindre les standards,” évoquant même une pauvreté du revenu par rapport au temps de travail des agriculteurs.
Menace sur la prairie normande
L’année 2007 a été marquée par des prix en forte hausse (céréales, oléagineux, lait mais aussi alimentation animale). D’autres en baisse (pomme de terre, lin, betterave, porc, viande bovine). Quant aux volumes de production, ils ont accentué les effets prix à la hausse (en lait, oléagineux et alimentation animale) et à la baisse en lin et betterave. “Les contrastes sont de plus en plus forts entre territoires selon le poids des productions”, résume Michel Lafont, économiste à la CRAN, qui a élaboré avec ses collègues des chambres départementales et avec les CER France ces comptes 2007. Des comptes qui menacent les équilibres. “La tentation est grande : je vends mon blé et je ne rentre pas de jeunes bovins” craint le président de la Chambre d’Agriculture de l’Orne. “Si l’on n’encourage pas les productions animales, cela posera à terme un problème à nos outils”, a rebondi Pascal Férey. Et effectivement, une partie des surfaces en herbe pourrait être retournée au profit des céréales. Attention cependant au respect des règles de la conditionnalité.
En tout état de cause, l’année 2007 va bouleverser les modules et les modèles. Et à Michel Legrand (président de la Chambre d’Agriculture du Calvados) qui pointe “les prévisionnistes qui se sont bien trompés”, Rémi Bailhache (président de la chambre d’Agriculture de la Manche) préfère insister sur la continuité du travail à accomplir en matière de prospective. Et même si on ne saura jamais de façon certaine de quoi demain sera fait, il est un autre chantier à ouvrir : celui de la contractualisation. Et là, c’est au syndicalisme d’œuvrer!
+ 7,7 % brut de décoffrage
Le revenu net d’entreprise de la ferme normande atteint (en 2007) 807,2 Me en progression de 7,7 % par rapport à 2006. Une moyenne qui cache de grandes disparités puisqu’à l’échelon départemental si l’Eure fait un grand bond en avant (+61,5 %) et dans une moindre mesure l’Orne (+13,8 %) et le Calvados (+5,4 %), la Manche (-1,1 %) et surtout la Seine-Maritime (-12,2 %) reculent.
Et même si cette hausse globale du revenu régional agricole est bonne à prendre, pour Régis Chevallier (61), “il était temps et il va falloir que ça augmente encore”. Pour François Fihue (76) : “c’est parce que l’on restructure plus vite que le revenu augmente mais cette course à la restructuration constitue un appauvrissement à terme”. Pascal Férey est sur les mêmes ondes : “on est encore loin du compte et il reste du chemin à faire pour atteindre les standards,” évoquant même une pauvreté du revenu par rapport au temps de travail des agriculteurs.
Menace sur la prairie normande
L’année 2007 a été marquée par des prix en forte hausse (céréales, oléagineux, lait mais aussi alimentation animale). D’autres en baisse (pomme de terre, lin, betterave, porc, viande bovine). Quant aux volumes de production, ils ont accentué les effets prix à la hausse (en lait, oléagineux et alimentation animale) et à la baisse en lin et betterave. “Les contrastes sont de plus en plus forts entre territoires selon le poids des productions”, résume Michel Lafont, économiste à la CRAN, qui a élaboré avec ses collègues des chambres départementales et avec les CER France ces comptes 2007. Des comptes qui menacent les équilibres. “La tentation est grande : je vends mon blé et je ne rentre pas de jeunes bovins” craint le président de la Chambre d’Agriculture de l’Orne. “Si l’on n’encourage pas les productions animales, cela posera à terme un problème à nos outils”, a rebondi Pascal Férey. Et effectivement, une partie des surfaces en herbe pourrait être retournée au profit des céréales. Attention cependant au respect des règles de la conditionnalité.
En tout état de cause, l’année 2007 va bouleverser les modules et les modèles. Et à Michel Legrand (président de la Chambre d’Agriculture du Calvados) qui pointe “les prévisionnistes qui se sont bien trompés”, Rémi Bailhache (président de la chambre d’Agriculture de la Manche) préfère insister sur la continuité du travail à accomplir en matière de prospective. Et même si on ne saura jamais de façon certaine de quoi demain sera fait, il est un autre chantier à ouvrir : celui de la contractualisation. Et là, c’est au syndicalisme d’œuvrer!
Evolution des surfaces cultivées 07/06 en Normandie
• LES PLUS :
- Oléo-protéagineux : + 5 100 ha.
- Maïs ensilage : + 2 600 ha.
- Toutes cultures : + 2 250 ha.
- Jachères industrielles : + 2 100 ha.
• LES MOINS :
- Betteraves et lin : - 600 ha.
- Céréales : - 2 250 ha.
- Autres jachères : - 4 600 ha.
Progression moyenne de la sole de cérales :
+ 2 600 ha/an depuis 5 ans