Apiculture
Les abeilles ont le bourdon
Apiculture
Le nectar ? L’aliment indispensable aux abeilles mais il s’est fait rare cet été dans le département. A la clé, une baisse de production estimée à 50%.

Jean-Pierre Legrand a toujours un bon moral, malgré une production 2007 catastrophique.
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E.C.
Jean-Pierre Legrand et les abeilles, c’est une histoire qui remonte à 25 ans. « Producteur laitier, j’ai eu mes premières ruches un peu par hasard. Je suis monté jusqu'à 140 unités. Aujourd’hui, à la retraite, j’en ai encore 80 ». Autant dire que Jean-Pierre Legrand, installé à la Meurdraquière, non loin de Gavray, en connaît un sacré bout sur ces insectes ; qui plus, est il n’arrête pas de « bouquiner » sur le sujet. Sujet extrêmement technique et pointu que seule l’expérience permet de maîtriser. En 2007, pourtant, tous les efforts ont été vains. Le climat a été le plus fort avec des conséquences sur le rucher pour 2008.
Baisse de 50% de miel
Si l’hiver 2006/2007 s’est bien passé, le mois d’avril s’est avéré plus que prometteur avec une floraison exceptionnelle. Problème, mai-juin et juillet se sont révélés tout bonnement catastrophique pour les apiculteurs. « Manque de chaleur, soleil voilé, pluviométrie importante avec en final un déficit de la photosynthèse. Or, cette dernière est le chaînon indispensable pour qu’une plante secrète du nectar. Concrètement, les « éclaireuses » ont eu du mal à trouver de la nourriture, les abeilles sont restées à la ruche au lieu de ramener ce fameux nectar qui aboutit au miel. « Cette année, on a eu trop de facteurs contre nous, la baisse de production atteint 50% par rapport à 2006 qui était « normale ».
Autre conséquence, le non remplacement des ouvrières dans la ruche. « Il faut savoir que les reines s’en vont au bout de deux ans pour fonder une autre colonie. Or, les jeunes reines, elles n’ont pas été fécondées par manque de mâles »
Préparer la récolte 2008
Les apiculteurs ont donc le blues d’autant plus qu’il faut désormais préparer la récolte 2008. Ce qui implique de « remonter des ruches », comme l’explique Jean-Pierre Legrand. « On peut trouver des producteurs d’essaims, poser des ruches-pièges et récupérer des abeilles dans la nature ou encore faire de la division de ruchers ».
Sur la question d’un éventuel changement climatique, J.P. Legrand ne se prononce pas « mais globalement, il ya moins d’abeilles en raison du mauvais temps, mais aussi des pesticides, due en grande partie aussi aux jardins particuliers ou aux collectivités ».
Jean-Pierre Legrand va reprendre le collier. Ses 80 ruches réglementaires seront sur pieds pour le printemps. Il espère aussi que le printemps et l’été seront à l’image de ceux d’antan. « N’oublions pas que les abeilles sont les sentinelles de l’environnement. Des ruchers ont été placés dans plusieurs villes, ce sont les meilleures indicateurs de la pollution ».