Porcs
Les salaisons rendent les producteurs amers
Porcs
Depuis la hausse du coût des matières premières, la filière porcine souffre. La solution des producteurs : la valorisation de la viande de porc d’origine française. Les salaisons refusent de jouer le jeu. FDSEA et JA ont donc demandé des comptes à Brocéliande, le principal salaisonnier de la région.

Réunis à Villers-Bocage, les producteurs ont montré qu’ils restaient attentifs aux pratiques des transformateurs. En attendant, Marc François évoque une surproduction dans les élevages de l’ordre de 1 à 2 %.
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V.M.

Yvan Fourré a rencontré Pascal Jallet, le responsable du site. Ce dernier s’est ouvert à un dialogue constructif. Il a également précisé que 80 % des jambons de Brocéliande étaient d’origine française.

Une quarantaine de producteurs réunis.
Mardi après-midi, ils sont une cinquantaine et se sont donné rendez-vous au marché couvert de Villers-Bocage (14). Ils sont mobilisés autour des FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de Basse-Normandie. “Nous vendons à perte depuis 6 mois. Pour un élevage de 100 truies, cela signifie 10 000 euros de moins chaque mois”, explique un manifestant. La situation des producteurs de porcs devient critique et ils veulent le faire savoir. Le cortège a donc pris la direction de l’entreprise Brocéliande, le principal salaisonnier de la région.
Rendez-vous avec Brocéliande
Les producteurs lui reprochent de “ne pas jouer le jeu de l’ensemble de la filière porcine nationale”. Depuis plusieurs mois, les producteurs subissent une crise profonde, mise en exergue par la flambée des coûts alimentaires. “Face à l’excédent de production actuel, nous demandons aux acteurs de la filière de valoriser la viande de porc d’origine française (VPF). Le 22 novembre, nous avons eu une réunion entre abattoirs, éleveurs, transformateurs et GMS. Tout le monde partageait cet avis pour donner la priorité à la VPF, sauf les salaisonniers”, explique Yvan Fourré de la section porcine FRSEA. Principal grief adressé à Brocéliande : l’achat de porcs étrangers. “Il y a du jambon espagnol ici !” Face aux producteurs ibériques, les producteurs ne peuvent pas lutter. “Ils ont des charges de production moindre. Avec l’afflux de touristes, ils n’exportent pas l’été et réalisent des marges importantes. Quand ils écoulent leur production l’hiver, nous ne pouvons pas lutter. Pour les pièces nobles, les entreprises ont effectivement besoin d’importer. Reste à savoir dans quelles quantités. Nous sommes là pour montrer que nous sommes attentifs. Consommer de la viande française favorisera la hausse des prix”.Pascal Jallet, le responsable du site Brocéliande, a reçu une délégation d’éleveurs représentants l’Orne, la Manche et le Calvados. Il a rappelé que l’entreprise n’importe qu’un jambon sur six. “Aujourd’hui, c’est une visite de courtoisie. Nous sommes en pourparler pour voir ce que nous déclencherons demain”, avertit Dominique Varin, secrétaire général de la FDSEA 14.
Relevés de prix
Les producteurs ne devraient pas se contenter de cette action. Prochaine cible : les grandes et moyennes surfaces. “Nous allons réaliser des relevés de prix réguliers dans les magasins normands. J’ai déjà vu des prix cassés, avec le demi-porc à 1,59 euros”. Les Français consomment en moyenne 35 kg de porc par an et par habitant. Selon Yvan Fourré, “la hausse de prix nécessaire aux éleveurs représenterait ainsi un effort de 10 euros pour une année”. Affaire à suivre.
Rendez-vous avec Brocéliande
Les producteurs lui reprochent de “ne pas jouer le jeu de l’ensemble de la filière porcine nationale”. Depuis plusieurs mois, les producteurs subissent une crise profonde, mise en exergue par la flambée des coûts alimentaires. “Face à l’excédent de production actuel, nous demandons aux acteurs de la filière de valoriser la viande de porc d’origine française (VPF). Le 22 novembre, nous avons eu une réunion entre abattoirs, éleveurs, transformateurs et GMS. Tout le monde partageait cet avis pour donner la priorité à la VPF, sauf les salaisonniers”, explique Yvan Fourré de la section porcine FRSEA. Principal grief adressé à Brocéliande : l’achat de porcs étrangers. “Il y a du jambon espagnol ici !” Face aux producteurs ibériques, les producteurs ne peuvent pas lutter. “Ils ont des charges de production moindre. Avec l’afflux de touristes, ils n’exportent pas l’été et réalisent des marges importantes. Quand ils écoulent leur production l’hiver, nous ne pouvons pas lutter. Pour les pièces nobles, les entreprises ont effectivement besoin d’importer. Reste à savoir dans quelles quantités. Nous sommes là pour montrer que nous sommes attentifs. Consommer de la viande française favorisera la hausse des prix”.Pascal Jallet, le responsable du site Brocéliande, a reçu une délégation d’éleveurs représentants l’Orne, la Manche et le Calvados. Il a rappelé que l’entreprise n’importe qu’un jambon sur six. “Aujourd’hui, c’est une visite de courtoisie. Nous sommes en pourparler pour voir ce que nous déclencherons demain”, avertit Dominique Varin, secrétaire général de la FDSEA 14.
Relevés de prix
Les producteurs ne devraient pas se contenter de cette action. Prochaine cible : les grandes et moyennes surfaces. “Nous allons réaliser des relevés de prix réguliers dans les magasins normands. J’ai déjà vu des prix cassés, avec le demi-porc à 1,59 euros”. Les Français consomment en moyenne 35 kg de porc par an et par habitant. Selon Yvan Fourré, “la hausse de prix nécessaire aux éleveurs représenterait ainsi un effort de 10 euros pour une année”. Affaire à suivre.
V.M.