FDSEA du Calvados
L’organisation des producteurs mobilise les adhérents de la FDSEA
“L’organisation des producteurs : un préalable à la contractualisation”. Tel était le thème de la table ronde organisée par la FDSEA lors de son assemblée générale qui s’est tenue vendredi dernier à Cheux.



















"Renforcer le pouvoir des producteurs et des interprofessions. Tel est l’état d’esprit de la LMA (Loi de Modernisation Agricole)” a rappelé Jean-Yves Cousin avant d’indiquer que “non, sur ce dossier, le gouvernement n’est pas allé trop vite.” Aux sceptiques, le député du Calvados a assuré que “donner de la lisibilité aux producteurs passe par la contractualisation”.
Sécuriser son débouché
Si Jean-Michel Lemétayer considère pour sa part “qu’on n’était pas obligé d’aller aussi vite”, l’ex-patron de la FNSEA a dénoncé certains discours anxiogènes. “On est en train de faire de quelque chose de quotidien une montagne”. Et effectivement, écrite ou pas, la relation contractuelle producteur/transformateur n’est pas une nouveauté. Et de se souvenir au passage de l’avant quotas laitiers où “il fallait trouver une entreprise qui vienne chercher son lait tous les deux jours. Alors oui, contractualiser, c’est sécuriser son débouché”.
Certes, tout reste à construire car la LMA ne fait qu’indiquer une direction. Mais ce n’est pas en fustigeant la contractualisation, inscrite désormais dans le marbre de la loi, qu’on construit un avenir. “Si ça se passe comme en veau de boucherie, ce sera un sacré échec”, a prévenu Jean-Michel Lemétayer. L’occasion pour Jean Turmel (section lait) de pointer “le danger rampant d’une intégration si nous, producteurs, ne sommes pas organisés. Les entreprises ne sont pas des enfants de cœur”.
Un contrat collectif
“Il faut être proactif”, a assuré Thomas Pelletier. Fort de son expérience dans la filière cidricole, le président de la FNPFC (Fédération Nationale des Producteurs de Fruits à cidre), a insisté : “le contrat ne peut être que collectif. Il ne faut pas le subir. On peut même en proposer”. Il faut donc faire preuve de méthodes et ne pas tomber dans la caricature. “Que serait devenue la filière fruits à cidre sans la contractualisation ?”, s’est d’ailleurs interrogé Thomas Pelletier.
“La contractualisation n’a pas été amenée dans les meilleures conditions mais nous disposons désormais de tous les éléments législatifs pour nous organiser” a conclu Jean-Michel Lemétayer. “C’est ensemble qu’on avancera et je suis pour le pluralisme syndical qui se respecte. Il faut se retrousser les manches. Aller débattre sur le terrain de ce sujet qui conditionne notre avenir”. Un préalable cependant : “ que le producteur ne soit pas la variable d’ajustement !”
Info ou intox ?
Contrats imposés ?
Non, personne ne vous oblige à signer le contrat qui arrive dans votre boîte à lettres. La FNPL invite à ce titre les producteurs à renvoyer un simple courrier de réception en guise de protection juridique (lire ci-contre).
Un prix défini ?
Pour certains, contractualiser passe par la fixation d’un prix , même à minima. Au delà des difficultés juridiques, il est fort à craindre qu’un prix minima deviendrait vite le prix de référence. Au delà, définir un prix aujourd’hui sans connaître les coûts de production de demain peut s’avérer contre productif.
Un lien entre OP et syndicats ?
Du côté de la FNSEA et de sa branche laitière, on insiste pour que les futures OP ne soient pas affiliées à un syndicat. Les producteurs ont besoin de se retrouver entre eux, par-delà les rivalités syndicales, pour négocier unis face
aux industriels et à la grande distribution.
Une OP européenne ?
L’idée peut paraître séduisante mais comme l’a rappelé Jean Turmel : “entre européens, nous sommes d’abord concurrents”. Par ailleurs, peut-on apporter une réponse européenne à une législation française?