Charte
L’ouverture nourrit les consommateurs
Ils s’engagent avec la Charte des bonnes pratiques d’élevage et le font savoir. Installés à Condé-sur-Vire (50), Christophe et Samuel Lelimousin ont accueilli les associations de consommateurs sur l’exploitation.

de leur métier !



de leur métier !



de leur métier !
Première étape : la salle de traite. Les éleveurs en profitent pour évoquer le lavage ou le contrôle annuel de la machine à traire. “Le lait est analysé au quotidien. Les critères d’hygiène et de propreté sont les plus importants de la charte. L’eau est par exemple contrôlée tous les ans”.
Deux mondes et une rencontre
L’exposé séduit. Sur certains sujets, des consommateurs semblent même laxistes aux yeux des agriculteurs : “ah bon, le lait antibiotique va à la poubelle. Il n’est même pas donné aux petits veaux ?”. La question peut faire sourire. Mais, elle montre une méconnaissance des pratiques agricoles. Autre sujet qui pourrait fâcher : le prix du lait. “Certes, il a augmenté. Cependant, il retrouve seulement son niveau de 1990. Le lait reste moins bien payé qu’en 2000”, rappelle Daniel Génissel, président de la Chambre d’agriculture de Normandie et du comité régional de la CBPE. Après un passage dans la laiterie, halte au bureau. L’occasion de montrer qu’éleveur est aussi un métier administratif. Dates, noms, numéros des animaux, produits utilisés avec la durée, les quantités et les motifs : tout est noté et conservé 5 ans. Les consommateurs peuvent même prendre exemple. Tous les produits nous tilisés sont ramenés chez le vétérinaire. Une pratique rarement suivie par le grand public.
Ensuite, direction la stabulation pour insister sur la traçabilité de l’alimentation avant de s’arrêter au local “d’emprisonnement” des phytosanitaires. “Nous n’avons pas attendu la réglementation pour mettre les produits sous clé”, rappelle Samuel Lelimousin.
Le face à face agriculteurs-consommateurs s’achève. Les arguments ont convaincu. Les associations sont visiblement conquises. Et Régis Gardin d’avouer : “je ne crois pas que l’agriculture représente des problèmes pour les associations de consommateurs. Il y a d’autres combats plus importants à mener”.
Ils ont dit...
Des consommateurs repus !
Daniel Gros, UFC que choisir à Bayeux : « Je suis venu pour connaître les nouvelles technologies et méthodes des agriculteurs. Je connaissais peu la Charte des bonnes pratiques avant de venir. Aujourd’hui, je comprends mieux le système. C’est clair, net. On voit la sécurisation alimentaire. Au niveau propreté, c’est impeccable. Cela paraît lourd, même si la charte les aide également dans leur travail. L’hygiène du lait m’a vraiment marqué ».
Nadine Savouré, AFC : « C’est notre rôle de venir voir sur l’exploitation pour ensuite discuter de la qualité des produits. Je ne connaissais pas du tout la charte des bonnes pratiques. Je la trouve très rassurante. Je suis convaincue et la démarche valorise les jeunes agriculteurs. Leur outil de travail a changé, ils vont de l’avant. Un détail m’a néanmoins interpellé. A la collecte, les très bons laits comme les moins bons sont mélangés. On arrive à une qualité moyenne. Cela m’interroge… »
Patrick Frouard, UDAF : « Je connais la charte. Mais, je n’avais jamais eu l’occasion de visiter une exploitation qui la pratiquait. En plus, la ferme est fleurie, c’est agréable. Les frères Lelimousin sont très rigoureux. C’est convaincant de voir l’application de règles précises. Des contrôles surprises existent. Ils sont essentiels pour mettre en avant une démarche qualité ».