Jean-Yves Heurtin
“Nous sommes là pour travailler et faire avancer la Ferme Calvados”
Jean-Yves Heurtin
Quel rôle entendent jouer les élus Chambre de la liste “Réunis pour l’agriculture de demain”? Un rôle constructif et surtout pas d’opposition systématique répond Jean-Yves Heurtin, son chef de file.

“Parmi les membres associés invités aux sessions de la Chambre, on aurait pu imaginer des agricultrices et agriculteurs actifs et impliqués dans différentes filières ou projets. Je pense à la filière cidricole, à des projets énergétiques.... On aurait également pu inviter un représentant de l’association CAPTAGES plutôt que de faire d’autres choix dont je n’ai pas compris le sens”, regrette Jean-Yves Heurtin.
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TG
Les élections à la Chambre d’Agriculture ont réservé quelques surprises. Si Michel Legrand, son président, n’a pas souhaité répondre à nos questions, Jean-Yves Heurtin (son désormais délégué suppléant à l’APCA - Association Permanente des Chambres d’Agriculture) s’est prêté au jeu.
Pourquoi, à certains postes, avoir présenté des candidats de votre liste au bureau de la Chambre d’Agriculture ?
Au nom des 40 % d’agricultrices et d’agriculteurs qui nous ont fait confiance. Il est légitime qu’ils soient, eux aussi, pris en considération.
Michel Legrand a fait de l’ouverture un axe de campagne. Il a ratissé très large allant jusqu’à se féliciter du travail des uns et des autres : les JA sur l’installation, JA encore et FDSEA sur la circulation, CAPTAGES sur l’eau...
Nous attendions donc, une fois que la démocratie s’était exprimée, que ces bonnes intentions se traduisent par un geste d’ouverture. Ouverture dans l’intérêt des agricultrices et agriculteurs du département. Il suffisait d’ouvrir le bureau d’autant plus qu’il a été renforcé de 9 à 12 membres.
Or, il n’en a rien été. Aucune porte n’a été ouverte. C’est pourquoi, sur certains postes, nous avons présenté des candidats issus de la liste “Réunis pour l’agriculture de demain”.
Pourquoi pas à celui de président ?
Par respect du verdict des urnes et de la démocratie.
La légitimité de Michel Legrand, en tant que président, est naturelle.
A contrario, un poste de premier vice-président vous paraissait légitime ?
L’URDAC/Coordination rurale l’a emporté, certes, mais avec seulement 160 voix d’avance. Soit 4 par canton. C’est un premier fait. Ensuite, et au risque de me répéter, le président sortant avait fait de l’ouverture un argument de campagne sans que cela ne se concrétise en propositions. Alors oui, revendiquer un poste de premier vice-président ne nous paraissait pas incongru.
Mais vous avez été battu. C’est une déception ?
On peut voir la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. Robert de Formigny l’a emporté 23 à 19. 19 voix pour moi, c’est au-delà de nos 8 voix acquises. Ce sont 11 voix de membres des autres collèges pour qui ce partage des responsabilités semblait équilibré.
23 voix pour Robert, ce n’est que 7 de plus que celles acquises naturellement grâce aux élus étiquetés URDAC/Coordination rurale.
Sur d’autres postes, le verdict des urnes a réservé quelques surprises. Quelle lecture en faites-vous ?
Effectivement. Daniel Courval s’est imposé face à Agnès Lemarié (23/20) au poste de 4ème secrétaire adjointe. Je l’ai emporté face à Pierre-Yves Robidou (23/19) au poste de suppléant à l’APCA. Clément Lebrun a viré en tête au premier tour (22/21) avant d’être battu au 3ème tour d’une voix au poste de 1er secrétaire face à Pierre-Yves Robidou. Il ne faut pas y voir des questions de personnes. J’y vois plutôt, de la part des autres collèges, une reconnaissance du travail fait au quotidien et dans le durée par la FDSEA et les JA. Je pense aussi que c’est l’expression d’une forme de soutien aux différents axes de travail que notre liste “Réunis pour l’agriculture de demain” avaient définis.
Certains élus de l’URDAC/Coordination rurale considèrent que ce résultat issu des urnes va rendre la Chambre consulaire ingouvernable. Que leur répondez-vous ?
Tout d’abord qu’il s’agit bien en effet du verdict des urnes. Ça s’appelle la démocratie et ça se respecte. Ensuite, je ne vois pas sur quelles bases certains peuvent nourrir une quelconque peur. Avec Clément Lebrun, nous étions déjà dans la minorité lors du précédent mandat mais nous ne nous sommes jamais opposés pour le plaisir de s’opposer. On a voté “pour” et on a voté “contre”, par exemple concernant les AAC (Aires d’Alimentation des Captages) par rapport à nos convictions. En pensant d’abord à l’intérêt des agricultrices et agriculteurs du département. Rien n’a changé. Nous avons été élus pour travailler, faire avancer nos idées dans l’intérêt de la Ferme Calvados mais certainement pas pour nous battre stérilement. Nous soutiendrons les projets que nous estimons porteurs. Nous en combattrons sans doute d’autres en expliquant pourquoi. Et nous espérons pouvoir de même porter les nôtres. Au cours de notre campagne nous avons parlé foncier, bioénergies, installation, protéines, communication... Un véritable creuset d’idées portées par une nouvelle génération d’agricultrices et agriculteurs actifs et soucieux d’explorer toutes les voies de progrès. Les élus de la liste “Réunis pour l’agriculture de demain” s’inscrivent donc dans la continuité de la dynamique enclenchée au cours de l’hiver.
Un “carté” à la FDSEA suppléant d’un “carté” à la Coordination rurale à l’APCA, ça ne peut pas fonctionner?
Il faudrait d’abord poser cette question à Michel Legrand : en tant qu’élu, cette fois minoritaire au sein de l’Association Permanente des Chambres d’Agriculture, a-t-il toujours voté contre les projets majoritaires, donc FNSEA/JA ?
Ensuite, si le président me mandate, je ne serai pas le représentant de tel ou tel syndicat mais le représentant de la Chambre d’Agriculture du Calvados. N’étant pas au bureau, je suppose quand même qu’avant toute réunion à l’APCA, le bureau départemental se réunit pour statuer sur les positions à prendre et que le résultat de ces positions me sera communiqué afin que je puisse assumer dans la transparence les missions qui m’auraient été confiées.
Qu’est-ce qui retient votre attention dans l’actualité ?
L’envolée du prix des aliments et une situation qui devient insupportable pour les éleveurs et plus particulièrement les producteurs de lait. Au-delà des éléments conjoncturels internationaux qui peuvent expliquer ce phénomène, il faut impérativement que la transformation et la grande distribution acceptent un effort financier. Il y va de la sauvegarde des filières animales dans le Grand Ouest. Il y va de la préservation de milliers d’emplois en amont et en aval. Je sais que le syndicalisme dont je porte les couleurs se bat tous les jours dans ce sens. Alors ne nous trompons pas de cible
Pourquoi, à certains postes, avoir présenté des candidats de votre liste au bureau de la Chambre d’Agriculture ?
Au nom des 40 % d’agricultrices et d’agriculteurs qui nous ont fait confiance. Il est légitime qu’ils soient, eux aussi, pris en considération.
Michel Legrand a fait de l’ouverture un axe de campagne. Il a ratissé très large allant jusqu’à se féliciter du travail des uns et des autres : les JA sur l’installation, JA encore et FDSEA sur la circulation, CAPTAGES sur l’eau...
Nous attendions donc, une fois que la démocratie s’était exprimée, que ces bonnes intentions se traduisent par un geste d’ouverture. Ouverture dans l’intérêt des agricultrices et agriculteurs du département. Il suffisait d’ouvrir le bureau d’autant plus qu’il a été renforcé de 9 à 12 membres.
Or, il n’en a rien été. Aucune porte n’a été ouverte. C’est pourquoi, sur certains postes, nous avons présenté des candidats issus de la liste “Réunis pour l’agriculture de demain”.
Pourquoi pas à celui de président ?
Par respect du verdict des urnes et de la démocratie.
La légitimité de Michel Legrand, en tant que président, est naturelle.
A contrario, un poste de premier vice-président vous paraissait légitime ?
L’URDAC/Coordination rurale l’a emporté, certes, mais avec seulement 160 voix d’avance. Soit 4 par canton. C’est un premier fait. Ensuite, et au risque de me répéter, le président sortant avait fait de l’ouverture un argument de campagne sans que cela ne se concrétise en propositions. Alors oui, revendiquer un poste de premier vice-président ne nous paraissait pas incongru.
Mais vous avez été battu. C’est une déception ?
On peut voir la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. Robert de Formigny l’a emporté 23 à 19. 19 voix pour moi, c’est au-delà de nos 8 voix acquises. Ce sont 11 voix de membres des autres collèges pour qui ce partage des responsabilités semblait équilibré.
23 voix pour Robert, ce n’est que 7 de plus que celles acquises naturellement grâce aux élus étiquetés URDAC/Coordination rurale.
Sur d’autres postes, le verdict des urnes a réservé quelques surprises. Quelle lecture en faites-vous ?
Effectivement. Daniel Courval s’est imposé face à Agnès Lemarié (23/20) au poste de 4ème secrétaire adjointe. Je l’ai emporté face à Pierre-Yves Robidou (23/19) au poste de suppléant à l’APCA. Clément Lebrun a viré en tête au premier tour (22/21) avant d’être battu au 3ème tour d’une voix au poste de 1er secrétaire face à Pierre-Yves Robidou. Il ne faut pas y voir des questions de personnes. J’y vois plutôt, de la part des autres collèges, une reconnaissance du travail fait au quotidien et dans le durée par la FDSEA et les JA. Je pense aussi que c’est l’expression d’une forme de soutien aux différents axes de travail que notre liste “Réunis pour l’agriculture de demain” avaient définis.
Certains élus de l’URDAC/Coordination rurale considèrent que ce résultat issu des urnes va rendre la Chambre consulaire ingouvernable. Que leur répondez-vous ?
Tout d’abord qu’il s’agit bien en effet du verdict des urnes. Ça s’appelle la démocratie et ça se respecte. Ensuite, je ne vois pas sur quelles bases certains peuvent nourrir une quelconque peur. Avec Clément Lebrun, nous étions déjà dans la minorité lors du précédent mandat mais nous ne nous sommes jamais opposés pour le plaisir de s’opposer. On a voté “pour” et on a voté “contre”, par exemple concernant les AAC (Aires d’Alimentation des Captages) par rapport à nos convictions. En pensant d’abord à l’intérêt des agricultrices et agriculteurs du département. Rien n’a changé. Nous avons été élus pour travailler, faire avancer nos idées dans l’intérêt de la Ferme Calvados mais certainement pas pour nous battre stérilement. Nous soutiendrons les projets que nous estimons porteurs. Nous en combattrons sans doute d’autres en expliquant pourquoi. Et nous espérons pouvoir de même porter les nôtres. Au cours de notre campagne nous avons parlé foncier, bioénergies, installation, protéines, communication... Un véritable creuset d’idées portées par une nouvelle génération d’agricultrices et agriculteurs actifs et soucieux d’explorer toutes les voies de progrès. Les élus de la liste “Réunis pour l’agriculture de demain” s’inscrivent donc dans la continuité de la dynamique enclenchée au cours de l’hiver.
Un “carté” à la FDSEA suppléant d’un “carté” à la Coordination rurale à l’APCA, ça ne peut pas fonctionner?
Il faudrait d’abord poser cette question à Michel Legrand : en tant qu’élu, cette fois minoritaire au sein de l’Association Permanente des Chambres d’Agriculture, a-t-il toujours voté contre les projets majoritaires, donc FNSEA/JA ?
Ensuite, si le président me mandate, je ne serai pas le représentant de tel ou tel syndicat mais le représentant de la Chambre d’Agriculture du Calvados. N’étant pas au bureau, je suppose quand même qu’avant toute réunion à l’APCA, le bureau départemental se réunit pour statuer sur les positions à prendre et que le résultat de ces positions me sera communiqué afin que je puisse assumer dans la transparence les missions qui m’auraient été confiées.
Qu’est-ce qui retient votre attention dans l’actualité ?
L’envolée du prix des aliments et une situation qui devient insupportable pour les éleveurs et plus particulièrement les producteurs de lait. Au-delà des éléments conjoncturels internationaux qui peuvent expliquer ce phénomène, il faut impérativement que la transformation et la grande distribution acceptent un effort financier. Il y va de la sauvegarde des filières animales dans le Grand Ouest. Il y va de la préservation de milliers d’emplois en amont et en aval. Je sais que le syndicalisme dont je porte les couleurs se bat tous les jours dans ce sens. Alors ne nous trompons pas de cible